ATTRIBUTIONS DOUTEUSES. APOCR\PHES DE PARTI PRIS
Causes Mais les destins s'accomplirent. Les images de fa-
la destruction mille , subissaut le sort naturel des variations de la et des bronzes, modc ct de Icur proprc fragilité, disparurent; et successivement la plupart des statues, jetées bas, mutilées , enfouies sous les décombres et sous la poudre des temps, par les tremblements de terre, l'incendie de Rome sous Néron, l'incendie sous Titus, les incursions des Barbares , se sont, après la chute de l'empire romain, réveillées avec des têtes empruntées à d'autres débris. Et, d'ailleurs, sans attendre les Barbares ni la fureur des élé-
(1) De tianquillilate aniini, IX.
ments, que n'avaient point fait elles-mêmes, de siècle en siècle, les guerres civiles, pourobscurcir, altérer, détruire les monuments iconographiques ! Qu'on se rappelle seulement le frère aîné deVespasien, Titus Flavius Sabinus, sabinus faii préfet de Rome, soutenant un siège dans le C apitoie ^^^^ incendié par la soldatesque de Yitellius , et se faisant ^^^ capitoie. des barricades avec les statues du temple de Jupiter : toutes les gloires de la terre et de l'Olympe (1). Ne dirait-on pas que le temps , chargé du poids de tant de renommées , n'ait pas la force de les soutenir et les brise? Mais quel est le degré d'authenticité des monuments qui ont survécu à tant de causes de destruction? Qu'est-ce que le buste de bronze si rudement vigoureux et si expressif, qui porte le nom de Brutus au Capitole? Est-ce une reproduction de la tête de la statue primitive? N'est-ce qu'une œuvre idéale inspirée des données de l'histoire? Les éléments de conviction manquent pour conclure.
Que reste-t-il aussi d'Hannibal, si jamais son effigie réelle a été tentée sur la nature? Napoléon I", visitant un jour, au Louvre, le Musée des Antiques , passa devant le buste qui porte le nom du Carthaginois, et s'arrêta. Se tournant vers sa suite nombreuse , il chercha Ennius Quirinus Visconti , que sa modestie tenait à l'écart : « Est-ce authentique? lui demanda-t-il. — C'est possible, répondit l'illustre antiquaire. Les Romains avaient érigé sa statue en trois endroits publics d'une ville dans l'enceinte de laquelle , seul de tous les
Doutes
sur
l'authenticité
(lu buste
lie Brutus.
Non authenticité (lu portrait dllannibal.
(1) K Fores pénétrassent , ni Sabinus révulsas undique statuas , décora majorum , in ipso aditu , vice mûri objecisset. « (Tacit., Hist., III, 71.