SAINT PAUL ET SÉNÈQUE
quasi-fabuleux Pythagoi e , qui ne sont peut-être pas d'une authenticité sans conteste, mais qui rayonnent d'une haute morale et qu'aimait à relire saint Jérôme. Quelque part, il s'accuse même d'en avoir confondu avec des versets de la sainte Ecriture certaines j)aroles telles que celles-ci :
« Plus que devant tout autre, rougis devant toimême. »
« Honore ton père et ta mère , tes parents les plus proches; et, parmi tous les autres, choisis, dans l'ordre de la vertu, le meilleur pour ton ami (1). »
Voilà de belles paroles où sont déjà l'austérité dans la morale, l'obligation de vivre dans l'ordre et de sauvegarder la dignité de son âme. Mais le sage n'est pas encore le saint. Il y avait un pas de plus à faire ; il y avait à placer à côté des vertus ce qui en doit être la source, le but et la fin, savoir l'espérance d'une autre vie et l'humilité qui rapporte tout à Dieu.
Épicure avait nié hardiment les instincts sociaux et renfermé l'individu dans son bien-être personnel, dans une sagesse repue. Platon, sous l'impulsion de l'enthousiasme moral, avait fait dériver de la morale même la notion du beau, et l'avait identifié avec le vrai et le bon. Mais sa doctrine, comme inspirée parfois d'une sorte de connaissance ou de pressentiment de la révélation , s'était trop souvent égarée dans un vague voisin du scepticisme , dans un mysticisme plein
(1) Voir les Essais de M. Villemais sur le génie de Pindare ^ p. 166.
d'illusions périlleuses, et ne s'était {jiière élevée, dans la pratique, plus haut que les devoirs du citoyen. Disciple de Platon avant d'être son rival, Aristote, génie plus ferme, plus occupé de choses que de mots, moins accessible aux séductions de l'imagination, Aristote, qui a parlé magistralement de l'âme et de la pure et suprême Intelligence, avait fondé son système philosophique sur la raison et sur l'expérience. Le stoïcisme, dans sa logique , avait commencé à étendre lesdevoirs de l'homme à l'humanité tout entière. Le Christianisme est venu achever la révolution et consacrer les droits des individus et ceux des nations. A l'épicuréisme, le calcul égoïste; au stoïcisme, l'équité; au Christianisme, la charité. Où les doctrines de la sagesse antique avaient nié ou hésité , le chrétien conclut et marche ferme et droit, les yeux tournés vers la vie future, aux lumières de la foi : la foi , cette vertu dont vit le genre humain , et que l'Apôtre a définie " la réalité des choses qu'on espère et l'évidence des choses qu'on ne voit pas » .
La Pour finir par Sénèque, comme nous avons com-
j)hiloso()hie i i-
profane mcucé , Tcmarquons que, de toute la littérature ro-
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charité mamc , c est chez lui , et , chose plus extraordinaire
dans Sénèque, , • i i t» / • • • •
même cncorc , clicz son rival de cour, Pétrone , victime ainsi
dans Pétrone. i • i -nt / i
que lui de rseron , que se rencontre la première expression des sentiments précurseurs de la charité chrétienne au sujet de l'esclavage. On trouve dans le Satyricoii du dernier :
« Amis, s'écrie Trimalcion épanoui, les esclaves aussi sont des hommes ; ils ont sucé le même lait que nous, encore qu'un mauvais destin ait pesé sur eux.