‹ Causeries d'un curieuxChapitre 83 sur 124 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

toi et tes descendants veniez vous briser. Considère quelles puissantes nations, après avoir tenu tête à ce peuple, sont devenues ses vassales ! On raconte bien que les Gaulois l'ont battu , qu'ils ont même été jusqu'à porter l'incendie dans sa capitale immense : que sontils aujourd'hui? Asservis aux Romains. Que sont également les Africains? N'ont-ils pas aussi triomphé de Rome? Eh bien ! comme les autres, ils lui sont soumis. Sans parler d'exemples plus anciens et moins connus, citerai-je Mithridate, roi de Pont, jadis maître de toute l'Asie? N'a-t-il pas été vaincu? L'Asie n'estelle pas devenue une province de l'empire romain? Si tu écoutes mon conseil, tu saisiras cette occasion de faire la paix et tu rendras Valérien à ses peuples. Je te féliciterai de ton succès , à condition que tu saches en profiter. " Lettre A'icut ensuite un Balérus , roitelet du petit pays des

de"caJi!lièn's, Cadusicus , près de la mer Caspienne, qui parle du même ton :

« Je ne sais pas trop, dit-il à Sapor, si j'ai à te féliciter d'avoir fait prisonnier le Prince des Princes, Yalérien. Je t'en louerais davantage si tu le rendais. Les Romains ne sont jamais plus redoutables qu'alors qu'ils sont vaincus. Suis donc les conseils de la prudence, et ne te laisse pas aveugler par la fortune qui en a perdu tant d'autres. Valérien a un fils empereur, il a un petit-fils césar. Que dis-je ? il a le monde, l'univers romain qui se lèvera tout entier contre toi. Rends donc Yalérien à Rome et fais avec elle une paix qui nous deviendra profitable à lious aussi , à cause des nations Pontiques. »

Baléi

lis.

DE QUELQUES ÉCRITS DE L'AKTIQUITÉ. 291 Ne dirait-on pas que Belsolus et Baléius se sont donné le mot?

Que penser de la troisième lettre?

« Je participe à ta {jloire^ mais j'appréhende que Letue

, . . , , . . , . , . d'Artabasdps ,

tu n aies moms gagné la victoire qu attisé le fover de la roi d'Arme uie guerre. Valéfien sera réclamé par son fils, par son petit-fils, par les généraux romains, par toute la Gaule, par toute l'Afrique, par toute l'Espagne, par toute l'Italie, par toutes les nations qui peuplent nilyrie, et l'Orient et le Pont, qui toutes sont ou dans l'alliance ou sous la domination des Romains. Pour n'avoir fait prisonnier qu'un pauvre vieillard , tu as soulevé tous les peuples de la terre contre toi , et peutêtre aussi contre nous qui t'avons envoyé des auxiliaires, qui sommes voisins des deux empires, et par là même subissons toujours cruellement le contre-coup de tes luttes avec la république romaine. »

Cette lettre serait d'un Artabasdes, roi d'Arménie, 1-ex Armeniorum , roi impossible d'un royaume imaginaire, puisque la grande Arménie, champ de bataille ordinaire des Romains et des Perses, avait été conquise en 232 par Ardeschir {Artaxerce), premier chah de la race des Sassanides et père de Chah Pour I", le Sapor dont nous nous occupons , et qu'elle ne cessa d'être une dépendance de la Perse qu'en 286. Or, la défaite de Valérien est de la fin de 259, et sa mort est généralement placée dix ans après, par conséquent dix-sept années avant que l'Arménie reprit son indépendance (I).

(1) On ])eut consulter sur ce point Moyse de Kliorène, l'historien

Or, qu'aurait pu être le chef des Arméniens écrivant h Chah Pour? Ou bien un roitelet, ou bien un satrape délégué. Il eût fait beau voir un etiimal-el-daulet , un petit lieutenant, ne pouvant parler au Roi des Rois que le front dans la poussière , se donner les airs de gourmander son maître du ton d'un prévôt châtiant un écolàtre! La supposition est absurde, ou bien il faudrait admettre que le maladroit aurait amljitionné la gloire d'être empalé ou empaillé à son tour.

En résumé, toutes ces lettres, de quelque façon qu'on croie pouvoir les retourner, ne sont que de flagrants apocryphes : fantômes troués des vieux paradoxes d'autrefois. Quelque arrangeur sophiste aura passé par là ; peut-être ce Julius Cordus, auquel Trébellius Pollion dit avoir emprunté les trois dépêches. Dans tous les cas, la mort de Yalérien et les ignominies dont il avait été aljreuvé ne furent point vengées. Son fils Gallien, apprenant la fin de son père, se borna à dire : « Je savais bien que je n'avais eu pour père qu'un mortel; » et se revêtant des débris de la pourpre, j'allais dire du linceul de Valérien, il mit ce prince au rang des dieux, expédient moins cher que de le venger.

Pendant qu'il faisait avec répugnance encenser les statues à peine éJjauchées du défunt, le fils ordonnait

arménien de l'Arménie. Sa supputation est tllfférente, mais elle arrive au même résultat.

La grande Arménie, formée des pays situés à l'est de l'Euphrate, est ce qu'on appelle aujourd'hui la Turcomanie et le Curdistan. C'était, comme nous le disions, le champ de bataille ordinaire entre la Perse et Rome. La petite Arménie, beaucoup moins fameuse dans l'antiquité, s'étendait à l'ouest de l'Euphrate et comprenait les contrées de Sébaste, de Mélitin, de Kokat et de Césarée.

DE QUELQUES ÉCRITS DE L'A:STIQUITÉ. 293 qu'on lui élevât à lui-même une statue une fois plus haute que le colosse de Rhodes, et dans le costume que l'on prête au soleil. Il fallait à sa grandeur quelque chose de colossal et d'olympique. La statue n'était pas achevée que cet homme « qui ne vivait que pour son ventre et pour le plaisir, natiis abdomini et voliiptatibus , )) fut tué. Claude et Aurélien dispersèrent les débris du colosse (1).

Flavius Vopiscus , de Syracuse , n'aurait pas mieux vopiscus

>- •> '^ mieux

demandé que d'être un historien ; mais à trop peu de informé nue

\ ' ^ ^ Trébellius

stvlc il unissait trop peu de défiance de son propre PoUio. enthousiasme, pour atteindre à une telle hauteur qui impose tant de conditions de savoir, de jugement et de sang-froid en même temps que de coloris et de chaleur. Du reste, homme de scrupule et de bonne foi, nourri aux bonnes traditions de son aïeul et de son père, qui avaient vécu dans une certaine familiarité avec l'empereur Dioclétien ; favorisé par le préfet de ^ quelles

^ ^ ^ source''

ïlome , qui lui avait ouvert le trésor historique de la '^ =» P» bibliothèque Ulpienne, il n'a pas marché à l'aventure. Quand ses sources ne sont pas originales, ill'avoue avec autant de simplicité qu'il met de fierté à se vanter du contraire, à étaler ses relations avec ce préfet de Rome, parent de l'empereur Aurélien, Junius Tibérianus, qui lui avait aussi communiqué les éphémérides de l'empereur écrites sur toile de lin , sous la dictée de ce prince lui-même (2). Il cite avec orgueil

sources isé.

(1) La statue colossale devait être placée au mont Esquilin. Elle devait tenir une lance dans laquelle un enfant aurait pu monter jus- .qu'en haut. Voir Trébellius Pollio, Galleni duo, Hisl. August.

(2) Voir le début de son Histoire d' Aurélien.

les lettres, les discours, les rescrits, les relevés des registres d'ivoire qu'il a eus à sa disposition. S'agit-il d'un sénatus-consulte , il veut qu'on sache bien qu'il l'a puisé aux sources : « Afin, dit-il, qu'on ne s'imagine pas que j'aie accepté à l'aveugle le témoignage de quelque écrivain grec ou latin , je dirai qu'il y a dans la sixième armoire de la bibliothèque Ulpienne un livre d'ivoire où ce sénatus-consulte est transcrit, et que Tacite a revêtu de sa propre signature ; car il y a longtemps que les sénatus - consultes regardant la personne des empereurs sont écrits dans des livres d'ivoire (1). « Malheureusement le récit des guerres qu'il trouva aux archives Ulpiennes était l'œuvre, toujours un peu suspecte, d'écrivains grecs, et c'est Nicomaque Tout qui lui a fourni les deux fameuses lettres d'Aurélien

bien informe

fpi'iisoit, et de Septimia Zénobie, comptées parmi les plus beaux

il eiiipriiiife

des documents documeuts de l'autiquité. Encore qu'un peu déclama-

au Grec

Nicomaque. toircs , CCS documcuts n'out, il est vrai, contre eux que cette seule origine ; mais dont, je le répète, on ne saurait s'empêcher détenir compte. En effet, ne semblera-t-il pas toujours un peu extraordinaire qu'un homme disposant à sa guise de tant de ressources authentiques , ait eu recours à un Nicomaque pour de si importants détails? Est-il présumable que ni les éphémérides de l'empereur ni ses riches archives si bien tenues , n'aient gardé de première main aucune trace de l'épisode éclatant de la correspondance de Zénobie?

Ces réserses faites, il faut reconnaître, comme nous l'indiquions, que si les lettres ne sont pas vraies,

(1) Vie de l'empereur' Tacite, cli. vni.

DE QUELQUES ÉCRITS DE L'ANTIQUITÉ. 295 elles ont été bien inventées ; qu'elles sont parfaitement en situation, et répondent de tout point à l'histoire de cette reine de Palmyre, étincelante, de son temps même , d'une auréole toute romanesque , et dont le prestige semble triompher encore du san^j-froid de la critique moderne. Gomment s'en étonner? Le courage et l'audace de cette femme extraordinaire, l'éclat des monuments palmyréniens qu'elle a laissés et dont les ruines ont encore de nos jours tant de splendeur; les lumières de son esprit, formé aux délicatesses de la civilisation grecque par le philosophe Longin, son maître de littérature et son ministre, tout, jusqu'au lointain de sa renommée, contribuait et contribue encore à dicter à son endroit de brillants rapprochements avec ces illustres reines de l'antiquité assyrienne et ptolémaïque dont la personnalité idéale résumait en elle seule les multitudes , et que les vices ni les crimes n'ont pu diminuer à travers les âges. Il n'est pas même jusqu'à la jjeauté présumée de Zénobie (on veut toujours que les héroïnes aient été belles) qui n'ajoute encore à l'intérêt d'étonnement et de curiosité qu'elle inspire. « Le nez de Gléopâtre, s'il eût été plus Le nc^

de Cicopàtre.

court, a dit Pascal, toute la face de la terre aurait changé (1). "

Zénobie était une femme d'action. On la peint Zénobie. partageant, comme toutes les femmes arabes de son temps, les fatigues d'Odenath, son mari; s'associant avec ardeur aux expéditions qui humilièrent l'orgueil du féroce Chah Pour, et poussèrent les armes

(1) Pensée!;, xci ; Vanité, j). 207, t. I'''" de l'édition de M. Faujjère.

victorieuses d'Odenath jusqu'aux portes de Ctésiphon. Son esprit s'enfle par le triomphe. Devenue veuve (elle y avait, dit-on, un peu aidé), elle se déclare reine de l'Orient et fait de Palmvre la capitale de son empire. Elle s'attaque Elle s'était attaquée à Rome ; elle bat un lieutenant du

à Rome.

Eiieestbattue. làclie empereur Gallien. ]Mais battue à son tour par l'empereur Aurélien, près d'Antioche et près d'Emèse, elle tient encore ; et le cœur rehaussé par Longin , elle ne désespère pas de sa fortune , qui tout à l'heure va la trahir. Attaquée dans sa capitale où elle s'est réfugiée, elle oppose aux aigles romaines une résistance opiniâtre et sanglante, elle fait harceler les légions impériales dans le désert par une nuée de détrousseurs, et, à l'abri des murailles, le bras d'une femme insulte

Elle soutient aux impatiences et aux colères de l'empereur. C'est

un siège

dausPaimyre. aiusi quc sc préparaient les circonstances qui devaient dicter les lettres si fameuses.

Chose remarquable ! Aurélien avait rencontré, dès son début à l'empire , deux femmes pour ses plus redoutables ennemies : Victoria, dans les Gaules ; Zénobie, en Orient. Sous le précédent règne, le troupeau des sénateurs esclaves qui votait par acclamation , criait tumultueusement à Claude le Gothique, au sein du Sénat : Claude, Auguste , tu es un pèi'e , un J-rère , un ami, un excellent sénateur, un empereur véritable (et cette exclamation fut répétée quatre-vingts fois) ! Claude Auguste, délivre-nous d'Auréole (cinq fois) ! Claude Auguste, délivre-nous de Zénobie et de Victoria (sept fois) (1)! On voit combien , depuis longtemps, Rome

(1) Ilistoria Augiista, Vita Claudii.

DE QUELQUES ÉCRITS DE L'AIN TIQUITÉ. 297 irritée avait h cœur la destruction de Zénobie. Auréiien prenant ces voix du sénat pour lui-même, avait marché d'abord contre Victoria. Mais, alors qu'il était arrivé dans les Gaules, elle venait d'expirer, et il n'avait plus trouvé que le tyran Tétricus , gouverneur de l'Aquitaine, qu'elle avait fait empereur à Bordeaux, et qui , indigne de son origine , avait trahi ses soldats et s'était rendu. Aurélien alors courut à Zénobie. Auréiien irrité

!.. court

Pour elle , soutenue par le souffle de 1 ambition et en armes

II' -i 11 • 1 • contre

de 1 orgueil , elle tint contre tous les orages , mais un zénobie. jour était proche où elle allait elle-même renoncer ses plus énergiques et fidèles amis.

Cependant Aurélien, humilié devant Palmyre, bouil- il assiège

1 11- -11 • • • • 1 Palmyre.

lonnant de depit aux railleries qui transpiraient de Rome contre ses luttes avec une semblable rivale , perdait patience : « A entendre les Romains, écrivait-il à Mucapor, je m'amuse à ne faire la guerre qu'à une femme, comme si cette Zénobie combattait seule et avec ses seules forces contre moi. Ne m'oppose-t-elle pas au contraire autant d'ennemis que le pourrait faire le premier des hommes?... Qui savirait décrire l'appareil de guerre qu'elle déploie , le nombre de flèches , le nombre de dards, le nombre de pierres? Nul espace sur les murailles qui ne soit armé de deux ou trois balistes, et les machines vomissent jusqu'à des feux. Elle a peur comme une femme , elle combat avec fureur en désespérée , comme une coupal)le qui craint le châtiment (1). )• Enfin, lassé de la lenteur du siège, l'empereur anima ses troupes, et, voulant frapper un der-

(1) Flavius VoPiscus, Vie d'AurcL, xxw.

Lettre tlAurélien a Zéiiobie

pour

la sommer

de se rendre.

Réponse de Zénobie à Aiirélien.

nier coup , il prépara un assaut furieux ; mais avant de le livrer, il fit une tentative suprême pour avoir la ville par composition , et voici , dit-on , la lettre qu'il écrivit à Zénobie :

« AURÉLIEN , EMPEREUR DE l' CXI VERS ROMAIN ET DOMI- NATEUR DE l'Orient, a Zénobie et a ceux qui font cause coiDiUNE avec elle DANS LA GUERRE. Vous auriez dù faire de vous-même ce qu'aujourd'hui ma lettre vous prescrit. Je vous somme de vous rendre. Toi, Zénobie, tu iras vivre avec tes alliés dans la retraite que je t'assignerai, d'accord avec l'illustre Sénat. Tu remettras aux mains de nos intendants tout ce que tu possèdes d'argent, d'or, de soieries, de chevaux et de chameaux. Les Palmyréniens garderont leurs lois. »

Trop confiante dans sa position quasi-insulaire au milieu d'une mer de sable; persuadée que l'empereur ne pouvait , pour un si long siège et une si grosse armée, organiser des convois de vivres sans qu'ils fassent enlevés par les Arabes du désert , Zénobie répondit sur un ton de révolte et de dérision.

La lettre d'Aurélien était en grec; la reine écrivit dans sa langue, qui était un dialecte du syriaque :

«ZÉNOBIE, REINE d'Orient, a Aurélien Auguste. Personne encore que toi ne m'a adressé par lettre une injonction pareille à la tienne. C'est à la valeur à décider en toute chose de guerre. Tu veux que je me rende : ignores-tu donc que Cléopàtre aima mieux mourir dans sa dignité de reine que d'accepter grâce de la vie avec d'autres honneurs? Le secours des Persiens ne nous faudra pas, et déjà je l'attends. Avec nous sont les Sarrasins, avec nous les Arméniens. Les brigands

DE QUELQUES ÉCRITS DE L'ANTIQUITÉ. 299 de Syrie , Aurélien , ont battu ton armée : que sera-ce donc quand seront arrive's les renforts que nous attendons de toute part ! Alors sans doute tu rabattras de cet orgueil avec lequel tu m'enjoins de me rendre, comme si tes armes avaient fait de toi le maître et dominateur universel (1). »

Après une semblable lettre, il eût fallu vaincre; la Zénnbie

prisonnière,

fortune en avait décidé autrement. Encore quelques fi{;ure

.au triomphe

jours, et Zénobie vaincue, réduite dans sa capitale, d'Anréiien fuyait et était enlevée par les troupes d Aurélien. Plus 273. tard, on la vovait, marchant affaissée sous le poids des pierreries , parer le triomphe de l'empereur, à la rentrée de ce souverain à Rome. Reine les armes à la main , l'élève de Longin ne fut plus qu'une délatrice dans les fers. Elle rejeta l'obstination de sa résistance et l'orgueil de son langage sur ses ministres , sur les complices d'une conspiration , vraie ou fausse , contre Aurélien ; et l'illustre Longin , le maître et le conseil de la reine, Longin soupçonné d'être l'auteur de la lettre, fut décapité, victime généreuse dont la mort pèse sur la mémoire du vainqueur.

Nous pourrions ajouter, en terminant ce chapitre, que l'historien Josèphe, répondant aux soupçons exprimés par Justus de Tibériade sur l'autorité de son Histoire des Juifs, prétend que l'empereur Titus l'a souscrite de sa propre main, ou plutôt scellée de son

(1) Ces deux lettres ont été citées par INI. Ejger dans un travail lu à l'Institut, le 14 août 1858, sous le titre de : Observations historiques sur la fonction de secrétaire des princes chez les Anciens, La seconde avait déjà été reproduite par Boileau Despréaux , en tète de sa traduction du Traite du sublime, attribué à Lon'an.

cachet, car c'était alors la façon de si^jner, en témoignage de l'exactitude toute particulière qu'il y reconnaissait sur ce qui touchait à la guerre judaïque. Il prétend aussi que le roi Agrippa lui a écrit, à la même intention, soixante-deux lettres, parmi lesquelles il choisit et transcrit deux billets d'un laconisme qui a trouvé le secret d'être très-flatteur. Voici un de ces billets :

« Le Roy Agrippa, h Josèphe, son très-cher ami, salut. J'ay leu vostre histoire avec grand plaisir, et l'ay trouvée beaucoup plus exacte que nulle des autres. C'est pourquoy je vous prie de m'en envoyer la suite. Adieu, mon très-cher ami (1). »

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