TOME I
([111 usaient
(les notes tiiouieiiiies.
cicéronuse Plutarqiio rap])orte cpie ce fut ])ar ce moven que Ci-
adroitement , , •, • ^ 1 u
de ces notes ccFoii rcussit Un jouF u sc procureF le texte exact d un
mi discours discouFS de Gaton, en distFibuant parmi l'auditoire
plusieurs scFibes habiles dans l'aFt d'écFiFe en notes,
c'est-à-dire, comme nous le diFions de nos jours, des
sténogFaplies (1).
Auffiiste Auguste, déjà veFsé dans la CFvptogFapliie, donnait
]>etits-His lui-même, au FappoFt de vSuétone, leçon de tachygFa-
taehygràpiiic. pHic à SCS pctits-fils, cu même temps cp'il s'amusait à
leur appFendre à imitcF son écFituFe (2).
iNIais cette sténogFaphie si loFt usitée chez les Romains, était, comme les alphabets secFcts, d'invention gFecque, et tFès-ancienne. Diogène LaëFce en fait remontcF l'usage jusqu'à Xénophon, lequel, dit-il, est le pFemicF qui s'en soit scFvi pouF relevcF les discouFs de Socrate, dont il fut l'éditeuF (3). Diogène LaëFce emploie l'expression u-ocyîy.stwcafjieyoç , écrivant par signes , comme GicéFon disait : otà cr,u.zMy, ])ar notes. Jusqiirs il II existe à la Bibliothèque irapéFiale un manuscrit
(iiiaiid , . . . , ,
fut conservé tFcs-ancieu en notes UFomennes. L usage de ces notes
•les notes s'cst conscFvé jusqu'au onzième siècle, et l'on a encoFC
des lettres du fils de ChaFlemagne, Louis le DébonnaiFe,
L'n i)<-n.(iiiin (jui sout écFitcs avcc CCS soFtcs de caFactèFes. Le béné-
reconstitiie t • i t-»- r» • l' • T
!<• lexique dictiu doui PicFFc LaFpentieF ayant eu 1 occasion d examincF ces lettFes, fut conduit à faiFe une étude paFticulièFe des notes tiFoniennes, et publia, en 1747, le
(1) Plut., Vie de Caton, c. xxiii.
(2) SuETON'., Aiigust., c. 64. « Nepotes et literas, et notare, aliaque ludimenta, per se plerumque docuit : ac nihil aetjue elaboravit, (juain ut iinitareiitur cliirufjrapliuin siiuui. »
(3) L. II, p. 45 G de l'cdilion de Loudics, 1664, lu-l'ol.
résultat de ses recherches. C'est un fort savant travail, qui a reconstitué l'alphabet tironien (1).
Notre sténofjraphie est-elle plus habile que ne le lut Le stylet
des
celle de l'antiquité? C'est un fait qu'il serait difficile siénoyiaphes
T ' • -1 1)1-1' anciens
d apprécier, et qui, du reste, est peu probaJ)le, si 1 on romait-ii
, . I . . , l>liis vite
S en rapporte aux auteurs qui vantent les tironicns de <[iu> la plume
, , , , , . (les nôtres?
suivre et même de devancer la parole, témoin ce passa^je de Manilius parlant d'un « ISotarius » qui rend un mot par une lettre, et dont les notes vont plus vite que la langue (2) ; témoin encore cette vive épifjramme de Martial : « Si vite que volent tes paroles, sa main est plus rapide encore; ta langue n'a pas achevé que sa plume a fini (3). » Et cette épitre d'Ausone à un sténographe, épitre d'un (joùt charmant, et qui mériterait d'être citée en entier : « A peine l'intime pensée de notre cœur s'est-elle fait jour, c|uc déjà elle est sur tes tablettes; ma parole même, tu la devances (4). »
(1) Alphabelum tironianuvi , seu notas Tironis explicaitdi rtiethodus. Paris, 1747, in-fol.
(2) Lib. lY, V. 197 :
Ciii litlera vcrbuni est, Quique notis linfjuain siiperat.
(3) Epi(jr., XIV, 208 :
Currant verba licet, manus est velocior illis; Nondum lingua suum, dextra peregit opus.
(4) Carm. 146 :
Tu sensa nostri pectoris Vis dicta, jani ceris teaes, Tu me loijuentcm pra;veuis.