TOME I
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temple de la Ka'ba , à la Mecque ( I ) . Les traditions indiennes consacrent le Gri-padda, ou marque du pied de Bouddha, au mont Samana, à Geylan (2). On faisait voir près de Damas, suivant Ibn Batuta, l'empreinte des pas de Moïse, comme le vieil Hérodote a rappelé l'empreinte, longue de deux coudées, du pied d'Hercvde, <pie montraient les Scythes sur un roc près du fleuve Tyras (3) . Il y a dans l'ig^norance de tous les âges et de tous les peuples une crédulité pour le merveilleux qui change d'objet sans jamais se guérir, et la superstition, qui parle à l'imagination, dispose, pour se communiquer parmi les hommes, d'une puissance contagieuse que n'a jamais eue le bon sens. En vain le pape Gélase, un des souverains pontifes les plus illustres, les plus savants et les plus sages dont s'honore le Christianisme, fidmina contre les légendes apocryphes, où le faux, puisé le plus souvent dans l'ordre surnaturel, étouffe le vrai et traite avec lui d'égal à égal; malgré tous les efforts de l'Eglise, les légendes triomphèrent. L'art, pai'eil à cet autel d'Athènes dédié au Dieu inconnu, admit dans son domaine tout ce qui pouvait flatter l'imagination des honnnes. Il perpétua les rêveries légendaires dans les églises, au moyen des verrières, ce catéchisme vivant de l'ignorance et des innocentes variations du mysticisme. Ainsi tantôt le Christ fut représenté avec barbe, tantôt sans barbe. Consubstan-
(i) " Vous y verrez des traces de miracles évidents. Là est la station d'Abraham. » Le Coran, m, 91. La station d'Abraham est la place où il se tenait pour travailler à la charpente de la Ka'ba.
(2) Travels o/" lus Batuta, translated by Lee, p. 185.
(3) Hkrodotk, i. IV(3/e//joHU'/ic), 82.