‹ Causeries d'un curieuxChapitre 15 sur 124 · LA VERSION DES SEPTANTE · texte numérisé non relu

LA VERSION DES SEPTANTE

biles pour traduire les livres de l'hébreu en grec; qu'Éléazar aurait fait jsartir aussitôt six Anciens de chaque tribu, lesquels, en soixante-douze jours de travail , auraient accompli la tâche , dans la solitude de Ce qu'en dit

.le

l'ile de Pliaros, devant Alexandrie (1), et que, ravi de Juif Phiion satisfaction, le roi d'Efjypte aurait renvoyé en Judée les septante-deux docteurs chargés de riches présents pour le temple. On a dit, il est vrai, à l'encontre de cette tradition, que l'auteur primitif du récit aurait caché son vrai nom sous celui d'Aristée, soi-disant garde de Ptolémée Philadelphe, et ne serait autre qu'un Juif helléniste qui aurait vécu beaucoup plus tard. Toujours est-il que le grand saint Jérôme (2), Phiion et Josèphe (3), si profondément versés dans les deux langues, le premier surtout, le plus érudit écrivain de son temps en grec et en hébreu, à une époque où ces deux langues étaient encore des langues vivantes, exaltent jusqu'à la plus haute admiration leur estime pour la version des Septante. Saint Jérôme portait à ses adver- Ce qu'en dit

1 1 'f> T- j- 1 1 *^"" Jérôme.

saires le deh d mdiquer un passage quelconque du grec qui ne se trouvât pas mot pour mot dans l'hébreu. Phiion va même jusqu'à proclamer la version comme inspirée par l'esprit de Dieu : « Estans ainsi retirez à l'escart, dit-il, ne se trouuant personne avec eux, sinon les parties de la Nature, la Terre, l'Eau et le Ciel : de la naissance desquels ils deuoient premièrement en-

(1) Voir Philox Juif, Vie de Moïse, 1. II, p. 343-347 de la traduction citée.

(2) Hieronymi (divi') Opéra emendata studio inonachorum S. Bcned. Parisiis, 1693. 5 vol. in-l'ul. Quœst. heir. (sur la Genèse).

(3) Antifjuite's jud.,W\, 2.

seigner les mystères (car la création du monde est le

commencement des loix) furent rauis de l'esprit de Dieu,

tellement qu'ils j)ro}>hétisoient ( 1 ) • " Tons les savants

du seizième et du dix-septième siècle, à l'exception de Joseph Scaliger, de Huet et de Thomas Man^jey, pensent (pie le Juif Philoii était ha])ile dans la lan^pie hébraïcpie, et rien dans les œuvres de cet écrivain ne semblerait prouver le contraire. Je ne sais sur quelle donnée Lon^uerue, hébraïsant très-habile, avance cependant que « les Juifs d'Alexandrie n'entendaient rien à l'hébreu, rien, rien. » Il est plus que probable que cette assertion si absolue n'est point applicable aux Juifs instruits comme l'était Philon.

Cf(];rfii iiii Saint Augustin, dans sa Cité de Dieu, s'étend aussi

sailli

Aii;;iistin sur l'cxcellence de la version des Septante (2). i.es snibes Ghcz Ics Hébrcux , les livres étaient reproduits par

fiiez , -Il • ' 1 7 • I

les iiJjiciix, des scribes, des copistes sacres, dont le titre, honorifique comme celui de la fonction correspondante chez les Egyptiens, servait à désigner les docteurs de la loi , interprètes des saintes Ecritures. L'emploi du premier scribe ou secrétaire du roi , était fort considérable à la cour des rois de Juda, et équivalait , ce semble, à celui de grand officier de la couronne ou de ministre. Le Livre des Rois mentionne plusieurs de ces secrétaires : Saraïas (3) et Siva (4), sous David; Elioreph et Ahia , fils de Sisa, sous Salomon (5); Sobna, sous Ezé-

(1) PuiLON. Edition citée, p. 346.

(2) Voir au livre XVIII, les cliaj). 42 et 43, intitulés : Dessein de Dieu dans la traduction des Septante, et prééminence de cette traduction .

(3) L. II, ch. VIII, V. 17.

(4) Ibid., 20, 25.

(5) L. III, IV, 3. Josapliat, fils d'Ahilud, était chargé des requêtes.

Scplior, ou

vlU.les lettres.

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