‹ Causeries d'un curieuxChapitre 52 sur 124 · MO^'UME>'TS ÉGYPTO-GRECS · texte numérisé non relu

MO^'UME>'TS ÉGYPTO-GRECS

en grande assemblée ; — telles étaient les conditions de la vie dans ces cloîtres antiques. jXe dirait-on pas, à lire dans le ])hilosoplie juif Pliilon, contemporain du Sauveur, la description d'un de ces asiles établi près d'Alexandrie, au-dessus de l'étang de ÎNIœris, qu'il s'agit d'mi de nos couvents, en plein Cbristianisme (2) ; tant les mêmes besoins amènent les mêmes formes de société !

Notre musée est très-riche en documents ptolémaïques. Ceux des autres contrées savantes de l'Europe le sont également , et tout ce que le climat conservateur de l'Égvpte a gardé et que nos sociétés nouvelles ont ravi au vieux monde n'a pas encore été déchiffré. ]M. Hase, dans son cours si savant, si bien Coms de

paléofjrapliie

fait, si paternellement attentif, de paléographie grec- (peajuc

par M. Hase.

que, en a expliqué, sans bruit, un très-grand nombre. Espérons d'autres révélations encore. Voilà que l'infatigable M. Mariette, qui a eu déjà le bonheur d'explorer le Serapeum, a repris ses vaillantes recherches.

Parmi les i)apvrus de notre musée, se distingue un Affichn pour

1 i J " recouvrer

monument unicrue en son j^enre, mais (lui se rapporte "" es'iave

i- u ' 1 11 quisestcnhij.

il un grand nombre de passages d'auteurs anciens où il est fait allusion à l'usage qui l'a dicté : c'est une affiche du 10 juin 1 4G avant Jésus-Christ, portant promesse de récompense à qui ramènera deux esclaves échappés d'Alexandrie. Les signalements le disputent, pour l'exactitude minutieuse, aux signalements les mieux faits de nos passe-ports modernes. Le premier

(1) I'hilon Jrii', Livic do Lu vie coiitfinp/ntivc ou îles veitiif des personnes dé vole s , li:i^;<^ 827 île la traduction citée.

160 LIVr.E DEUXIÈME,

esclave, nommé Hermon , dit Nilos, est Svrien de naissance, d'environ dix-luiit ans; taille movenne, jambes bien faites ; menton à fossette , sans barbe ; le poifjfnet droit marqué de lettres barliares ponctuées (1), etc. Il avait, au moment de sa iiiite, une ceinture contenant en or monnavé trois pièces de la valeur d'une mine (2), et dix perles; un anneau de fer sur lequel étaient un lécvtlie (3) et des strigiles (4). Son corps était couvert d'une cblamyde (5) et d'un perizoma (6). On offre deux, talents et trois mille dracbmes à qui le ramènera (7) ; un talent et deux mille dracbmes (8) à qui indiquera seulement le lieu

(1) Ces sortes tle lettres faites de petits points n'étaient autre chose cpi'un tatouage, comme en pratiquent chez nous les gens du peuple, <ju les sauvages en Amérique.

(2) Environ 97 francs.

(3) Fiole où l'on mettait l'Iiuile pour se parfumer en soi-tant du lj:tin, et que les haigucurs portaient toujours avec eux. C'est Vampulla des Latins, l'ampoule.

(4) Espèces de frottoirs ou grattoirs, de vraies étrilles, dont les Grecs, et après eux les Ilomains, faisaient usage au bain. Les esclaves, armés de cet instrument, remplissaient la fonction de nos baigneurs et des masseurs de l'Orient. Xénoplion, livre I*'' de son Expédition de Cyrus, parle d'un capitaine du jeune Cvrus, nonnné Xénias, qui distribua des strigiles d'or à des fêtes qu il fit célébrer. On a une pierre gravée et une coupe, toutes deux étrusques, publiées, l'une par Winckelmann, l'autre ]iar le comte de Cavlus, qui représentent des ijersonnages tenant en main des strigiles. Tous les musées en possèdent.

(5) La chlamyde était le manteau léger et court, venu de Thessalie ou de Macédoine. L'analogue s'appelait paludunientinn chez les Romains et était le vêtement de l'ordre équestre, vealitus equester. Chez les Grecs, c'était celui des jeunes gens de l'Attique jusqu'à 1 âge de la virilité.

(6) Ceinture.

(7) A peu près 14,000 francs.

(8) Environ 7,500 francs.

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