LA CALLIGRAPHIE CHINOISE
parfois d'être lisible à main levée. J'ai vu des autographes de l'avant -dernier vice -roi de Canton, le mandarin Yèh, mort dans l'Inde, prisonnier de l'Angleterre, déclarés illisibles par nos interprètes, tandis que d'autres écrits du même personnage étaient des morceaux de véritable calligraphie. Il en est de même des autographes du précepteur du prince impérial , le vice-roi Ki-Ing, haut commissaire de l'empereur, signataire de notre premier traité avec la Chine, en 1844, nommé aussi plénipotentiaire , mais non admis , pour le traité nouveau signé par M. le baron Gros, et qui, dit-on, victime du vieux parti chinois, aurait payé de sa vie l'ouverture de son pays à la civilisation européenne. Du moins, l'annonce de la sentence capitale a été insérée dans la gazette officielle de Péking, du 23 juin 1858. Ce n'est pas, il est vrai, une raison suffisante de croire que cette sentence ait été mise à exécution, attendu que lorsqu'il s'agit des hauts personnages de l'empire , et surtout d'un parent de l'empereur, la cour de justice prononce très-souvent des dégradations, l'exil ou même la mort, sans que les condamnés quittent pour cela leurs fonctions et changent en quoi que ce soit leur manière de vivre. Seulement, ils s'abstiennent de porter les insignes des dignités dont ils ont été nominalement dépouillés. On croit cependant, sur le témoignage de voyageurs qui arrivent de la Chine, que l'ordre a été envoyé par l'empereur au malheureux Ki-Ing de se donner la mort, et que cette injonction a été intimée avec trop de sévérité pour qu'il ne s'y soit pas soumis en avalant du poison en présence des commissaires porteurs du rescrit impérial.
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