‹ Causeries d'un curieuxChapitre 23 sur 124 · L'ART BYZANTIN EN RUSSIE · texte numérisé non relu

L'ART BYZANTIN EN RUSSIE

mêmes traits, même poses, mêmes costmnes. La basilique de Saint-Marc à Venise, de style gréco-arabe, commencée en 976, terminée en 1071, offre dans son Baptistère la même identité de dessin byzantin. Dans la peinture, immutabilité complète, comme dans le dogme ; et traiter de l'iconographie liturgique byzantine moderne, c'est indifféremment traiter de celle du dixième siècle et probablement du sixième. Le Manuel dressé par Denvs, moine de Fourna d'Aftrapha, sur les traditions de >")!;raphie

- ' u L ' byzantme.

Panselinos, donne pour les portraits sacrés d'infaillibles recettes, à commencer par les merveilles de l'ancienne loi : les neuf chœurs des Anges, Adam et Eve, les Patriarches et autres grandes figures de l'Ancien Testament. Puis viennent les merveilles de la nouvelle alliance. Chaque saint personnage a son type hiératique tout fait. Age, couleur des yeux, coupe de la barbe, nombre de plis de la tunique , tout est minutieusement étudié, scrupuleusement suivi, comme le serait une règle canonique (1).

L'art byzantin qui se pratique en Russie v est entré ^, ,

•> 111 j L art byzantin

avec le Christianisme et l'art d'écrire. Le temps se ''^ Russie chargea d'accréditer des légendes qui faisaient venir directement du ciel les saintes images (2). Les preuves

(1) M. Caranza, Français au service du gouvernement ottoman, a fait un séjour de trois mois dans les couvents du mynt Atlios, avec un autre Français, M. Labbé, peintre du sultan. II a photographié plus de deux cents vues intérieures et extérieures de ces pieux asiles, et s'occupe en ce moment à compléter sa tâche laborieuse par la reproduction de leurs monuments iconographiques, de leurs vases liturgiques et ornements d'église , dont nous n'avons qu'une idée bien imparfaite dans notre Occident.

(2) Sur les Vierges du uiuut Allios, il y a une anecdote ra})portée

miraculeuses ne manquèrent pas. Une autre tradition attestait aussi que Jean le Théologien, en personne, avait enseigné à un certain Roussar ou Goussar l'art de peindre les images. Celles de Klierson en Crimée, de Novgorod, de Moscou, sent attribuées à saint Olympe, à André Rubleff, à Denis le Zoograplie, à Michel Médovarzeff , à Simon Ouschakoff et d'autres encore dont les noms sont conservés par la tradition et dans les édits des souverains.

Si l'Eglise romaine admet les sculptures, l'Église grecque, plus exclusive, n'admet guère que des images peintes. Le czar Michailowitsch ordonna, par ukase de 1699 : « que les saintes images fussent peintes d'après les traditions des très-saints Pères inspirés de Dieu, d'après les usages invariables de la sainte Eglise orientale , et d'après la ressemblance des personnes et des objets (1). » Depuis, l'art moderne a franchi le seuil des églises grecques avec les civilisations de

dans les Lettres édifiante.';, par un missionnaire au père procureur des missions du Levant. Arrivé à Sanios, le missionnaire demande à un caloyer qui l'entretient des couvents du mont Athos, si les reli{jieux de ces couvents n'avaient pas quelque oljjet particulier de culte. « Pardonnez-moi, répondit le calover, ils révèrent une ancienne imaye de JSoti'e-Dame qui , selon la tradition du pavs , fut jetée à la mer par les iconoclastes, et qui de Constantinople vint suryir au mont Athos. Un saint ermite, nommé Gabriel, marcha sur les eaux, la retira, et l'apporta dans une église. Elle est ornée de quantité de perles et do pierres précieuses, et devant elle sont allumées, jour et nuit, plusieurs lampes d'or et d'argent : ce sont des présents des princes et seigneurs qui ont reçu de Dieu, par l'intermédiaire de la sainte Vierge, quelques fiiveurs singulières." (Voir Lettres édifiantes et curieuses, t. II, p. 77. Paris, Mérigot, 1780.)

(1) Les Pères dont le czar Michailowitsch invoque les traditions sont ceux du Concile de îsicée. Le P. Labbe , dans son Histoire des

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