‹ Causeries d'un curieux (volume 3)Chapitre 86 sur 127 · CABINET DE GAIGNIÈRES · texte numérisé non relu

CABINET DE GAIGNIÈRES

pruiit pour son ^rand travail des Monuments de la monarchie française. Ilieii n''est plus propre à donner la mesure du sentiment et du (]OÛt du temps , car les figures de Montfaucon sont d'une exécution géruh'alement médiocre. Ce qui donne mieux encore cette mesure, c'est la façon dont le zèle artiste de Gaignières était considéré. Un élan tel que le sien était alors une merveille, à ce point qu'on visitait son Cabinet comme une des plus grandes curiosités de la capitale , et que l'élève de Fénelon, le duc de Bourgogne, le voulut voir, et, après trois heures de l'attention la plus soutenue, ne pouvait plus s'en détacher. Il est vrai que le jeune prince ne s'en était pas tenu aux vingt à vingt-cinq volumes de dessins, de portraits, ou plutôt de costumes à propos de portraits; il avait compulsé le cabinet archéologique tout entier, si riche, si varié, si ingénieux (1).

Quatre ans avant sa mort, arrivée en mars 1715, Gaifinières

t'ait don

Gaignières fit don de ses collections a Louis XIY, qui à Louis xiv

de

devait le suivre de si près dans la tombe. Du noml)re son cabinet, étaient cent cinquante énormes volumes bourrés d'autographes de rois, de reines, de princes, de ministres, d'ambassadeurs français et étrangers depuis Charles VII jusqu'à Louis XIV; cent dix volumes environ de mémoires , dépêches , instructions , lettres politiques , diplomatiques, de recueils de chartes fort nombreux, des lettres et titres originaux concernant les ]>rovinces et les abbayes. Tout cet amas précieux figure aujourd'hui «jui passe

il la

parmi les trésors de la Bibliothèque impériale. Tout, je lîii.iiodièque

rovale.

(1) La visite eut lieu le 6 avril 1702. V. le Mercure galant de cette année, p. 302-316. Le détail y e.-!t très-piquant et circonstancié. Cf. le Journal de DA^GKAU, t. VIII, p. 378, à la note.

Page 1