PORTRAITS SACRÉS LÉGENDAIRES
courir à l'einbellisseiiieiit du sanctuaire a^jrandi. Léonard pei{]nit une Vierge assise sur les fjenoux de sainte Anne, tableau remplacé aujourd'hui à Saint-Celse par une copie de son élève Salaïno. Cette Vierge de Léonard est un chef-d'œuvre de goût, de grâce, de dessin, de modelé, de coloris. Les Vierges de cet artiste, la plus prodigieuse intelligence de son temps, qui lut universel sans être médiocre en rien, offrent, il faut le reconnaître, un type inférieur à celui de son Christ, et respirent cependant une suavité céleste qui ne le cède qu'à l'ineffable expression, à la grâce incomparable, à l'idéal mystique des Vierges de Ra])haèl et du Fra Angelico.
En résumé donc, toutes les pieuses effigies archétypes
'■ " "^ Caractère
du Christ et de la Vierge n'ont qu'un caractère pure- Ugendairc
des jjortrails
ment légendaire. On peut les classer avec la lettre sacrés. supposée de Lentulus que nous avons longuement examinée dans ce chapitre; on peut les reléguer avec les naïfs récits de la Légende dorée de l'archevêque de Gênes, le dominicain Jacques de Vf)ragine : tous documents hasardés, contemporains de tant d'autres récits romanesques ou mystiques qui bercèrent la jeunesse des nations et leur première candeur, avant que le Christianisme, mieux compris, eût épuré les croyances et fait prédominer l'âme et le jugement sur l'imagination. Ainsi l'on conservait à Rome la trace miraculeuse du pied du Christ, et sur un rocher de l'ile de Malte celle du pied de saint Paul. Ou citait d'autres empreintes de pas d'anges, de saints, et même du diable. Ainsi le Coran signale les pieds d'Abraham sur la pierre noire appelée Hadjar al-Ascrad, au