‹ Causeries d'un curieux (volume 3)Chapitre 47 sur 127 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

Quand le roi 13 août 1673, que le roi n'avait pas habituellement

a commencé

a porter porté perruQue avant cette époque. « Le roi a com-

perruque

entière. meucé , dit-il, à mettre une perruque entière, au lieu du tour de cheveux. Mais elle est d'une manière toute nouvelle : elle s'accommode avec ses cheveux , qu'il ne veut point couper, et qui s'y joignent fort bien , sans qu'on puisse les distinguer. Le dessus de la tète est si bien fait et si naturel, qu'il n'y a personne sans exception qui n'y ait été trompé d'abord, et ceux-là même qui l'avaient suivi tout le jour. Cette perruque n'a aucune tresse ; tous les cheveux sont passés dans la coiffe l'un après l'autre. C'est le frère de la Vienne qui a trouvé cette invention , et à qui le roi en a donné le privilège. Mais on dit que ces perruques coûteront cinquante pistoles (1). »

Pellisson-Fontanier était l'historiographe en titre du roi ; il devait donc parler avec sollicitude de la perruque in-folio de Sa Majesté, l'une des couronnes inséparables de l'image de Louis XIV, rayons de son soleil nec pluribus impar.

Cabinet On moutrc encore à Versailles le Cabinet des Perruques

des perni(jues

du roi. du grand roi, lesquelles s'appelèrent des binettes, du nom de Binet, le premier faiseur du roi après la Vienne. Ce mot de binettes a été conservé par le j)euple, qui fait de l'archéologie, sans le savoir. Ce cabinet des perruques était une portion de ce qu'on appelle aujourd'hui la Salle du Conseil, salle qui sépare l'ancienne chambre à coucher de Louis XIV de l'ancienne chambre à coucher de Louis XV, et qui, sous le premier, formait

(1) Pellisson, Lettres historiques , t. I, p. 395.

UTILITÉ DE TOUTES LES COLLECTIONS. 227 deux pièces. La plus rapprochée de la chambre du roi se nommait le Cabinet du Conseil; l'autre le Cabinet des Termes, à cause de vinyt figures d'enfants qui décoraient une espèce d'attique élevé au-dessus de la corniche. On l'appelait aussi le Cabinet des Perruques {\).

Là, dans une vaste armoire fermée à glaces, po- Lp roi met saient avec dignité ces perruques solennelles; et à la .lorre. place d'honneur figurait une perruque dorée, celle-là même que, le 7 février 1662, le roi avait portée, au palais des Tuileries , dans le rôle de Phœbus , à la représentation que célèbre Loret (2) :

De ce beau poème ou ballet,

Lequel poëme s'intitule,

En françois, les Amours d'Hercule,

Et dans sa naturalité

Se nomme Ercole Amante.

Je ne saurais faire autrement

Que jaser généralement

De ce ballet plus qu'admirable.

Duquel la pompe incomparable

Subsiste dix heures durant.

Et qu'on peut nommer dix fois grand.

Soit à l'égard des symphonies, Soit pour les décorations , La dignité des personnages.

Les machines dans les nuages, Les héros , déesses et dieux , L'air, la mer, l'enfer et les cieux, Du soleil la sphère brillante Qui parut tout à fait charmante,

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