LETTRE APOCRYPHE DE LEINTULUS
les portraits du Fils de Dieu (1), Or, il est bizarre, mais il est vrai que tous ces points reposent sur des erreurs. La lettre que Constantin n'a certainement pas pu connaître, puisqu'elle est de fabrication relativement moderne; la lettre, que, par dédain, l'Eglise n'a pas jugé à propos de déclarer apocryphe, porte en soi tous les caractères de la fausseté.
Et d'abord, le fils d'H(;rode le Grand, Hérode Antipas, qui se trouvait à Jérusalem pendant le jugement du Christ, à cause des fêtes de Pâques, n'a rien à faire dans la question : il était tétrarcpie, quasi-roi, roi vassal de Galilée et non gouverneur de Judée. A la mort de son père, l'an 751 de Rome, tr<;is années avant la venue du Messie, il avait eu, sous le l)on plaisir de l'empereur Auguste , la Galilée , tandis que son frère aîné , Archélaûs, avait reçu la Judée proprement dite et l'Idumée. Placer Lentulus avant ce prince serait donc commettre de gaieté de cœur \\n anachronisme. Le proconsul, ou, pour parler plus exactement, le procureur ou procurateur {procurator) romain, à cette époque de la Rédemption , était (les Evangiles en font foi) Ponce Pilate, qui renvoya Jésus devant Hérode, comme sujet de ce prince. Or, Pilate avait eu pour prédécesseur dans le gouvernement de Judée, Valerius Gratus. Voici, du reste, la Nomenclatme chronologie des procurateurs romains en Judée, d'après procurateurs
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1 historien Josèphe, pour qui cette tradition historitpie a Jcrusalcm
(1) Flavius Valerius Coustautinus, né en 274, empereur en 300, chrétien en 312, mourut en 337. Ce n'est pas sous lui, mais beaucoup plus tard, après le Concile de Constantinople in trullo, autrement ai)pelé Quini-sexle, (jue les monnaies byzantines commencèrent à porter l'image <iu Christ. Ce concile fut tenu sous Justinien II, en C91.
était vivante, puisqu'il est né à Jérusalem seulement
quatre ans après la mort du Christ.
Depuis que Pompée eut conquis la Syrie et soumis la Judée, l'an G91 de Rome, soixante-trois ans avant la venue du Sauveur, Rome imposa des gouverneurs à la Svrie, des souverains ])ontifes et des rois à la Judée. Le premier gouverneur de la Syrie, établi par Pompée, fut le pro-questeur Marcus iEmilius Scaurus. Quatre ans après, le préteur Lucius Marcius Philippus succéda à Scaurus (1). L'année suivante, il fut remplacé par Cneius Cornélius Lentulus Marcellinus, j)réteur, qui fut remplacé à son tour, un an après, par le proconsul Aulus Gabinius. On était alors en l'an de Rome 700, cinquante-quatre ans avant l'ère chrétienne. Depuis cette époque jusqu'à la mort d'Hérode le Grand, il y eut une succession assez nombreuse de gouverneurs de Svrie. A l'avènement d'Hérode Antipas en Galilée, Quintilius Varus exerçait la charge de gouverneur de Syrie depuis la vingt-cinquième année du règne d'Auguste. Enfin, l'an 760 de Rome, le cinquième de notre ère, l'ethnarque de Judée, Archélaiis, ayant été déposé par Auguste , l'empereur donna le gouvernement de SyrieàPublius SulpiciusQuirinus, qui réduisit, cette même année, la Judée en province et la réunit à soit gouvernement.
Par lui fut installé le premier procurateur à Jérusalem, Caponius, envoyé par César-Auguste (2).
(1) Appies, dans ses Syriaques , confirme ce fait.
(2) Voir JosÈPiiE, Anlirjuité.'i judaïijues, liv. XVIII, di. i, § 1, p. 415 (le la traduction d'Arnauld d'Andiliy. Edit. déjà citée.
est un |)prsoniia{;e iinaîiinaire.