M>II
en français macaronique, par le fameux prédicateur de piLimïro fois la fin du quinzième siècle, le Père Olivier Maillard (2). rcitaine de la
lettre
de Li'iitiiliis.
lui un livre des Gestes des Lombards, De yestis Longobardorum. Il mourut au Mont-Cassin en 790, d'autres disent en 801.
(1) Pages 452-45.3. M. J. Coindet, qui, dans son Histoire de la peinture en Italie (Paris, Renouard, 1857), a l'air de croire à l'authenticité de la lettre de Lentulus , dit (pajje 64) qu'elle était connue déjà au quatrième siècle. Bien entendu il ne donne aucune preuve. Il s'était inspiré de M. Didron. L'érudition de seconde main est de toutes la plus commune et la plus dangereuse.
(2) Voir La conformité et correspondance des saints mystères de la messe à la Passion de notre Sauveur Jcsus-Christ, composée par le béat
Barthélémy fie Chasseneuz (1) l'a reproduite en latin, dans l'année 1529. En 1512, elle l'avait déjà été, dans la même langue , à Nurenberg. Elle a été donnée aussi comme authentique , au seizième siècle , par le Navarrais Juan Huarte, dans son livre de l'Examen des esprits (2), et, à ce propos, la crédulité de l'auteur a été l'objet d'une verte critique dans le Dictionnaire de Bayle (3). Ce n'est pas là que Fabricius est allé la chercher pour son Codex apocryphiis (-4), c'est dans la version latine de l'ouvrage persan de Jérôme Xavier, neveu de saint François Xavier (5).
P. frère O/iViVr Maillard. Paris, 1552, petit in-S" gotliirjue. La lettre de Lentulus est à la suite.
Maillard était Breton. Il mourut près de Toulouse, le 13 juin 1502; son livre est donc posthume, à moins qu'il n'y ait eu, ce que je ne présume pas, une édition antérieure.
(1) Catalogua fjlorixmundi, 1529, in-folio, part. IV, p. 98. Chasseneuz est celui qui fut éditeur du beau livre in-4" gothique :
Le grand Couatumier de Bourgogne , 1534.
(2) Examen de ingénias para las sciencias, donde se rnuestra la diferencia de habilidades que hay en las hombres. Amsterdam, Ravestein, 1662, petit in-12.
L'édition la plus ancienne, mais la plus incomplète, est celle de Baeça, 1575, in-8".
(3) Art. Hnarle.
(4) Pars I«, pp. 301-302.
(5) La version latine est intitulée : Hisloria Christi et historia sancti Pétri persice conscripta , sitnulgue mullis modis contaminata, à P. Hier. Xavier, Soc. Jesu, latine reddita et animadvers. notata à Lud. de Dieu. Lugduni Batavorum , 1639 , in-4<' Elzevier.
Le P. Xavier, entré dans l'ordre des Jésuites, à Alcala, en 1.568, mourut le 17 juin 1617. Il avait acquis la connaissance des langues orientales dans ses travaux apostoliques. On pense cependant qu'il avait écrit en portugais son Histoire du Christ et de saint Pierre, dont on lui attribue la version persane, qui serait d'un nommé Abd-el-Kasen, de Laliore.
POINT D'ICONOGRAPHIE CHEZ LES JUIFS. 73 Nous avons donc là une de ces nombreuses suppositions jetées à la crédulité populaire, et qui sont devenues vraies pour la foule, à force d'être anciennes, comme si l'antiquité, qui rend la vérité plus respectable, pouvait donner aucun poids à l'erreur. Il ne serait pas difficile, ce semble, de remonter iusqu'à la source de cet Sources apocryphe, et d'en retrouver mot à mot les éléments apocryphe
de Leiitulus.
dans les différents portraits traditionnels, écrits, qui sont épars soit chez les Pères, soit surtout chez quelques écrivains ecclésiastiques grecs : saint Anschaire, par exemple, Nicéphore Calliste, saint Laurent Justinien et le Français saint Bernaid. On en jugera par les textes que nous allons reproduire. Mais cette étude se rattache par tant de côtés historiques et critiques à l'iconographie linéaire du Sauveur ; les deux questions s'éclaircissent si bien l'une par l'autre, qu'on ne saurait les séparer. On nous permettra donc, pour plus de clarté dans nos déductions, de nous étendre avec quelque détail sur cette double branche de l'archéologie sacrée. Aussi bien n'en prendrons-nous que la fleur, car il faudrait des volumes pour l'épuiser.
Et d'abord, il est évident que l'Homme-Dieu, qui iconofjraphie
• . 1 ., . , . . . , I ihi Messie.
avait voulu naître pauvre, qui na jamais quitte la Palestine que pour la fuite en Egypte, dans sa première enfance, n'aurait pu être peint que par des étrangers, puisque la loi mosaïque proscrivait la reproduction de tout ce qui avait vie, et que dès lors l'art iconographique n'était j)oint pratiqué par les Israélites.
" Tu ne te feras point d'images sculptées , avait dit V Exode, aucune image , soit de ce qui est en haut , au
ciel, soit de ce qui est en bas, sur la terre, ni de ce qui
est dans les eaux, sous la terre (1). »
Cette prohibition divine est loin , il est vrai, d'avoir toujours été observée par le j)euple juif ; mais c'est seulement en des cas exceptionnels, soit en des révoltes sans durée , soit par suite d'ordres exprès de l'Éternel lui-même ou du yrand lé(jislateur, ou des rois, que des figures d'animaux furent représentées dans le désert, dans le Temple, ou dans le palais du souverain. En un mot, l'art des images n'a jamais constitué chez les Hébreux une profession réglée, une })ratique normale. (Juelques notes rapides sur l'histoire archéologique des Juifs avant la venue du Messie, vont prouver d'une façon péremptoire qu'à aucune époque ils n'ont admis le portrait.
Preuves (iiées Et d'abord , on ne saurait disconvenir qu'aux premiers
de l'histoire ^
céiiéraie tcuips de 1 Exodc, après une captivité de plusieurs siècles
(les Juifs, 1 ■ 1 1 I I ' •
.ju'iis n'ont chez un peuple idolâtre, tel que les Egvptiens, quelques
jamais admis , . , . " .
ir portrait Hébrcux ïi aicut bien pu contracter un certam goût des le Messie, arts clc 1 idolatric , et n en aient emporte avec eux le talent pratique : l'érection du veau d'or dans le désert en serait une preuve suffisante. Le fameux serpent d'airain, imj)rovisé par Moïse lui-même, ce serpent auquel les enfants d'Israël brûlaient de l'encens jusque sous Ézéchias et cpii ne fut détruit que par ce souverain , en est une preuve nouvelle. On en trouve ime encore dans la construction de l'Arche d'alliance, où l'ordre de Dieu avait fait entrer la sculpture de chérubins d'or (2).
(1) Exode, XX, 4.
(2) Impossible de dire exartemeiit ce qu'étaient ces chérubins^ Etaient-i'e des corps ailés à f.ice immaine? Etaient-cc îles quadrupèdes.
POIM DICO?<OGRAPHIE CHEZ LES JUIFS. 75 Mais jiisfpic-là, nul portrait de l'Eternel, nul portrait de riionime.
Les Ecritures révèlent , çà et là , chez le peuple juif, un ^oîit artiste dans la métallurgie, dans la sculpture d'ornement, dans la ciselure et la gravure des métaux, dans la gravure de pierres fines. Elles attestent même un style élevé dans les plans et dans l'exécution du temple conçu par David et construit par Salomon. Ce prince, cpii perdit la sagesse à la fin de sa vie, qui avait épousé des femmes étrangères, et qui l)àtit sur un lieu élevé , appelé depuis le Mont du scandale, une splendide retraite où ses femmes sacrifiaient à leurs dieux; Salomon qui finit par se rendre lui-même coupable d'idolâtrie, s'était construit un palais où son trône était flanqué de deux lions auprès des bras , et d'un lionceau à droite et à gauche, sur chacun des six degrés portant le siège (1). Auparavant encore, il avait introduit dans le Temple, comme décoration, des apis ou taureaux d'airain qui supportaient et entouraient une mer de fonte de dix coudées (2), sans doute en commémoration du passage miraculeux de la mer
ailés ou des oiseaux puissants, de force à porter Jéh(jvali dans l'esjjace, suivant l'imajje de Sanuiel? Etaient-ce des liomines debout eonnne en avait fait exécuter Salomon, selon le livre des Rois (III, vu, 36)? Etaient-ce des corps ailés à quatre tètes symbolisant les (juatre Evanj'élistes, suivant limage d'Ézécliiel? Moïse dit on avoir vu de sculptés sur le trône de Dieu; mais il ne les décrit pas. Qu'étaient-ce donc que les chérubins? « Personne, dit riiistorien Josèphe, qui était juif, personne ne le saurait dire ni même le conjecturer. » Le saint des saints avait été détruit par les Assyriens, mais il est bien extraordinaire que la tradition ne lui eût rien transmis à ce sujet.
(1) Bois-, III, X, 19-20.
(2) Rois, III, VII, 25. Paialipomèncs, II, iv, 3 et 4.
Ronge. Il avait ajouté des chérubins ailés sur lesquels rej)osait le tabernacle dans le saint des saints ; puis encore d'autres chérubins colossaux dont les ailes se rejoifjnaient d'ini tabernacle à l'autre (1). Aucun simulacre du Dieu unique , aucun portrait d'homme.
Après le schisme des dix tribus, sous son fils Roboam, on vit reparaître chez les Israélites les idoles de l'Egypte et de Sidon. Le veau d'or, le bouc, le bélier, s'élevèrent en simulacres autour du lac Asphaltite ou mer Morte et dans les terres bibliques. Baal et Astarté envahirent le sanctuaire sous les règnes d'Akhaz et de Jézabel. Vint le sévère Josias , qui fit justice des idoles des Sidoniens et des abominations des Ammonites, et rétablit le vrai culte. Mais toutes ces idoles avaient-elles bien été l'œuvre d'Israélites et non celle d'artistes étrangers? Si Toubal-Kaïn avait, aux premiers temps de la Genèse, enseigné au j)euple de Dieu l'art de confectionner tout instrument de cuivre et de fer (2), il ne semble pas que cet art se soit "constamment perpétué dans sa splendeur, en Palestine. Et de fait, quand David avait voidu préparer pour son fils les matériaux de la maison de l'Eternel , il avait été obligé de demander au roi de Tyr, Hiram, le secours d'ouvriers forgerons (3). D'une autre part, quand Salomon bâtit le temple, avait-il compté sur les seules ressources de l'art judaïque? Non; il s'était adressé au même roi pour en obtenir un homme exceptionnel, intelligent au
(1) jRotv, III, vu, 29 et 44. Paralipomènes , II, m, 10-14, et inèine livre, v, 7 et 8.
(2) Genèse, iv, 22.
(3) Paralipomèiies, II,xiv, 1.
POI>"T D'ICO^"OGRAPIIIE CHEZ LES JUIFS. 77 travail de l'or, de l'argent, de l'airain, du fer, de la teinture, de la ciselure. L'art phénicien était donc venu apporter son tribut à Jérusalem ; et mie véritable armée de tailleurs de pierres, descendue de Tyr et de Byblos (1), s'était jointe aux artistes et aux maçons de Salomon (2).
Les alternatives d'idolâtrie et de culte du vrai Dieu ne furent, il faut le reconnaître, que trop fréquentes chez les Juifs. Entourés presque partout de peuples idolâtres , quand ils n'étaient pas en captivité chez ces peiqjles ; asservis en masse par les Pharaons ; en partie par Salmanasar, roi des Assyriens , et dispersés en Médie, à l'est de l'Euphrate et du Ti^re, 121 ans avant le Christ; en partie, cent quatre-vingt-treize ans après, par Nabuchodonosor et dispersés sur les rives des fleuves de Babylone, il ne resta plus rien des royaumes d'Israël et de Juda. On comprend alors que le cœur ait failli dans la foi à quelques Hébreux. En outre, les conditions territoriales qu'ils retrouvèrent dans l'antique terre de Chanaan , après leurs deux dernières captivités, n'étaient plus celles qu'ils avaient laissées. Les derniers conquérants avaient semé le pays de colonies et d'idoles. La vraie foi, contrariée dans son essor, fleurit plus particulièrement dans hi Judée proprement dite, sous le soleil religieux de Jérusalem. Mais deux fois mise au pillage, IGD et 167 ans avant le Messie , par Antiochus IV Epiphane , la ville sainte vit profaner son temple, en même temps que les Samari-
(1) Byblos, ancienne ville de Pliénicie, à l'extiéniité nord de la côte, aujourd'hui DjéLaïl, près de l'ancien fleuve Adonis.
(2) Bois-, III, V, 18.
territoire de Chaiiaan.
78 LIVRE PREMIKlî.
tains dédiaient lâchement le leur à Jupiter Hellénien ; et la statue de Jupiter Olvmpien s'éleva au-dessus de l'autel du Dieu unique, dans le sanctuaire de Jérusalem. Les armes généreuses des Mâchai )ées chassèrent le dieu payen avec l'ennemi, et, le temple fut purifié. Or, durant toutes ces périodes de désastres , est-il question d'autre chose que d'idoles? est-il question d'iconographie humaine? Jamais.
Hérodeest Hérodc le Grand fut le premier qui dressa, sur l'an-
*^(lrM"e"^deT' ^icu territoire des tribus, des statues votives à l'em-
'Tancien"^ pcrcur romaiu duquel il tenait son pouvoir. A l'orient d'Emath, sur l'ancienne terre de la trihu de Xephthali, près des sources du Jourdain, il bâtit avec splendeur un temple de marbre blanc en l'honneur d'Auguste, et V consacra la statue impériale. Sur l'emplacement de la tour maritime de Straton , dans la Samarie , sur l'ancien territoire de la demi-tril)u occidentale de Manassé, il avait fondé, encore par flatterie pour l'empereur, la ville de Gésarée de Palestine. Un temple qu'il v éleva, sous l'invocation de Rome et d'Auguste, renfermait les statues de ces deux divinités, statues colossales, modelées l'une sur la Junon d'Argos, l'autre sur le Jupiter d'Olvmpie. En même temps, il avait construit dans la ville un théâtre et un cirque avec jeux quinquennaux, à l'intention d'Au(juste ; mais tout cela n'était qu'aux portes de la Judée et non dans la Judée même, qui se fût soulevée contre de pareilles j)rofanations. En effet, quand, pour flatter à la fois Auffuste et les Juifs, ce tvran magnificjne et sanguinaire eut reconstruit le temple de Jérusalem, il termina son œuvre en faisant surmonter d'une aigle d'or la
ICONOGHAPHIE DE DIEU. 79
porte princij)ale ; l'aigle fut abattue en plein jour, et les deux chefs juifs de la sédition, amenés devant le Tieux roi mourant, lui reprochèrent avec fierté, sous la menace de la mort, d'avoir violé leur loi.
En résumé, un savîuit membre de l'Institut, voyageur infati[;able, qui de sa personne est allé interroger les souvenirs des terres bibliques, et qui au retour a su , d'inie plume diserte et incisive , détruire l^eaucoup de théories conçues au fond de cabinets d'étude, sur l'archéologie de la Terre-Sainte, M. F. de Saulcy, n'a laissé sur l'art judaïque aucun point (pi'il n'ait touché. Nulle part, hii (pii possède si bien les témoignages sacrés et profanes relatifs à cet art, n'a rencontré la moindre trace de la pratique d'une iconograi)hie humaine chez les Juifs (1). Les Juifs, en un mot, )i'acceptèrent sur ce point ni les leçons de l'Egypte et de la Syrie, si peu portées, d'ailleurs, comme on le verra plus loin, aux représentations iconiques dans les véritables conditions de l'art; ni les leçons de la Grèce et de Rome, si fort amoureuses de leur iconographie olympique et héroïque.
Que sont donc les types que nous possédons de la figure du Sauveur? C'est ce qu'il nous reste à examiner.
Au commencement de l'expansion de la foi du Messie, l'Église d'Orient, comme l'Eglise d'Occident, eut horreiu' des images. On se contenta d'abord, dans les monuments dessinés et peints, de désigner Jéhovah,
(1) Voir son Voyage autour de la mer Morte et dans les terres bibliaues. Cf. son Histoire de l'ail Judaï'iue.
Dieu le Père.
80 LIVRE l'REMIEIÎ.
Premières Dieu le Père, sous le symbole d'une main avec ou svmboks'de sans nimbe (1), et les portraits du Sauveur et de la Vierge furent des linéaments timides, plus ou moins informes, qui s'essayèrent quand on se fut relâché de l'extrême rigueur iconoclaste. On s'abstint longtemps de représenter Dieu le Père autrement que par des symboles, de peur de tomber dans la reproduction du tvpe de Jupiter Olvmpien et de ménager ainsi une sorte de victoire au paganisme. Ennemis acharnés de Dieu le Père , les Gnostiques allaient jusqu'à lui refuser la divinité et le traitaient comme un t\ran jaloux et persécuteur de l'Agneau. Aussi de la Trinité ne représentaient-ils que Dieu le Fils, le Verbe fait chair. Saint Jean Damascène, qui certes n'était rien moins qu'iconoclaste, puisque l'un de ses vigoureux ouvrages a été écrit contre la destruction des images, saint Jean Damascène, qui vivait au huitième siècle, s'opposait encore non à la peinture, sous figure humaine, de Dieu le Fils qui s'est manifesté aux hommes par son incarnation , mais à l'anthropomorphisme, c'est-à-dire à la représentation de l'essence purement divine ou de la Trinité mystique, attendu qu'il
(1) Voir Bosio, Roma sotte }-rauea, pnf;cs 45. 59, 73, 231, 339, 363 et 367 de l'étlition italienne. Roma, 1632;
CiAMPiNi, Vetera monimeiita , t. I, p. 194 du texte; t. II, p. 22 du texte, et même tome, pi. xvi , xx, xxix, xxxii, xxxv, xlii ;
Cf. SÉRorx d'Agixcourt, Histoire de l'art par les monuments; Peinture, pi. xin,n° 17, pi. xvii , n° 5, et pi. nx;
Enieric David, Discours sur la peinture, pp. 43-44;
Raoul -RocHETTE, Discours sur l'orir/ine, le développement et le caractère des types imitalifs i/ui rnnstitucnl l'art du Christianisme. Paris, Adiien Leclère, 1834, in-8".
Cyprien J{OBKm, Université catholii/nr , t. VII, p. 318.
n'avait pu être donné à l'homme de voir ce qui n'a ni corps, ni étendue, ni fig^u'e sensible; — en un mot, ce qui est invisible (1). On comprend en effet que le docteur s'opposât à ces représentations arbitraires; mais puisque Dieu, j)ar son essence même, est la toutepuissance, il possède la faculté de se manifester à l'œil Jnuiiain sous telle forme sensible qu'il lui plaît de choisir. Dieu avait dit à Moïse, à travers le buisson ardent : -« Tu ne pourras voir ma face ; nul ne saurait me voir et vivre (2), » et cependant il avait apparu deux fois à Abraham en atténuant sa splendeur (3) ; et deux fois éga-
(1) Et u-îv '/àp Tou àopaTOu ôeou sijcova iTTOioùasv, ov-rw; ^laoto- Totvoy.cv. 'Aôovarov yap to àîwaarov y.al àoiaTOv xai àTrEptypaTïTOv xai OLfj/r^iJ.'-lxi'Z-OJ Ei/.ovicOrjvat.
Saint Jean Daniasrrne ajoute que le Cluist, s'étant faic chair, est ■devenu un objet accessible à l'imitation.
JoANMS Damascesi, Opeia omiiia fjux exstaiit, et ejiis nomine ■circumfevuntur. Ex variis editionibus cl cudd. ms\s\ collecta. Ed. Le Quien, Paris, 1712. Premier vol., Dixcours second sur les Images, l^. 331.
(2) Exode, XXXII, 20.
L'inventeur de l'Islam, qui refit la Bible sis cents ans après la "venue du Christ, et prétend que les chrétiens ont falsifié les Ecritures, rapporte à sa manière (cliap. vu, v. 139 du Coran), rpie Moïse tondja évanoui la face contre terre pour avoir essayé de contempler la gloire de Dieu. Les théolo(;iens musulmans citent souvent ce passage pour établir que nulle créature ne saurait voir Dieu sans être sur-lechamp frappée de mort. Ils pensent aussi que l'homme ne peut soutenir réclat d'un ange. Mahomet lui-inèiiie, qui disait communiquer avec Dieu par l'ange Gabriel , avoue n'avoir pu regarder en face cet ange , ■<^jue Dieu lui envoyait sous forme humaine. Néanmoins, la secte des Mystiques, qui s'est formée dans l'Islam, prétend que leurs extases les font jouir de la présence réelle de Dieu. Mais cet illumi- «isme des rêveurs mewlewis et autres ascètes u est pas admis par les sages musulmans. Voir par effort d'imagination ou exaltation nerveuse certains attributs de la Divinité, ce n'est pas voir son essence.
(3) Genèse, xvn et xviii.