LE CONSEILLER DE MONMERQUÉ
à la l)ouclie aux j)liis délicats. De ce nombre enfui a été notre vieux ami et confrère M. de Monmerqué, Monmerqué. à qui ses grandes entrées chez la marquise de Sévi- ^né avaient fourni de si précieux manuscrits et les éléments de si bonnes publications. Ah! celui-là était digne de tous les respects , il est digne de tous les souvenirs : c'est le privilège des gens de bien. Nul au monde n'a été plus serviable ; nul n'a montré un cœur plus vrai, j)lus ouvert, une âme plus droite et plus pure, une abnégation plus entiôre et plus naïve. Sans autre passion que celle d'apprendre et d'obliger , sa y'ie s'est écoulée dans le commerce des lettres et de l'amitié , avec ces qualités riantes en même temps que solides, qui font le charme et la sûreté des commerces. Si Monmerqué ne fut point un générateur de pensées, il a su comprendre, il a su goûter et faire admirer les talents. Il a marché à la suite de grands noms. Il a été utile. Son cœur s'est élevé devant la gloire de la marquise de Sévigné : nous lui devons de la mieux connaître, et sa renommée sera immortelle dans l'ombre du grand écrivain qui ne fut point auteur, qui posséda la grâce , qui écrivit avec le cœur, sut oser sans cesser d'être naturel, et s'adressa si bien à l'imagination pour arriver plus sûrement à l'âme.
Le grand siècle! j'ai à en parler encore à propos d'une collection fort considérable , celle de Valentin Gonrart, un des trésors intarissables de la Bibliothèque de l'Arsenal. Si je m'étais arrêté à son ordre chronologique sur ce riche cabinet qui va mettre en jeu la ravissante marquise de Sévigné et madame Scarron ,
cruellement calomniées, j'aurais craint tic trop suspendre le mouvement de la nomenclature que j'avais à terminer. Qu'on me pardonne donc d'en avoir réservé l'examen pour un chapitre spécial.