‹ Causeries d'un curieux (volume 3)Chapitre 76 sur 127 · CABINETS DE CURIEUX · texte numérisé non relu

CABINETS DE CURIEUX

y apportèrent des améliorations considérables, elles ont été placées sous la science de M. le comte Léon de Laborde, dont l'administration fera époque, surtout après le despotisme inintelligent qui l'avait immédiatement Archives par- précédée. Lcs Arcliivcs parlementaires avaient été mises, depuis la suppression du Parlement, sous la garde de l'ancien greffier du Parlement de Paris, M. Terrasse, qui, aidé d'un commis-greffier du même Parlement, nommé INIartin, a, pendant près de soixante années, travaillé au classement et au catalogue des dossiers déposés alors au pavillon de la Sainte-Chapelle , dans l'ancien local des archives du Parlement et dans ime partie du bâtiment de la Cour des Aides et du Greffe criminel. C'est aujourd'hui l'un des fonds les plus riches des Archives générales , où , depuis quelques années, les papiers les plus anciens de la plupart des ministères ont été versés. Malheureusement toutes les archives des Fermes générales, qui étaient des entreprises particulières, comme le nom l'indique, sont perdues ou égarées : disparition regrettable , car c'est là qu'on eut trouvé l'histoire de l'impôt en France.

Cabinets Des Cupicux , fusscnt-ils seulement amoureux de la

de Curieux. . . , ■,. , ., . . ,

curiosité en elle-même, n eussent-ils point tu'c personnellement un parti historique de leurs richesses, avaient du moins, en présence de l'incurie des gouvernements successifs , le mérite de conserver. Aussi leur goût a-t-il sauvé une infinité de documents grandement rares et curieux, qui pour la plupart semblaient bagatelles et pièces de nulle consécjuence. Finalement ce sont eux qui ont appris à l'Etat à former des Archives,

CABINET DE L'ESTOILF. 437

et, nous le répétons, en dépit des étran^etés que nous avons citées , l'homme intelligent sait tirer parti de toutes les collections à un temps donné.

Qu'est-ce en effet que le Journal du bourgfeois l'Es- cal)inet toile, politique a Pans, Ligueur dans le camp du Roi fondemem de

... ■< > , j son Journal.

(car il se prête a passer pour tout ce qu on veut , pourvu qu'il fasse collection ) ? C'est le résultat d'un cabinet de documents recueillis au jour le jour. Philosophe de la rue , il est sur pied aux premières lueurs ; et pareil à l'oiseau qui consulte les vents pour savoir où prendre son vol, il interroge les bruits, il aspire les moindres émotions que l'air emporte avec soi, toutes ces choses, comme il dit, vaines souvent et trèsvéritahles. Il ramasse, (jrappille ouvertement ou en secret de sa propre main , placards , portraits , caricatures , vers petits et grands dont on inonde la ville, et qui se colportent par les campagnes. Il lance par la cité de pauvres diables à bout de "leur pain pour lui picorer ces sortes de fadèses des pamphlétaires et portraictui'istes , comme il appelle les faiseurs de portraits et de caricatures. En Curieux déterminé, il accumule tout indifféremment, et, le soir, il tient registre de ses trouvailles et labeurs du )Our, sauf à trier au jugement dernier..., qui ne viendra jamais. En 1607, le nombre de ses papiers , rogatons , affiches , pamphlets et curiosités de tout genre se montait à mille deux cent dix. Vienne un nouvel inventaire, les deux mille seront dépassés, d'autant mieux que sympathique de sa j)ersonne , il a en France et en Angleterre des chercheurs d'office qui lui ramassent des trésors. Rien ne lui échappe. Il avise un jour une pièce rarissime, un vrai

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