SAINT PAUL ET SÉMÈQUE
tique, de Rome surtout. Dresser l'enfaut à tenir le front haut devant tous les hommes : " Assuescat jam a tenero non reformidare liomines , » pour le préparer à se jeter au ])lus épais de la mêlée sociale, dans le plein jour des affaires publiques : « in maxima celebritate et in média luce reipul)licœ; » voilà une des premières prescriptions de l'éducation , proclamées par Quintilien (1). De pareils principes répugnent à l'humilité du Christianisme; mais les Socratiques et les Stoïciens s'en rapprochent par la pureté de la morale.
L'homme antique s'amusait, de parti })ris, à se Le paycn
amusait a se
tronqjer lui-même. Ainsi l'Égyptien s'obstinait à des tromppr dieux que décnnait 1 é[)izootie. Le Grec, en même temps qu'il caressait son orgueil national, avait symbolisé toute la nature dans sa jnvthologie; et, prêtant une pensée spirituelle et mystique à des mensonges corporels , faisant procéder ses rêveries d'une doctrine morale, il avait personnifié tous les objets de crainte et d'amour; il adorait des dieux agités de passions humaines que leur avait prêtées le Poëte , dans son sublime manuel d'héroïsme, de folie et d'indécence. Or, l'idée de l'être absolu est trop incompatible avec lecaractère temporel, pour que des dieux qui naissent, croissent, se marient, engendrent des enfants, accomplissent des exploits, triomphent ou succombent, ne finissent pas par répugner au bon sens. L'art, qui vit de forme, est de son essence payen ; ce n'est donc pas lui qui devait jamais discuter la mythologie ; mais il y
(1) Livre I", chap. ii.
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avait longtemps que l'ironie des philosophes , des auteurs dramatiques, des écrivains de tout genre, avait rétréci le champ de la crédulité payenne et miné dans ses bases le matérialisme élégant de la Grèce. Il v avait longtemps que certains philosophes, à l'exemple de Polyhe, allaient jusqu'à considérer toute la doctrine des dieux comme une fable inventée par les fondateurs des Etats pour contenir le peuple (1). Il y avait longtemps encore qu'Aristophane, qui se moquait de tout, dieux et hommes, hommes et dieux, avait, sans danger poiu' lui-même, amusé la foule aux dépens du ciel, en pleine mythologie, dans ses comédies de Pliitus, des Oiseaux et des Grenouilles . Que dire de son impudence à hiire mourir de faim le pauvre Mercure et à mettre Bacchus aux prises avec deux cabaretières? Le Mercure du Cytnbalum mundî de Bonaventure des Périers, ce Mercure envoyé du ciel sur terre pour faire relier le livre des Destins tout délabré de vétusté, et qui s'accoste de deux aigrefins qui lui volent son livre, puis, sur ses propos, lui font peur d'un procès en sacrilège, n'est guère qu'une réminiscence des gaietés impies d'Aristophane (2). Plante, dans son Amphitryon, et avant lui Euripide etArchippus, dont les pièces , tirées du môme sujet , sont perdues , avaient fait tout aussi ])on marché de la dignité de Jupiter que le firent chez nous Rotrou et Molière. Lu-
(1) P0I.YBE,//W^, VI, 56.
(2) Il y a une dissertation fort in{;('nieuse de l'Allemand Boetti{;er snr les niofjueries d'Aristoplmiu'. Le latin en est dn meilleur yoùt : Aristophanes, impunitus deontm (jciitiliitm irrisor, dans les Opuscula lul'uKi lie ce savant.