LES ÉPITRES DES APOTRES
chias (1); et Sophan sous Josias (2). Le livre do Jérémie cite Elisama, sous Joachim , fils de Josias (3).
Les copistes sacrés étaient entourés de respect et de privilèges. On pourrait même inférer de deux passages de la Bible, que, pour honorer sans doute ceux qui s'occupaient des lettres sacrées , et surtout leur ménager plus de j)aix dans leurs travaux, on leur avait assigné une résidence spéciale. Cette résidence était la cariatii ville appelée en hébreu Cariath-Sepher, mots que la version des Septante traduit par la Ville des lettres, IloXtç
« En montant de ce lieu, il (Josué) marcha vers les habitants de Dabir, qui s'appelait auparavant Cariath- Sej)her, c'est-à-dire la Ville des lettres (-i). »
Et ailleurs encore :
« Etant parti de là , il marcha contre les habitants de Dabir, qui s'appelait autrefois Cariath-Sepher, c'està-dire la Ville des lettres (5). »
Les monuments épistolaires abondent au premier temps de l'Evangile. Les chrétiens de la primitive; Eglise tombaient le front dans la poussière devant ces épitres des apôtres qui , se séparant après la mort du Christ, et se partageant le monde, allaient vaillamment
(1) L. IV, XIX, 2. Il est encore question de Soljiia dans Isaïe, xxxvii, 2.
(2) Ibid., xxii, 8 et 9.
(3) JÉRÉ.MIE, XXXVI, 12, 21.
Ce même livre parle souvent Je Banieli , secrétaire de Jérémie, ou plutôt son disciple, car Baruch était lioinme de naissance. C'est lui dont on a un livre de prophéties, et dont le génie avait si fort exalté l'enthousiasme de Jean de la Fontaine. (JÉnÉMiE, xxxvi, 14, 19, 26.)
(4) JosrÉ, XV, 15. — Dahir, ville rovale, à l'ouest d'IIébron, sur l'ancien territoire de la tiilju de Juda.
(5) Les Juges, ii, 1.
Kjiîircs les Aix'itres
planter la croix au cœur du paganisme et ensemencer les âmes avec l'Evangile. Ce n'étaient pas de simples lettres intimes, mais des lettres catholiques s'adressant à toute créature, des lettres écrites aux nations. Saint Pierre, saint Jude, saint Jacques le Mineur, saint Jean l'aigle de Patmos, dans leurs épîtres courtes, mais nourries de la doctrine et revêtues de l'esprit de force, résumaient tout l'ensemble des vertus qui procèdent de la Foi. A elle seule, la plume enflammée de saint Paul, plus féconde et plus rapide, en sa rudesse, que la plume d'aucun autre mortel, réchauffait comme par une trahîée de feu le Christianisme dans l'univers. Qu'on se figure l'arrivée de ces lettres où l'Apôtre disait aux Corinthiens :
Autographes a Moi , Paiil , j'ai écrit dc ma main cette salutation [\)\i^
de
saint Paul. OÙ il faisait également remarquer aux Galates, aux Thessaloniciens, aux Colossiens, ce qu'il leur avait tracé de sa propre plume , ou pour parler plus exactement , avec son roseau :
« Voyez quelle lettre je vous ai écrite de ma jnain (2). »
« Voici les salutations que j'ajoute , moi Paxd, de ma propre main. Souvenez-vous de mes liens. La grâce soit avec lions. Amen[^). »
« Je l'ous salue ici de ma propre main, moi Paul : c'est là mon seing dans toutes mes lettres. J'écris ainsi.
» La grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ soit avec vous. A?7ie7i (4). ')
(1) P^ Epttre aux Corintliiens, xvi , 21.
(2) Epître aux Galates, vi, 11.
(3) Epître aux Colossiens, iv, 18.
(4) II« Epttre aux Thessaloniciens , m, 17 et 18.