râce de
son atelier, pour se jeter a ses pieds et implorer la grâce missionnaires
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des condamnes ; a cette demande , 1 empereur avait qu'on changé de couleur sans rien répondre. Le Frère, pen- à exécuter. sant n'avoir point été entendu, avait répété de nouveau ce qu'il venait de dire, et Khien-Loung lui avait imposé silence. En vain, une autre fois encore, le vénérable Gastiglione plaça quelques paroles en faveur de la reli- (;ion désolée, le prince se borna à lui répondre sèchement : « Hoa-pa! » Peins donc (1 ) !
Le Jésuite ne fut pas pour cela disgracié, et Khien- Loung continua de l'approcher de sa personne. C'était l'usage que tout Européen reçût un nom chinois; au
(1) Hoa , peins. Pa est une interjection qui équivaut à un jin-on d'impatience : peins et tais-toi!
Relation d'une pe?'sécution contre la relif/ioii chrétienne à la Cliiiir, en 1746, t. XXVII des Lettres édifiantes, pp. 384-389. — Cf. Histoire générale de la Chine, traduite du Tong-Kien-Kang-Mou , par le Pê de Mailla, t. XI, p. 525.
nom de Gastiglione avait été substitué celui de Lang- Che-iSing, c'est-à-dire Lang vie tranquille, comme nous l'avons dit plus haut (1), et dans ses moments de gaieté, l'empereur s'amusait à plaisanter la quiétude du bon religieux. On trouve dans la Vraie chronique du règne de l'empereur Chuen (2), nom posthume de l'empereur Khien-Loung (3), qu'un jour Lang-Ghe-Ning fut mandé par l'empereur au moment où ce prince était entouré de tout son harem, composé d'une cinquantaine de femmes. Les femmes étaient belles et le diable est fin; mais le discret Gastiglione détournait la tète, et Khien-Loung fit de vains efforts pour attirer ses re- Le peintre gards vcrs le séduisant spectacle. Le lendemain, l'em-
pudique.
pereur assemble ses huit premières favorites et mande encore le peintre : « Voyons, Ghe-Ning, lui dit-il, laquelle trouves-tu la plus belle? — Les femmes du Fils du Giel sont toutes également belles, répondit le religieux sans détourner la tête. — Regarde, regarde ; tu me feras le portrait de celle que tu aimeras le mieux. — Qui oserait choisir après le choix de l'empereur? — Eh quoi ! s'écria Khien-Loung, qui n'en j)ouvait tirer rien de ])lus, parmi celles d'hier en aurais-tu trouvé qui fussent mieux à ton goût? — Je ne les ai point regardées.
(1) Lang est un iioin propre piircinent eliiiiuls qu'on ne peut pas plus traduire que la plupart des noms propres européens. C'est proLableuient le nom chinois que s'était donné Castijjlione, à l'exemple de ses confrères.
(2) Kao-tsou-Chiic'n-Houanij-li-c/te-lon.
(3) Tout souverain, »out {jrand personnage de la Cliiiie, re(;oit, apnrs sa mort, un nom d'apothéose, surnom qui, le plus souvent, est l'expression résumée des cpialilés qui l'ont distingué de son vivant. Chuen si(;nitie pur, sincère.
PEINTRES EUROPÉENS A LA GHIxNE. 105
— Eh bien ! que faisais-tu donc quand tu cli^jnais de l'œil de côté? — Je comptais les carreaux eu porcelaine du palais de Sa Majesté. — Alors, combien y en a-t-il?
— Tant. » Là-dessus, l'empereur fait compter les carreaux par des eunuques. Le Jésuite avait dit juste. Les femmes , relevant le pan de leurs robes de brocart et se balançant, comme des fleurs de lotus, sur leurs petits pieds brisés , se retirèrent en riant.
Nous avons parlé plus haut des honneurs que Khien- F( le
imijcnale
Loung fat rendre au chaste vieillard quand il eut attemt eu i honneur