‹ Causeries d'un curieux (volume 3)Chapitre 32 sur 127 · I )•! de religieux · texte numérisé non relu

I )•! de religieux

sa soixante-dixieme année , et 1 on a vu les vers qu il j

)ei litres accomplissant

fit à sa louange après sa mort. La fête du septua- lem

, ■ r t 1 ' • 1 I -x ' "0^ année

genaire rut renouvelée avec non moins de solennité le 21 septembre 1777, en riiouneur d'un Jésuite allemand , Ignace Sickelbarth , que l'empereur occupait aussi à peindre, et qui, le jour même, accomplissait sa soixante-dixième année (1).

Pour Attiret, qui mourut à Péking le 8 dé- yion

cembre 1768, quelques mois après Castiglione, il n'avait pas atteint plus de soixante-six ans, et je ne sache pas qu'il ait, comme son ami, exercé la verve poétique de Khien-Loung; mais, dans tous les temps, il avait continué d'être traité par l'empereur aussi bien qu'un étranger pouvait l'être d'un prince qui se croyait le seul souverain au monde et était élevé à n'être sensible à rien (2). Quand l'orgueil est arrivé à cette puissance, il tourne à la bienveillance: aussi Khien-Loung

(1) Mémoire.'! concernant les Chinois. Extrait d'une lettre de Péking, du 20 août Vin, t. VIII, p. 283.

(2) Lettre d' Attiret; aux Lettres édifiantes.

alla-t-il jusqu'à créer Attiret maudarin. Un jour (c'était le 29 juillet 1754) , le missionnaire entrait à la cour comme à l'ordinaire pour se rendre à son atelier, quand un des grands alla au-devant lui et lui annonça cette insigne laveur. Le bon religieux ne put se soumettre à une telle élévation, incompatible à ses yeux avec la position modeste qu'il occupait dans son ordre; comme on insistait pour qu'il acceptât au moins le traitement du mandarinat, il s'obstina dans son refus, et c'est à grand'peine qu'il réussit à le faire agréer à l'empereur sans s'aliéner sa bienveillance. (Juand le pauvre peintre, à bout de forces et consumé de travaux, passa dans un monde meilleur, l'empereur voulut aider aux frais de Honneurs SCS obsèqucs, et fit comptcr pour cette destination deux

qui lui sont , . ,. i»i • ti-

leuihis. cents taëis, quinze cents livres d alors, environ dix-liuit cents francs de nos jours. De son côté, le frère de l'empereur envoya son fils aîné pour s'informer du jour de la cérémonie, et, ce jour venu, il chargea l'un de ses principaux eunuques d'aller pleurer sur le cercueil, comme ces pleureuses exercées que les anciens Romains louaient pour assister aux funérailles, et dont l'usage s'est conservé jusqu'à nous.

Années Les années les j)lus laborieuses des peintres mission-

laborieuses . , , , I • 1 1 1

(les peintres uaircs oiit ctc dc 1/.")-'} a 1 7()() , cpoqui.' biillanle du

européens. , i tti • t /^» > i • •

legne de Khien-Loung. L est alors <]ue , j)()ur anisi (lire, chaque mois était marqué par la soumission, con- (piise ou volontaire, de cpuîlqiu! province rebelle, et (pie, de succès en succès, les limites de la domination lartaro-chinoisc furent portées jnscpi'aux extrémilés de la IJonkliaric cl aux confins de l'ilindoustan. L'emperciu' Noiilaiil (pic la nu-moire de ces événemcnls fût

i)erpétuee par la peinture , tous les missionnaires artistes avaient été employés à ce grand travail : Casti- (jlione et Attiret d'abord ; puis le Romain Jean-Jacques Damascenus , Augustin réformé , et le Jésuite Sickelbarth, avaient été rejoindre les deux premiers à la Chine. Afin de donner plus d'exactitude aux figures et aux costumes , l'empereur faisait venir des deux bouts de l'empire , aussi vaste cpie l'Europe entière , vainqueurs et vaincus, même les prisonniers voués à la corde, au glaive ou h la scie du bourreau. Satisfaisant d'abord à sa politique en les interrogeant, il ordonnait ensuite de tirer leur portrait, et les renvoyait le plus souvent dans la même journée. Tout cela s'exécutait d'ordinaire avec une telle précipitation, que les peintres Magasins

de portraits

avaient à peine eu deux heures pour jeter sur la toile à la minute. un portrait en pied , dont l'exécution im peu passal^le eût demandé deux ou trois jours , et que chacun d'eux avait pour sa part quatre ou cinq portraits à expédier d'un soleil à l'autre. Tous ces croquis ainsi fiiits à la course se mettaient en magasin pour eu être tirés quand viendrait le moment de les faire entrer dans des tableaux (1). Quelle place de pareils procédés pouvaient-ils laisser à l'art véritable? De tous ces travaux Quels ont été

les résultats

imparfaits résultèrent seize grandes aquarelles, dont les des grands

travaux

missionnaires envovèrent en France des copies au des peintres

européens.

frère de madame de Pompadour, le marquis de Marigny, intendant des beaux-arts, pour être gravés au

(1) Jouinal des SavanU , juin 1771. Extrait d'une lettre du P. Amiot, du l*''" mars 1769, de Péking, contenant l'éloge du frère Attiret et le précis de l'état de la peinture chez les Chinoi<!.

Sfize dessins liisloriqaes

envoyés en France

pour être gravés.

burin, genre que les Chinois n'ont jamais pratiqué (1). Cet envoi et l'exécution des gravures à Paris firent assez de sensation, à cette époque, pour que les Mémoires secrets de Bachaumont en aient parlé (2) .

M. de Marigny commit la direction générale des gravures à son ami Cochin le fils, secrétaire historiographe de l'Académie de peinture, avec lequel il avait fait im voyage d'Italie. Celui-ci retoucha les dessins, et fit exécuter seize estampes par huit graveurs : le Bas, Jacques Aliamet (3), Nicolas de Launay, Née (4), Prévost, Choffard, Louis-Joseph Masquelier (5) et Augustin de Saint-Aubin. Malheureusement ces planches traduisaient trop fidèlement, d'une part, les dessins chinois pour être bien séduisantes à des yeux européens, et pas assez fidèlement, d'une autre part, les dessins primitifs pour plaire entièrement à des Chi-

(1) Le décret d'envoi prouiulgué par Khien-Loun{j est du 13 juillet

(2) T. III, p. 304.

(3) Jacques Aliamet, de l'Académie, né à Abljcville en 1728, mort à Paris en 1788. Il avait un frère cadet , nommé François Germain, qui a beaucoup {jravé à Londres pour Bovdcll. Tous deux, étaient élèves de le Bas.

(4) Denis Kée, né à Paris vers 1732, mort en 1818, a beaucoup travaillé avec Mas(pielier aux tal)leauv de la Suisse. Il a (;ravé également d'assez jolies vignettes, d'après Marillier, pour les Fables de Dorât. Il savait tout ce qui s'apprend.

(p) Louis-Joseph Masquelier, né à Clsoing, près île Lille, le 21 lévii<'r 1741, mort le 26 février 1811. Il a été fort occupé à traduire des vignettes et des Heurons de Marillier ])our Dorât. Son œuvre est trèsconsidérable. Son fils a jjravé avec beaucoup de talent et <le goût les portraits de mesdames d(! Sévigné et de Grignaii, pimi l'édition des Lettres de la marcpiise publiée par Monmenpié.

cliinois.

riois. Le concours de pareils talents eût été plus heureux dans d'autres conditions.

Ce n'est pas, il faut le reconnaître, que l'école De l'école de gravure du temps de Louis XV ne fût déjà une chargée école de décadence. La gravure est un satellite de la les dessins peinture, et ne saurait à elle seule soutenir la dignité de l'art quand sa directrice s'en écarte. Mais si elle avait alors perdu la sévérité, le sentiment élevé de dessin , le caractère simple et solennel des grands maîtres du siècle précédent , elle eut du moins les qualités en même temps qu'elle avait les défauts de l'école de peinture qu'elle était appelée à traduire : elle eut aisance , facilité, couleur, souplesse élégante. Il n'est pas commun , de nos jours surtout, de voir les hommes qui manient le hurin se servir avec facilité du crayon , et composer avec agrément. Le Bas, un des graveurs des seize planches, était dans l'exception (1). Talent plein de liberté , il composait , tout en se jouant , des croquis assez indifférents au point de vue du dessin, mais spirituels et amusants. Son atelier, dont la réputation était universelle , s'ouvrit à toutes les espérances de l'art, et ce fut lui qui forma entre autres Ficquet, le

(1) Jacques-Philippe le Ras , dessinateur et graveur, élève de Hérissât , fut de l'Académie de peinture et de sculpture , et graveur du Cabinet du roi, sous Louis XVI. Né à Paris, dans la Cité, le 8 juillet 1707, fils d'un maître perruquier, dont il était très-fier, et d'Etiennette le Cocq, dont il était plus fier encore, il mourut le 4 avril i763. Il a exécuté pour le Recueil chinois quatre planches, qui portent les dates de 1769, 1770, 1771, 1774. On a son portrait par Gaucher, en tète de son œuvre. On en a un autr(> par Cathelin , d'après Cochin. Joidiain a joint au premier volume de l'exemplaire de l'œuvre de le Ras , <iui est au Cabinet des Estanqies de la Rihliothècpie impériale, une notice encore demeurée manuscrite, et qui mériterait d'être imprimée.

graveur de portraits à tailles imperceptibles (I), Nicolas de Laiinay, le Mire (2), de Ghendt, le Gouaz, Helman, Née, Laurent, Cathelin , Gaucher, le comte de Gaylus (3) , qui uiania la pointe avec adresse ; Eisen , qui se consacra à l'illustration des livres, et devint si célèbre j)ar ses Contes de la Fontaine des fermiers généraux (4-); et ce charmant Moreau le

(1) Etienne Ficqiiet, né à Paris, en 1731, mort en 1794, eut pour maître Sclnniclt, de Berlin, et le Bas. Tout le monde connaît ses petits portraits, qui pour la plupart sont des chefs-d'œuvre. Ce Ficquet, un des plus singuliers rêveurs, des plus originaux de son temps, et grand ivrogne, comme le fut, de nos jours, Girardet, qui gravait aussi trèsfinement , ne pouvait travailler qu'en compagnie de joyeux compagnons, et son burin emmanché dans un bouchon. Il lui est arrivé plusieurs fois, quand une planche était terminée, de la biffer de deux coups de burin et de la recommencer. C'est ce qu'il fit pour son portrait de la marquise de Maintenon , au grand désespoir des dames de Saint-Cvr, qui attendaient cette planche comme le Messie.

(2) Noél le Mire, né à Rouen en 1724, mort à Paris en 1801; burin doux, précùeux, agréable, mais quciijuefois un peu froid. Il a dessiné et gravé contre le partage de la Pologne une pièce qu'il a intitulée le Gâteau des roix. Cette pièce, qui n'est signée que de l'anagramme de l'artiste : Er'unel, a été supprimée par la jiolice, et est devenue fort rare. C'est son chef-d'œuvre. On a de lui quelques grandes planches, des vignettes surtout, et d'assez jolis porliaits. Les bonnes épreuves de ses vignettes d'après Eisen poiu' le Temple de Guide, édition d(; Didot le jeune, an III, sont charmantes.

(3) Ann('-Claud(!-Philipp(! de Tid)ières, de (rriiiioard , de Pestels, de Lévv, comte de Caylus, né à Paris, le 31 octobre 1702, reçu, en 1731, amateur honoraire à l'Académie de |)einture, et en 1742, membi'e de celle des ins(U-iptious et Jjelles-lettres, mort le 5 septemlirc 1765. Antiquaire infatigabh' qui |)renait partout, écrivain de l'omans et de facéties, éditeur de recueil-; de iinini>mali(iue et de peintures antiques, il partagea sa vie enlic la peinture, la sculj)tin'e, la musique, surtout la gravure et les recherches scientiliqucs. N'eiit-il fait, dans sa longue carrière, que mettre les arts à la mode dans les classes élevées, il mériterait l'estime où se soutient son nom.

(4) Charles Eisen (on prononçait Esin), dessinaleui-, a peu travaillé avec le Bas, qui lui a scidcniciii enseigné le luaiiicmciit de la ])oint<'.

PEI]NTRES EUROPÉENS A LA CHINE. Jll

jeune, dessinateur et (jraveur, si véritablement artiste, qui embellit de vignettes les classiques du grand siècle, travailla avec tous les génies littéraires de son temps, et restera comme un type d'imagination, de goût, d'élégance et de fécondité (1). C'est de le Bas également que reçurent leçon les Anglais Robert Strange et William Ryland, dont les estampes font l'ornement de tous les cabinets de l'Europe (2), et le Suédois Rehn,

Né à Paris, en 1711, fils et élève de François Eisen, peintre de genre, né à Bruxelles, il s'est exclusivement adonné aux illustrations de livres. Ses dessins, exécutés à la mine de plomb , relevée d'un peu de sanguine, sont maniérés et d'un effet parfois incertain, mais remplis d'esprit et de grâce, et d'une finesse dont la gravure est loin d'avoir donné une idée bien complète. Ainsi, je possède le dessin de la vignette représentant Jean de la Fontaine caressé par les Grâces ; la gravure qu'en a donnée Nicolas de Launay ne supporte pas la comparaison avec l'original. Outre ses figures jiour les Contes de maître Jean, publiés par les fermiers généraux, il a dessiné, pour les Baisers de Dorat, des culs-de-lampe et des vignettes qui ont fait vendre le livre, comme les fleurons de ^Marillicr avaient fait la fortune des Fables du même auteur.

(1) Jean-Michel Moreau, dit le Jeune, élève de le Lorrain et de le Bas, né à Paris, en 1741, mort le 30 novembre 1814-, laissant une fille, mariée à Carie Yernet, a été dessinateur des Menus-IMaisirs et du Cabinet du roi. Génie riche et fertile, il a produit plus de deux mille compositions, et en traitant les mêmes sujets, jamais il ne s'est répété. Qui ne connaît ses deux suites pour Molièie , ses deux suites pour Voltaire, ses suites pour J. J, Rousseau, pour l'Histoire de France, pour Psvch'é, pour le Nouveau Testament, ses grandes planches du Sacre de Louis XVI et des fêtes du mariage, et ses délicieuses eaux-fortes pour les chansons de la Borde? Cet honnne si fécond était toujours prêt au plaisir, et sa pointe glissait trop volontiers de lestes images dans des planches qui le comportaient le moins. Qu on jette par exemple un cuuj) d 'œil sur les vei-rières de la cathédrale de Reims dans son Sacre de Louis XVI. Il était troj) de son temps.

(2) Bobert Strange, né en 1725, dans l'une des iles Orcades, mort à Londres en 1795, est très-connu par ses portraits de Charles !*"■ et d'Henriette de France, d'après Van Dvck, et par sa Vénus et sa

artiste spirituel, qui composait avec beaucoup d'adresse , se livra particulièremeut à l'architecture , et devint surintendant des bâtiments de la couronne , en Suède, où ses talents sont encore estimés. Les Laurent Cars, les Tardieu, les Dupuis, les Surrugue, les Flipart, les de Launay, les Gochin, les Lépicié, les Claude Duflos, les Saint-Aubin, les Duclos, les Massard père, qui brillaient à cette époque , n'étaient ])oint des talents méprisables. Si Gars partage aujourd'hui le discrédit dans lequel est tombé le dessin sans nature de le Movne , au service duquel il avait mis son burin , il n'en est pas moins, en tant que graveur, le plus habile homme dans le grand genre après Gérard Edelinck, après Brevet et ce Gérard Audran, qui sut prêter à la reproduction des batailles d'Alexandre j3ar le Brun le caractère et le stvle dont elles étaient dépourvues. Les Watteau, les Chardin, les Boucher, les Lancret, les Greuze, furent rendus avec l'aisance la plus merveilleuse par les graveurs d'alors, et Laurent Cars est à leur tête. Il est vrai que plus d'un burin de cette époque trouva h s'exercer d'une façon élevc'c dans les recueils d'anciens maîtres qui furent entrej)ris à l'instar

Danné, d'après le Titien, par ses fjiavures 'de Saint Jérôme, de la Fortune et (le la Cléopàtre. Beaucoup dégoût, de douceur et d'harmonie constituent son talent.

Quanta Wiiliani-Wvnnc llvlanil, né à Londres, en 1729, élève de Roubilliac pour le dessin, de Ravenet et de le lias pour la gravure, il débuta dans les arts avec éclat ; il Ht ensuite il'lieureuses sj)érulations, et fut insensiblement conduit par la passion du jeu, d'abord au suicide, puis à l'écliafaud, le 29 août 1783. Dans son tcuvre , qui est très-considérable, il a tourbe à tous les genres ; il a gravé le portrait <'t rbi>toire au burin et au pointillé, d'après Van Dyck, Rainsay, Cats , Angeliea Kaufïniann, Piètre de Cortone, Mortimer, Cipriani, etc.

de la collection du Cabinet du roi; mais le ver avait touché le fruit, et sous le style transpirait trop souvent, comme nous le disions plus haut , un sentiment de décadence, je ne sais quelles mièvreries de la coquette et pimpante école du joli. Néanmoins, la plupart des planches gravées par le Bas, d'après Teniers et Joseph Vernet, sont ce qu'elles devaient être. Il en est de même de la Vénus Anadyomène , d'après le Titien , et du Jupiter et Léda, d'après Paul Véronèse, gravés j)ar Saint- Aubin. Nicolas de Launav, burin précieux sans sécheresse, moelleux sans mollesse, souple, brillant, sesi essayé dans tous les genres : l'histoire, le portrait, le pavsage, l'estampe de genre et la vignette. Il a tiré tout le parti qu'il était possible de tirer des fantaisies spirituelles et légères des Aubry, des Baudouin, des Fragonard; et le jour où il s'attaqua à l'un •des grands maîtres de l'art, à Rubens, il retrouva dans le faire plus de sérieux et de sévérité. Entre tous les graveurs de ce temps-là, Choffard, qui avec de Launay prit part à la gravure des batailles de Khien-Loung, n'était pas le moins distingué. Il avait une de ces pointes spirituelles et faciles qui se prêtent à tout; volontiers il traitait la grande planche , plus volontiers encore il s'écourtait aux proportions microscopiques de la vignette ou des fleurons (pi'il composait lui-même il ravir, soit pour les Contes de la Fontaine illnstrés par Eisen, soit pour l'Histoire de la nuiison de Bourbon ou pour les Métamorphoses d'Ovide. Saint- Aubin, -qui s'était également associé aux graveurs des conquêtes chinoises, fut aussi l'un des maîtres de ce paradis 4\n petit. Il le fut surtout comme dessinateur de por-

TOllE II. 8

traits et de scènes d'intérieur, dont il fit un trop petit nombre. On a, d'après son dessin, par son élève Duclos, un vrai chef-d'œuvre : « Le premier concert de Gluck chez la princesse de Soubise. » C'est un bouquet. Je le préfère même au Sacre de Louis XYI , par Moreau le jeune, tout spirituel de composition et de pointe (uie soit ce dernier morceau. Il y a dans le Concert moins d'élégance peut-être, mais plus de naturel, avec autant de bonheur de composition.

En résumé, le curieux recueil des hauts faits de

Khien-Loung donne assez bien l'idée du système chi-

Qiiei a été uois en peinture. Les estampes ne furent entièrement

le sort . ^ , ^

des gravures tcrmmecs qu en 17/4, et les cuivres furent envoyés à

CXCCUttfCS

siir les dessins Pékiug avcc un tirage de cent exemplaires. Mais le

chinois. /-il //~v» •' ''

tout périt dans la traversée. On n en avait reserve qu un petit nombre de copies pour la famille royale et la bibliothèque du roi , ce qui a rendu la suite d'une grande rareté. L'une des planches les plus intéressantes, la dernière, gravée par de Launay, représente une fête triomphale de Khien-Loung, et donne le portrait de ce prince. Cochin , dans ses retouches , avait trop diminué la tête, ce qui eût fort choqué à Péking, où, comme on le verra plus loin, la dimension de la tête de l'enipereur est réglée par une étiquette spéciale (1).

(1) Le Recueil de la Bibliothèque porte ce titre : Conquêtes de Kien-Louiif/ , empereur de la Chine, retiiporlee.f dans te royaitme de Chanaf/ar et les pays inahomélans voisins, gravées par ordre du roi sur les dessins donnés par l'empereur en 1765.

L'i'ilition orijjinalc est (lu plus {jraud in-folio. On «mi a une réduction.

Dans son article de la Biographie universelle sur Kliang-Ili, M. Abel nriMUsaf fait reniniitor l'envoi des dessins au rèjjnc di^ ce prince, qu'il

Page 1