TOME I
50 LIVRE PREMIEU.
servce sons verre. Leurs imitations patientes sont une tâche sacrée, en quelque sorte une re]i(jion, et continuent, sans s'en écarter d'un trait, le stvle du peintre pvec du douzième siècle, Manuel Pansclinos, de Thessalonique, dont on couserve encore en ori[jinaux, aux couvents de Pantocratoraet d'Aghia-Lavra, aumont Athos, un Christ, une Vierge et un saint Jean le Précurs(;ur, c'est-à-dire l'Evangéliste, qui, dans !a liturgie orientale, est appelé le Pj^écurseur et le Théologien. Malheureusement, ces peintures ont poussé au noir, et ne parlent plus assez par elles-mêmes pour accuser nettement la date de leur exécution. On se rappelle encore la vive impression que produisirent à l'exposition du Louvre, en 1847, les copies dessinées qu'un ancien pensionnaire de l'École de France à Piome, M. Papetv, mort avant le temps, avait apportées de ces peintures et des œuvres actuelles des moines. C'était toute une révélation (1). Ces traditions, et c'en est le caractère spécial, ne laissent aucune part à l'invention : l'artiste v est littéralement le vassal du théologien . Quel que soit le pays, quelle que soit l'époque, on les trouve appliquées là où règne le rite grec. On peut comparer les Christs, les Vierges, les saints qui décorent les églises anciennes et nouvelles du mont Athos et d'Athènes, aux effigies byzantines des églises de l'Assomption [Ouspenshoï) à ^loscou, de Notre-Dame de Casan et de Saint-Isaac à Pétersbourg, de la cathédrale de Smolna; ce sont identiquement
(1) Ces dessins, jiassés en Russie, ont été vendus il y a deux ans, à Saint-Pétersbourg. Papety a écrit dans la Revue des Deux-Mondes une étude sur la peinture byzantine.
Manuel d'ico-