RESPECT POUR LES AÏEUX
nisme vint en épurer les principes et en aflennii- les bases. Testor iitrumque caput , dit Yirjjile , c'est-àdire : « Je jure sur la tête de mon père et de mon fils, ".serment égal chez les mortels à ce cpi'était chez les dieux le serment sur le Styx. La vénération pour les morts , pour tout ce qui réveille les idées domestiques, enchaîne les générations présentes à celles qui ne sont plus, prépare les liens de celles qui ne sont pas encore, emporte avec soi la foi à l'immortalité. Pour un cœur bien placé, l'a-spect des portraits des pères, l'aspect de leur écriture oblige. Respecter les morts, c'est implicitement admettre leur culte, leurs façons de sentir et de juger, c'est s'engager en quelque sorte à devenir d'autres eux-mêmes, c'est comme opérer en soi la transmission de leur âme : antique métempsycose dont je ne saurais froidement souffrir qu'on raille le dogme, parce qu'il est le premier qui ait éloigné des orgueilleuses folies de la fausse et avilissante doctrine de l'athéisme. « Qui sait, disait Euripide à la Grèce assemblée, si vivre n'est pas mourir, et si mourir n'est pas vivre (1)? » J'aime ce mot des Persans pour exprimer la mort de ceux qu'ils ont aimés :
« Ils nous ont légué la part qu'ils avaient à la vie. »
(1) Vers d'une tragédie perdue d'Euripide, appelée Polyide. Voyez le fragment VII dans l'éd. Didot, p. 774.
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