TOME II
288 LES TEMPS MODEREES.
heureuse de cette visite. Je sens (juc j'ai (jrand besoin
de leurs prières.
» A Gompiègne, j'avois été embrassée par Madame Adélaïde, Madame Victoire et Madame Sophie. Je connois maintenant toute la famille royale, ayant vu ici, dans l'après-midi, les frères de Monsieur le Dauphin , et les princes et princesses du sang à Gompiègne.
» La cérémonie du mariage est fixée à demain, dans la chapelle du château de Versailles. Je demande pour ce grand jour la bénédiction de ma chère maman. Je vais être toujours dans le même tourbillon; ce qui ne m'empêche pas de penser sans cesse à elle et de chercher à mériter qu'elle soit contente de moi. Mon plus grand chagrin seroit de ne pas être digne de ses bontés. Je lui baise les mains avec mon plus tendre respect.
» Marie- Antoinette.
» J'embrasse mes sœurs avec beaucoup de tendresse. J'ai vu mes deux nouvelles sœurs avec Monsieur le Dauphin. Glotilde est très-forte, mais elle a une figure bien affectueuse et qui pénètre. On diroit qu'Elisabeth, qui a six ans, est lui peu sauvage. Elle a un air déterminé et tloux en même temps : je l'apprivoiserai, |e l'espère. »
Louis XV avait (mi l'indigne faiblesse de présenter solennellement madame du Harry à la Danpliine et de la faire soupei" avec elle et tout(î la faiiiillc royale à la Muette. Maiie- Antoinette en lut vivement bbîssée; mais son tact cb; jenne {\\\v. lui dicta le sik'nce sur coi incident, (|uand elle écrivit à sa mère. (Jnelcpus indis-
UTILITÉ DE TOUTES LES GOT-LECTI ON S. 289 crets lui avant demandé comment elle avait trouve; madame du Barry, elle se borna à répondre : « Charmante. »
Le jour suivant , elle écrivait à Marie-Thérèse :
« Versailles, ce 16 mai. Troisième
li-llre <lf Maiic- » Madame ma TRES-CHÈRK mère , Antoinette à
Marie-
» Je me suis échappée du (jrand cercle, dans ma ]^;\,J"i'^i''7-;o grande toilette de mariée , pour m'acquitter de la promesse formelle que j'avois faite à ma chère maman de lui écrire ce mot tout de suite après que la messe de mariage auroit été célébrée. Je suis Dauphine de France. Elle anuonre