TOME I
basilique à Venise, se compose de vingt-quatre feuillets carrés de papyrus égyptien appartenant ii un Évangéliaire des plus anciens qu'ait vus Montfaucon . Le mauvais état de ces feuilles est tel, qu'on ne peut absolument rien lire de ce qu'elles contiennent. On assure qu'elles ne sont qu'un fragment de l'Evangile, dont une seconde portion existe à la bibliothèque de San Daniele État (lu à Udine, en Frioul, et une autre encore à Prague. Ces
manuscrit de
saint Marc autrcs fragments ne sont guère plus lisibles. Il ne
au Trésor de
Venise. faudrait, en définitive, rien moins que la trompette du Jugement dernier pour recomposer le tout, car cet Evangéliaire a couru tous les périls de ce qui a été chose de saint : on se l'est distribué par morceaux comme on se distribue, entre fidèles, les pieds, les mains, les dents, les tibias, les vêtements des bienheureux. Le très-savant et très-complaisant vice-bibliothécaire de la Marciana, M. Veludo, a bien voulu me faire connaître qu'il résulte d'une note existant en une chronique vénitienne manuscrite (n" 1G52, classe wf des Codici italiani de la Marciana), sous la date du G juin 1420, que le fragment d'Evangile en question aurait été en-
Comment ^d^'é du couvcut dcs uoniies {à mouasterio monialiiim) Venise" ^ d'Aquilée, par les Vénitiens, quand ils entrèrent à Udine, en 1420; qu'il aurait été déposé d'abord à Murano, d'où il aurait été transféré processionnellement et en grande cérémonie conduite par le doge et le sénat , dans l'église de Saint-Marc , à cette date du 6 juin 1420. Du reste, les feuilles sont en si mauvais état qu'on ne les fait plus voir qu'à la dérobée, en entr'ouvrant avec réserve la boite de métal qui les renferme.
céi-Tne C'est le chronographe Georges Cédrène qui a rap-