‹ Causeries d'un curieuxChapitre 14 sur 124 · LES LIVRES SACRÉS · texte numérisé non relu

LES LIVRES SACRÉS

qiies, aient été détruits ii cette épfxjiie, quelle qu'ait pu être l'altération des mœurs et des institutions des Hébreux en suite de leur séjour parmi les nations idolâtres. Chez les Juifs, peuple essentiellement reli(>ieux, la persécution n'avait dû, en définitive, avoir pour effet que d'animer encore le zèle sacré dans les cœurs vraiment Israélites. L'enthousiasme de religion est de Livres sacns tous le plus profond, le plus ardent, le phis exalté. Comme il a sa source dans l'âme et dans i'ima(;ination, de même qu'elles, il est sans bornes. Aussi, les livres qui contiennent le dépôt des croyances sont-ils peutêtre les premiers que les révolutions essayent de détruire , mais ils sont également les derniers qui périssent , quand surtout ils renferment à la fois , comme ceux de Moïse , les titres d'une nation , les ^énéalo^jies des familles. Le témoi^jnage de Jérémie suffirait à at- Coiinncui tester les précautions que les nommes de loi et de iLcom.naïuie

(le conserver

:acits

doctrine ont dû prendre pour conserver pure la parole les écrits de Dieu, et sauver les livres révélés. « Voici ce que dit le Seigneur des armées, le Dieu d'Israël : Prenez ces contrats, ce contrat d'acquisition qui est cacheté, et cet autre qui est ouvert et mettez-les dans un pot de terre, afin qu'ils puissent se conserver longtemps , » a dit Jérémie (1).

C'est de la même manière que furent préservés les i: ouvrages du grand philosophe de la Chine, Confticius, i. nio.i.- d

[)r(servatioii (les livres (1) Ch. xxïii, V. 14. Les tcmuignayes de Daniel (ix, 12), de l'Ec- '•^'^ Conf.iciiis clésiastique de Jésus fils de Siracli (voy. le Prolo{;ue), de saint Matthieu (xxv, 35), de saint Luc (xxiv, 44) et de ioil-\>\ie (^Contj-e Apion, 1 , 8) prouvent encore le soin que l'on a mis chez les Juifs à recueillir et consei-ver les livres sacrés. Les livres de l'Ancien Testament ont été réunis, à ce que l'on présume, par Esdras et ]Néhémie, après le retour de l'exil des Juifs.

ipprcjclieineiit avec

Version

(;recqiie des

livres sacn's

jiar septante

tloctenrs.

lors de la destruction générale des livres par le fondateur de la dvnastie des Tsin , l'empereur Che-Hoang- Ti, cent soixante ans avant l'ère chrétienne. On les retrouva non-seulement dans la mémoire des hommes, mais cachés dans les murailles , soit en sa demeure , soit chez ses disciples.

On sait, du reste, que longtemps après Jérémie, mais encore sous le fils de Ptolémée Soter, Ptolémée Philadelphe , troisième roi d'Egypte depuis Alexandre, environ trois cents ans avant la venue du Messie, le texte de l'Ancien Testament a été consacré d'une manière immuable. Ce texte était en hébreu, sa langue primitive (1), quand septante-deux docteurs, des plus excellents hébraïsants, fort versés à la fois dans les lettres grecques, en ont donné, dans cette dernière langxie , une traduction qui a pris le nom de Version des Septante. C'est ainsi que deux faits bien simples au premier aspect : le désir de satisfaire aux goûts scientifiques du roi Philadelphe et la pensée de fournir un texte courant aux Juifs qui ne parlaient plus que la langue grecque , sont devenus le témoignage le plus net de l'antiquité des Saintes Ecritures. Quelques historiens rapportent que Ptolémée Philadelphe aurait écrit au Grand Sacrificateur et Roi de Judée Eléazar, de lui envoyer les livres de la loi avec des interprètes ha-

(1) Les premiers textes de l'Ancien Testament étaient écrits en hébreu , en caractères anciens ressemblant à l'écriture samaritaine et se suivant sans accents et sans ponctuation. Après l'exil, les Juifs adoptèrent l'écriture chaldaïque, laquelle est aujourd'hui généralement admise pour l'hébreu. A cette époque, nuls signes de voyelles ni caractères d'accentuation. Ce sont les hébraïsants des premiers siècles qui, pour faciliter la lecture, ont introduit ces signes et caractères conventionnels.

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