‹ Causeries d'un curieux (volume 3)Chapitre 55 sur 127 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

CABIXET DE CHAUSSURES.

Quanta une collection de chaussures, il en existe une chez un Anglais, M. Roach Smith, niusëe considérahie dont l'Exposition universelle du Palais de Cristal à Londres a ])u faire pressentir toute la curiosité ethnographique, en montrant quelques échantillons tirés du cahinet d'un moindre amateur. Sans donner à ce détail uikî portée qu'il ne saurait avoir : " A'e siitor xiltrà crepidam; » sans rappeler historiquement la mode qui, chez les Romains , avait alTeclé la couleur hlanche aux souliers des matrones et la couleur rou^je à la chaussure des courtisanes, (pii ensuite fit adopter cette dernière couleur par toutes les classes, jusqu'au jour où l'empereur Aurélien la réserva pour lui et ses successeurs, à l'exemjîle des anciens rois d'xVlhe; sans rappeler non j)lus la mule du pape, dont les fidèles haisent la croix , et dont la lornu; traditionnelle s'est peu modifiée avec les siècles, on trouve des détails de mœurs dans la diversité même de dessin et de couleur des chaussures, suivant les peuples, et chez le même peuple, suivant les temps. Le cordonnier de la reine d'Aufjleterie, Sparks-llall, avait exposé dans une vitrine du Palais de Cristal le vieux soulier saxon. Tout auprès, fijjurait

Souliers la chaussure d'un évé(|ue d(,' l'an 721. Puis les souliers (le . ^ . .

saint Swiiiiiu. dc saint Swithin, nom peu coniui , nuMue i)armi les

saints, mais i|ui a mie helle lé(]eiule pour ceux (]ui

riILITÉ DE TOI' TES LES COLLECTIONS. 303 savent la chercher (1), attestaient que, dès cette époque, on ol)servait clans la chaussure la dilTérence du pied droit et du pied (jauche. Ce n'était d'ailleurs qu'une rénovation de l'antiquité, car chez les Romains, le cothurne était la seule chaussure qui se changeât à volonté de pied. De là le mot proverhial de cothuruus , pom* désigner un esprit chaupeant.

Le curieux dont le cordouanier Sparks-Hall n'est que Oramie

collection

l'émule lointain , possède des sandales normandes, de chanssmes

Il 1 fi 1 -il ' eiiAnijleterre.

entre autres celles du hls ahié de Gudlaume le Gosiquérant (1100) : dé[)ouil!e authentique, car elle a été recueillie dans un tomheau. Il possède éjjalement une j)aire de ces houseaux , sortes de (fuètres ou longfues bottes qui servaient souvent de poches au ISIoven Age. xVinsi , dans la Chanson de Roland, le traitre Ganelon glisse dans ses houseaux deux muselles ou bracelets que la reine Brauiinunde lui a donnés pour sa femme.

Vers le douzième siècle, le soulier fut pointu, et au temps du roi Jean d'Angleterre (1200), on vit I)riller les hottes élégantes des barons de Runnvmède; puis, en 1272, les bottes de Henry III, garnies de tirants d'or et ornées d'une tête de lion.

Cette archéologie plastique nous initie encore Ji d'autres faits non moins curieux. De même (pie dans la Rome antique les conditions se distinguaient aux souliers, et que le proverbe : « Changer de chaussure » , calceos vnitare, voulait dire « changer d'état, " de même en Angleterre, au temps des Edward (1272-1377),

(1) Saint Switliiii, évèquc et patron de Winchester, est mort le 2 juillet 862. Il jouit en Aiigictcrrc de la renommée pou enviable de saint Médard. (Juand il pleut lejonrdc; salètc, il pleuvra quaraiilcjonrsde suit(>.

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