‹ Causeries d'un curieuxChapitre 71 sur 124 · INSCRIPTIONS MURALES A ROME · texte numérisé non relu

INSCRIPTIONS MURALES A ROME

tité absolue, révoltait naturellement les sectateurs tic la promiscuité polythéiste. C'était donc le jeu des payens de battre en brèche la foi nouvelle par les armes du ridicule, et de représenter les Chrétiens comme de vils et imbéciles sectaires. On voit en effet, par l'épitre premièn^ de saint Paul aux Corinthiens, que l'idolâtrie prenait à tàclie de tourner en ridicule la mort ignominieuse du Christ. « Pour nous, disait-il, nous prêchons Jésus-Christ crucifié, qui est un scandale pour les Juifs et mio folie pour les Gentils (1). » Aussi l'art, d'al^ord timide et prudent, s'abstint-il de reproduire le Christ en croix. On voila les mystères du sacrifice divin sous des allégories. On imagina celles d'Orphée, de Jouas, de Daniel dans la fosse aux lions, du bon Pasteur, ou du Phénix toujours renaissant, ou bien encore l'emblème de l'Agneau sans tache expirant au pied d'une croix, ou la figure d'un adolescent foulant de ses pieds nus un lion et un dragon [concidcahis leonem et draconem). Vint, en G91 , sous Justinien II, le concile de Constantinople, In trullo , (pii prescrivit de préférer la réalité aux allégories, et de montrer le Christ dans toute la poignante réalité de son sacrifice volontaire. Le génie grec répugna longtemps encore à ces doulom-euses représentations, en quelque sorte dégradantes à ses yeux; et les Latins euxmêmes ne s'y prêtèrent qu'avec mauvaise grâce, s'obstinant à maintenir une allégorie devenue inintelligible à force de mysticisme.

(1) Ep. I, (11. I, V. 23. — Cf. Arnotî., Adv. Cent., I, f. v et vu de i'édit. de 1542; et Lacta^t., Divin. Insl., IV, xvi.

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