PH.E
(1) Cedrem Coinpeiidium. histoiiarum , t. I, p. 353 de l'édition ;;recque-latine du Louvre; ou page 619 de l'édition de Bonn.
(2) Page 43 de l'édition de Bonn.
(3) Vita Augusti, cli. 71 et 87.
Cf. AtLu-GELi.., IX, 14.
les Romains
AUTOGRAPHES CITES PAR LES ANCIENS. 211 Syinmaqiie emploie ce mot d'une manière al)Solue : suijstantive-
iiieiit par
Vetustatis exeniplian de al'TOGRAPHO tuo (1). .Syinniuijiie.
Suétone donne pour synonyme le substantif chirofjraphe, qui est aussi le mot cicéronien. Dans le chapitre LXXT de sa TVe d'Auguste, il dit : « J'ai remarqué qu'il ne sépare pas les mots dans son clurographe, c'est-à-dire quand il écrit de sa main : « Notavi et in CHiROGP.APHO non dividit verba. » Le même Suétone (2) parle de vers autographes de Néron : Versus ipsius
GHIROGRAPHO scripti. »
En ces deux passages, le mot chirographc doit, ce chirographe, semble, s'entendre de l'écriture autographe en général. Mais il ne parait pas avoir un sens toujours aussi étendu, et il signifie parfois la signature seulement. Il me parait probable qu'il veut dire toute l'écriture, quand Suétone, parlant d'Auguste (3), rapporte qu'il exerçait ses petits-fils à imiter son chirographe , chirograplium suuni. Mais quand le même Suétone écrit que « Titus savait imiter le premier chirographe venu, et que ce prince disait lui-même, à ce propos, qu'il aurait été un excellent faussaire (4), » est-il bien certain que l'auteur voulût dire l'imitation de toutes les écritures , chose autrement difficile que la simple imitation de signatures. Ne peut-on pas admettre, avec la plupart
(1) Symmacui Ep'islolarum nova editio. Gasp. Scioppius recensiiil. Maguntiaci, J. Alblnus, ann. M D C VIII. Epist. III, 2.
(2) 52" chapitre de la Vie de Néron.
(3) Yita Au(jiist., «11. 64.
(4) 11 Imilari(|iie cl]iio;;ra])lia (jiiœi'uiujuc viilissct, .ic sœpe pioHteri : se inaxiiiiMin lalsariuin esse poliiisse. » Suet., Vita l'iti.
des interjîrètes, qu'en effet il s'agit seulement de l'imitation de signatures?
Cependant, avant Suétone, Gicéron avait employé ce mot dans les deux sens (1).
Un autre passage de la seconde PhiUppique (2) revient au sens général de l'écriture autographe : " Quelles seront, dit Gicéron à Antoine, vos preuves et movens de conviction? Sera-ce l'écriture? Mais c'est chose où vous êtes passé maître et qui vous a fort profité. Mauvais moyen , car la lettre est de main de secrétaire : Qho me teste convincas? An CHIROGRAPHO? In nuâ habes scientiani rjuœstiiosani. Qui possis? Sunt enini lihi'arii manu. »
Le mot chirographe voulait donc dire aussi hien écriture autographe que simple signature.
On appelait également chirographe chez les Latins, la cédule ou hillet d'un débiteur , écrit ou souscrit de sa main, ou revêtu de son sceau. Dans tous les cas, Gicéron n'emploiç nulle part , dans cette acception , le mot chirographe , qui fut adopté chez nous pour les actes de garantie, à l'époque où le latin avait envahi la langue judiciaire.
idiograpiic. I^G son côté , Aulu-Gclle fait usage adjectivement du mot idiographe pour désigner un manuscrit autographe de Virgile : « Je suis, dit-il, fort disposé à croire ceux qui disent avoir vérifié, dans un manuscrit idiographe de Virgile : Quod circa factum hercle est ut facile iis cre-
(1) Voir, pour le premier, la treizième lettre du second livre, Ad familiares , et livre II, épilre xx^ des Letlies à Atlicus. Pour le second, voir De naturâ Deoium , 1. III, ch. xxx.
(2) § iv.
AUTOGRAPHES CITES PAR LES AINCIENS. 213 dam nui scripseriint IDIOGRAPHUM LiiiiîiM Virgilii sese ùispexisse (1).
Antérieurement à Cicéron, les Latins paraissent avoir usé d'une périphrase pour rendre le sens que nous attachons au mot autographe pris substantivement. Remarquons toutefois qu'en allemand et en anglais, quand on dit seulement V autographe de tel persomiage, on entend sans plus une simj)le signature. Si l'on veut indiquer qu'une lettre est tout entière de la main , on dit lettre autographe .
Les auteurs latins abondent en mentions de docu- Mention
il aulojjraphes
ments épistolaires ou autres, soit entièrement, soit en «lans les
auteurs latins.