CHAPITRE V
Un ouvrage en vingt-quatre volumes {in-folio), exé- Beaux livres
, , . , , < T-» /| • 11 illustrés.
cute sur bois avec un grand luxe, a Peknig, dans la seizième année du règne de Khien-Loung, vers 1751, sous le titre de : Collection des Ayitiques du Musée impérial des Tsing occidentaux (1), fournit des preuves multipliées de la merveilleuse imagination de ces peuples singuliers. Le livre commence aux productions de la première dynastie, celle des Ghang. Coupes, calices employés dans les sacrifices ou donnés avec inscriptions honorifiques par les empereurs , vases à verser, vases à boire, vases lagènes , brCde-parfums , torchères, trépieds, porte-bonnets, cloches, grelots, miroirs de métal poli, armes, mionnaies primitives, pots h cuire le genseng, tout s'accumule dans ce livre avec un caprice, une folie de formes incroyables, et se mêle à des animaux, à des oiseaux d'une exécution vive et spirituelle , à des fleurs vraies ou chimériques , à des instruments de musique, ou, pour parler plus juste, des instruments à faire du bruit.
(1) Si-tsin(j-kvu-kien.
Un autre livre, (''(|alement gravé sur bois eu huit volumes iu-quarto, iutitulë : Recueil de modèles de dessins exécutés en relief sur plaques d'encre (1), relève la modestie de son titre par l'exécution , par l'intarissable imagination, l'infinie variété des objets représentés. Ce sont d'abord des vases curieux et autres antiquités, comme dans l'ouvrage précédent ; mais aussi des paysages, des figurines, des sujets. Ce livre de plaques d'encre a été publié sous la dynastie des Ming, année ouâîi-lin, correspondant à 1573.
Voilà, il faut le reconnaître, de beaux et bons ouvrages. Il y a mieux encore, et la plus remarquable collection , embellie d'une multitude de gravures sur bois, que nous ayons à envier à la Chine, est l'Encyclopédie ancienne et moderne (2) en dix mille volumes in-quarto, dont l'académie des Hàn-Lin a surveillé l'exécution. Tout est là : sciences sacrées et profanes, arts et métiers. C'est un livre de grande rareté et de haut prix, commencé sous Khang-Hi, mais marqué de la date de Young-Tcbing, son fils, sous lequel il a été complété. Notre Bibliothèque impériale en possède vingt à trente volumes de texte, sans gravures, sur le bouddhisme. J'en ai sous les yeux seize (jiii sont ornés de bois, et dans lesquels l'histoire naturelle (les cpiadru- ])èdes et des mollusques, des oiseaux surtout, est rendue avec esprit d'observation et finesse.
Il serait injuste d'oublier les trente ou quarante volumes, grand in-(juaito oblong, des fêtes de Khang-Hi et
(1) Fan-che-mo-pou.
(2) Kou-kin-tou-clioii-l\l-lcliiiif/, c'est-à-dire : « Collcrlicm universelle (les ouvraj'its illustrés anciens et nioilernes. »
des fêtes de Kliien-Louii(j, gravés sur l)ois. Ce sont des livres amusants à ravir, (pii offrent la plus charmante variété de scènes et de costumes : vrais rêves fantastiques, feux d'artifice de dessin (1).