‹ Causeries d'un curieuxChapitre 10 sur 124 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

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dans toute su pureté et ne manquait ni de douceur ni d'élégance. Hérodote, auquel il donna le vol, le cite plusieurs fois. Strabon avance, à la vérité, que ces logographes ne furent, à tout prendre, que des demi-prosateurs, qu'à peine se sont-ils affranchis du rhythme, à peine ont-ils fait autre chose que de rompre le vers. Cela peut avoir été exact pour des écrits non arrivés jusqu'à nous; ce qu'on a d'eux ne semble guère offrir ce caractère semi-poétique. Leur époque fut celle d'une des grandes transformations de l'intelligence , et vit le domaine de la pure imagination envahi par l'esprit d'analyse. La science, la médecine surtout, prirent des développements qui accréditèrent la prose. Mais des changements fondamentaux ne font jamais irruption tout d'une pièce : il y faut de longues et laborieuses transitions. Chez nous, la renaissance des lettres et des arts eut ses éclairs précurseurs, et n'éclata pas d'un rayon soudain, comme une Minerve tout armée. Conclusion. En définitive, que conclure sur l'origine de l'écriture? Nous l'avons déjà dit, rien que de purement conjectural, parce que les éléments de conviction nous échappent, et que ce sujet est une de ces nomlireuses questions jalouses devant lesquelles vient échouer l'orgueil humain. On s'accorde à supposer qu'au com.mencement le vers était par excellence en honneur ; mais il n'a jamais été la forme unique de la pensée. On aimait la cadence poétique sous le ciel prédestiné de la Grèce, et les imaginations s'enflammaient aisément au souffle de la muse à la parole d'or, comme aujourd'hui nous voyons dans le royaume des Deux-Siciles qui fut la grande Grèce , dans le royaume de Naples dont

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