PAPYRUS ÉPISTOLAIRES
Cacheter une lettre s'appelait epistolam signare ou ohsignare. « Vite, dépêchons, dit Chrvsale, dans les Bacchides de Plante, après avoir dicté une lettre à Mnésilochus , vite de la cire, du fil. Attache et cacheté promptement : Cedo tu ceram ac linum, actutum âge, obliga, obsigna cito (1). »
L'abbé d'Olivet fait observer avec raison, à propos Comparaison
de notre
de la lettre fermée que Cicéron a ouverte en coupant manière de
fermer
le fil, que cette façon de fermer les lettres a été long- les lettres
avec celle
temps en usage dans nos sociétés modernes, surtout à des anciens. la com\ En effet, l'usage de plier les lettres h bords rentrants n'est un peu ancien que chez les savants et chez les moines. Celui des enveloppes toutes faites est moderne. A la cour et dans le monde élégant, on ])liait le papier plusieurs fois en travers, puis en hauteur, et l'on mettait les deux J)ords de niveau. On perçait l'extrémité à bords libres d'une ou de plusieurs fentes où l'on passait et repassait luie qiieiœ de papier ou un cordonnet, et l'on arrêtait cette queue ou ce fil avec un cachet soit de pâte, soit de cire à modeler ou de cire d'Espagne (2). Souvent on tirait cette queue de la marge de la lettre même, en la laissant adhérente au ])apier, de sorte que la missive portait en elle-même son lien , que l'on passait dans les fentes comme on eût passé une queue volante. On la scellait de la même manière. C'est encore ainsi que se ferment aujourd'hui les lettres closes de grand office. On introduisit ensuite à la cour les lacs
(1) Bacchld., IV, IV, 96.
(2) Ou voit encore dans los caliincts de cunciix de petites lames à douljle traneliaiU que l'on jireiid |)(iiir des ]if)i{;uards et qui n'étaient en réalité (juc des eoutc-aux à ieudre les lettres pour les fermer.
de soie gré^^e avec quoi l'on fermait le bout des lettres pliées et repliées sur elles-mêmes, et la soie se fixait sous un sceaTi de cire d'Espagne. Cet usage a subsisté jusque sous Louis XV dans la société polie, et s'est conservé, de nos jours, dans les cabinets et les chancelleries européennes pour les correspondances de la main , de souverain à souverain. La soie est de la couleur principale de l'écu du pays : bleue pour la France, rouge pour l'Angleterre, et ainsi de suite. A qui est due ^ l'exccption du billet de Sempamonthès , déchiffré expLcrtioTde P***' mon savaut luni M. Brunet de Presle, de l'Institut,
ces documents i • - !• x' l ] t. -t. 't. '
(,réco- h^ première exphcation de ces documents avait ete
«^iiiP'"^"* donnée par M. Hase, dans son Cours de paléographie
Encore et de grec moderne. La publication en est due ii
jM. Hase. i i / • > •
M. Letronne, un des hommes les plus éminents qu aient M. Letronne. ])roduiLs les scieuccs archéologique et philologique, et que nous pouvons opposer, avec avantage , aux savants les plus puissants de la savante Allemagne. Il se ])roposait de donner la traductioîi de soixante et <}uelques papyrus de notre musée du Louvre, desquels il n'a achevé que trois on quatre fragments, publiés dans le Journal des savants, et qu'il a réimprimés a la suite de l'édition d'Aristophane qui fait partie de la Bibliothèque qrccquc de Firmin Didot. Que n'eùt-il point trouvé dans le reste! Quand Auguste vint en Egypte, il eut, dit-on, hi curiosité de voir et de toucher le corps d'Alexandre; et, sous le doigt de l'audacieux, le nez du compiérant tomba en poussière (I). Plus heureux, M. Letronne eût rendu la vie
(1) Mot à mot : « Le bout du nez fut clnéL-lu'- : tOj-rï Ti TV",; pivo; S^pctusO^vai. .. Dion Cassils, li, 16.