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me trompe, car im arrêt du Conseil d'État, en date du 6 mars 1717, qui ordonna le dépôt de la plus grande partie à la Bi])liotlièque , prescrivit également la vente d'une certaine portion; et en outre, on ne sait comment un recueil très-important de dessins de monuments religieux et autres, du même cabinet, recueil de seize volumes non compris dans cette vente, se trouve aulne portion jourd'liui dans la Bibliothèque Bodléienne d'Oxford ,
s'en retrouve
à Oxford, où nous somuies forcés de l'aller étudier (1).
Je ne sais si ce Curieux distingué avait des connaissances en estampes au point de vue de la scioice clialcographique proprement dite, et s'il prenait aucun souci de la diversité des écoles, du mérite des maîtres, de la qualité des tirages, de la pureté de conservation des épreuves. A en croire d'Argenville, dont nous allons rapporter les paroles, il n'en aurait pas été ainsi. Ce n'était guère, il est vrai, la préoccupation de son temps. L'abbé de Marolles lui-même, qui avait une collection si riche d'estanqjos, les mutilait pour les adapter à la taille de ses portefeuilles, et cependant, pour l'époque, c'était un vrai Curieux qui avait l'amour sincère de ce qu'il recueillait. Le maréchal d'Uxelles, possesseur d'une belle collection de portraits entrée en 1755 à la Bibliothèque royale, après avoir passé par le cabinet du fermier général Lallcmand de Bèze, traitait ses estampes comme Marolles traitait les siennes. Gaignières avait un autre point de vue : l'art n'était pas pour lui un but essentiel, mais un moyen. Les dix volumes de copies
(1) Voir, (l;iiis la Revue (iicliéolixjKjue , un article fort l)icii fait de M. J. Guént'hault, ot le IhtUetin </<■*■ eiimilés lii\(ori(iiies , archéuUxjie, beaux-arts, etc., t. II el III, année 1850 à 1852.
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déposés à la Bibliothèque impériale, et qui sont d'une exécution fort inéjjale, comme nous le disions tout ;i l'heure, attesteraient, ce semble, qu'il se contentait d'à peu près; quant à ses estampes, on n'en saurait juger, il n'y en a point dans ce qui est resté de son Cabinet à la Bibliothèque impériale. Il avait eu cependant en gravure des portraits, des pièces historiques, des almanachs, puisque d'Argenville critique le choix qu'il en DAiffemille faisait. On trouve en effet dans le Mercure de France, 'ijissiKiations
de M. de
sur l'arrangement d'un cabinet d'estampes, une lettre Gaignièies. de ce d'Argenville qui , à travers quelques idées justes et un plus grand nomljre qui ne le sont pas, fournit des informations intéressantes sur la direction des esprits de ce côté des beaux arts. « Il faudrait, dit-il, éviter dans ces recueils de faire ce que faisaient MM. de Garnières (évidemment Gaignières), Clément etLottier, qui, plus en historiens qu'en vrais connaisseurs, mettaient parmi de belles estampes les morceaux les plus communs, jusqu'à des almanachs. On voyait dans leurs recueils des portraits, ceux de Larmessin et de ^Moncornet, mêlés avec les portraits de Nanteuil et d'Edelinck; ils ne se donnaient pas même la peine de s'informer si la personne qu'avait gravée Larmessin ou ^Nloncornet n'était pas gravée par une meilleure main; il suffisait qu'ils l'eussent dans leurs recueils, sans s'embarrasser du choix. C'est ce que je leur ai souvent reproché (I). » J'avoue que ce reproche me touche médiocrement. A
(1) Lettre sur le choix et l'arraïKjemeiit criai cabinet curieux, écrite par M. Dezalher d'Argenville, secrétaire du Roi en la grande chancellerie^ à M. de Fougeroux, trésorier-payeur des rentes de l'hôtel de ville. IMekcure de France, juin 1727.
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chacun sa visée et son rôle dans le mouvement intellectuel. Et, toutefois, s'en tenir h Moncornet et à Larmessin eût été impardonnable quand on pouvait se procurer un Edelinck, un Nanteuil, un Audran, un Drevet, toujours authentiques, tandis qu'on court de grands risques avec les œuvres de pacotille des Larmessin et des Moncornet, purs entrepreneurs à l'affût de toutes les circonstances de bon débit, et qui se permettaient à l'occasion Mauvais l'apocryphe. Il y a de Larmessin une tête empanachée
portrait ni i i i m-
de inaiiame donucc commc cclle de madame de la Yalhere, et qui
de la Vallière. , , ■ t i • • /^ i
est une des choses ridicules que je connaisse. On la paye fort cher, parce qu'elle est rare. On feiait mieux de la négliger, parce qu'elle est mauvaise. Utilité Quant aux almanachs ou calendriers historiés de
des grands . . , . , . -, ,
almanachs cabiuet, Gdigiîieres avait grandement raison de les
et des tlièses . . -. , , . i>>.i / i r • t
historiées. ] Oindre a ses séries. S ils sont graves quelquelois d une façon un peu sauvage, il en est aussi beaucoup d'excellents, de très-curieux, de très-utiles, au point de vue historique, comme les grandes gravures de thèse alors à la mode dej)uis le règne de Louis XIII. Les premiers étaient de grandes pancartes où le calendrier occupait un très-petit espace et laissait le reste de la l'euilie à une vaste composition représentant un ou plusieurs sujets de l'histoire de l'année j)récédente. Quatre ou cinq artistes différents exécutaient tous les ans de ces sortes d'almanachs, dont il paraissait une vingtaine |)ar année. Les thèses de théologie, de philosophie, de pirisprudence et de médecine, qui, au dix-septième siècle, avaient tant d'éclat, étaient aussi d'immenses |)ancartes ornées de gravures de maîtres tirées sur papier ou sur satin, d'après les dessins des grands faiseurs
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vivants : les Vouët, les le Brun (1), les Pierre Mifjnard, les Sébastien Bourdon, les Jean le Pautre (2), quand ce n'étaient pas purement et simplement des traductions de tableaux connus du Poussin ou de le Sueur, voire de Raj)haél ou autres grands génies de l'Italie du seizième siècle. L'accessoire y étouffait le principal , et dans l'espace resté désert au milieu des feuilles, s'imprimaient les propositions de la thèse. Les récipiendaires présentaient ces feuilles à leurs patrons et à leurs amis ; les Diafoirus, à leurs futures : « Donnez, donnez : la thèse est toujours bonne à prendre jjour l'image; elle servira à parer notre chambre », dit la Toinette du Malade imaginaire. On a, du fameux gra-
(1) « M. le Brun commença d'être recherché pour les dessins de Thèses, par les soutenants illustres, à mesure qu'ils montaient aux différents degrés des quatre Facultés de l'Université. En l'année 1638 , célèbre par la naissance de notre {;rand monarque, il fit sur ce sujet un dessin de thèse pour un soutenant très-considérable, et y représenta la Providence qui rapporte du ciel un enfant nouveau-né, et le vient présenter au roi Louis XIII. Ce dessin fut legardé d'un bon œil à la cour, et la ville n'en fut pas moins satisfaite. » Mémoires iné*dits sur la vie et les ouvrages des metnbres de l' Académie royale de peinture et de sculpture , publiés par Dussieux , Soulié, de Chennevières, Maiitz et de Montai(flon , t. I, p. 5. Paris, Dumoulin , 1854.
(2) Jean le Pautre, dessinateur et graveur à l'eau-forte , né à Paris en 1617, mort le 2 février 1682, membre de l'Académie. Il était frère du fameux architecte Antoine, qui construisit les deux ailes du château de Saint-Cloud , et publia , en 1652 , un bel ouvrage d'architecture. Jean, qui avait été d'abord menuisier, commença entre le ciseau et le rabot , ses études de dessin , et devint le jilus habile homme de son temps pour la composition des décorations d'architecture, des vases, des plafonds, des ornements de tout genre. Portraits, sujets religieux et profanes , grandes cérémonies publiques, vues de châteaux, pavsages, jardins, fontaines, tout occupa sans l'épuiser la verve de son burin et de sa pointe. Mariette porte l'œuvre complet de cet artiste à plus de (juatorze cent quarante pièces, et toutes ces pièces ont du mérite. On n'a pas fait mieux depuis en dessin d'ornement.
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veur et dessinateur Mellan , la thèse de M. Talon, décorée de grandes figures allégoriques et d'un cartouche historié portant l'effigie du cardinal Mazarin. Poillv et Pitau en ont gravé de superbes, ornées de portraits en grand, quelquefois en pied, de Louis XIV et de Colbert, avec les plus riches accessoires. La thèse de philosophie du duc d'Alhret, gravée par le premier d'après le Brun, et dédiée à Louis XIY, est une magnifique estampe. Une ou deux de ces thèses par Gérard Edelinck sont des chefs-d'œuvre de la gravure française (1). Xanteuil en a gravé sept, dont sa
(1) Parmi ces pièces capitales est la thèse de théologie de MM. Etienne et Gilles d'Aligre. Elle est du plus grand in-folio, et surmontée du portrait de Louis XIV en buste. Aaiiteiiil ad vivum effigiem piiixit. G. Edelinck scitlp. 1679. Le texte est entouré d'emblèmes. La tète, un peu plus forte que nature, est la plus grande qui ait été gravée de Louis XIV. On v remarque toute la finesse de ISanteuil, avec la grande manière et la couleur d'Edelinck. Il v a des épreuves sans la thèse.
Une autre grande thèse d'Edelinck, fort estimée, représente le portrait de Louis XIV tenu par la Religion, assise dans un char au-dessus du globe. Le dessin est de Charles le Brun. Ces pièces sont en deux feuilles.
Dans une autre pièce de Gérard Edelinck, plus splendide et plus prisée encore, et dont il y a trois états, Louis XIV est à cheval, précédé de l'ange exterminateur. A ses pieds ses ennemis sont abattus et des Iivdres sont précipitées, avec cette inscription : Ludovico Magna Europa terra marique composila vol. publ. Cette thèse, dont la peinture est également de Charles le Brun, est aussi en deux feuilles. On la connaît sous le nom de Thèse de la Paix. Le premier état a servi à la thèse de théologie de M. Colbert, après quoi le texte a été plané, et la j)lanche a été achevée par Edelinck d.ins la partie inférieure qui avait porté les caractères. J'en ai retrouvé la peinture originale, de la dimension même de la gravure, à Vienne, dans la galerie du prince Eszterhàzy de Gaiantha, sous le nom d' Apothéose de Louis XIV. Ce n'est à proprement jiarler qu'une fiiu- cs<piisse terminée, de coloration légère, (jui sert à prouver combien Edelinck était un grand coloriste. La composition a cette fausse grandeui', cet ajtparat uiélodiamaliciue juopre à le lirun , qui fiap])ait plii^ fort ijnc juste.
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])ropre thèse de philosophie. Cela sent bien son {;ran(l siècle. Les moins riches, à défaut de gravure inédite, achetaient un tirafjc de planche tovite faite. On en vendait chez Vallet, jjraveur du roi, rue Saint-Jacques, Ail buste de Louis XIV; et chez Gantret, même rue, A l'image de Saint-Maur . Jean-François Cars , père du fameux Laurent, qui fut, comme nous l'avons dit au premier livre de ce volume , un des plus habiles burins du temps de Louis XV, gravait de ces thèses et les vendait dans sa boutique. On comprend qu'une collection un peu complète de calendriers historiés et de thèses , à part le mérite si divers de l'exécution , constituerait un recueil des plus précieux documents en portraits et en scènes historiques. Ce sont des règnes en images. Les grands almanachs connus dépassent le nombre de huit cents. Les thèses sont fort nombreuses.
Les graveurs, disions -nous, vendaient dans leurs Boutiques