‹ Causeries d'un curieuxChapitre 93 sur 124 · II · texte numérisé non relu

II

Tous les tableaux de Sicyone , vendus aux enchères pour le payement des dettes de la ville , allèrent augmenter les richesses de Rome, sous l'édilité de Scaurus (1). Une su])erbe Némée, peinte par Nicias et ravie parSilanus, avait passé d'Asie dans le sénat romain (2). Un magnifique Bacchus, du même artiste, emporté encore par Silanus, avait été parer le temple de la Concorde (3).

Les lieutenants d'Alexandre tués au passage du Piiiafies

' " organises.

Granique avaient eu les honneurs de portraits en bronze sculptés par Lysippe : Métellus le Macédonique les enleva. Avant lui, le grand Marcellus avait semé les places et les portiques de Rome des statues et des tableaux de Syracuse : épave de la république dans le pillage de la ville. Tarente et Gapoue fournirent aussi leurs dépouilles à la conquête. Le temple d'Apollon à Delphes, !e temjile d'Esculape à Epidaure, ne furent pas plus épargnés par Sylla. Il n'y a point jusqu'à la grave Lacédémone sur qui Rome n'ait prélève; son tribut : Yarron et Muréna, pendant leur édilité, scièrent dans cette ville une muraille de brique pour emporter une belle peinture à fresque et en faire la décoration des Comices.

Le monument de Catulus, les portiques de Philippe, de Pompée , de Métellus , le temple de la Félicité , les jardins des élégants du jour, le palais de Verres, les places, le Forum, quand, pour la procession des jeux.

(1) Nat. Hist., XXXV, 40.

(2) Ibid., 10.

(3) Ibid.

il plaisait à ce scélérat enriclii de prêter aux édiles quehpies-uns des trophées de son brijjandajje en Sicile, étaient comme autant de {paieries et de musées des (jénies de la Grèce. L'audacieux préteur avait dépouillé le temple de Minerve de vingt-sept tableaux de la plus grande beauté, entre lesquels se comptaient les portraits des rois et des tyrans de la Sicile : toute l'histoire peiîite du J)ays. Il faut lire dans la seconde action contre Verres, si précieuse pour l'histoire des arts, les vociférations éloquentes de Cicéron sur l'enlèvement de l'Hercule de Myron et des deux vierges athéniennes de Polyclète portant les cor])eilles mystérieuses des fêtes d'Eleusis; le vol du Cupidon de Praxitèle, dont Verres avait fait présent à la courtisane Chélidon ; le rapt de la Diane de Ségeste, du Mercure de Tyndare, de la Cérès d'Enna; de la Sappho de bronze, chef-d'œuvre de Silanion, arraché du Prytanée de Syracuse (]); la profanation de la statue équestre de Glaudius Marcellus, à Tyndare; les outrages faits au roi Antiochus, l'allié des Romains, dépouillé de ses richesses d'art; et la statue dorée que, pour comble d'audace. Verres s'était fait décerner à lui-même pour remplacer celle du grand Marcellus, le vainqueur et le père des Siciliens. Ce Verres prenait tout et jiartout , et n'était entouré que d'infâmes, pillards à son exemple. Tandis qu'il emplissait ses coffres par ses exactions, son licteur vendait aux familles des proscrits et des victimes le droit de les enterrer.

(1) CicKn., Verr., IV, 57.

ICONOGRAPHIE ROMAi:SE. 361

Vinrent Jules César et les empereurs : la reconnaissance, l'or^jueil, l'ambition, la flatterie, multiplièrent leurs ima^jes.

Ai^rès que César eut fait ses premières armes en CaïusJuiias Asie, après qu'il eut reçu du suffra^je populaire à (né loi ans

avant J. C,

Rome les fonctions de tribun militaire, et de la con- moitaôGans). fiance des consuls celle de questeur, l'édilité curule vint à vaquer. C'était une de ces charges onéreuses dont les titulaires luttaient de magnificence et où la perte des plus riches patrimoines était souvent le prix de ces rivalités fastueuses. César la voulut, l'obtint; et, tout d'abord , il devint l'idole du peuple par la splendeur de ses jeux et ses prodigalités sans exemple. Il orna le Comitium, le Forum, les Basiliques, le Capitole. Les Mégalésiennes ou fêtes de Cybèle furent célébrées avec la même pompe que les grands jeux romains. Présent partout, partout jetant l'or à profusion, il effaça son collègue Bibulus, qui cependant se ruinait comme lui, et seul il semblait faire les dépenses (1). Un jour, la ville, eu s'éveillant, vit des statues étincelantes se dresser aux portes du Capitole. n relève

/-i' • I 1 1 ' 1 ir • I' 1 '''^ statues

G étaient les statues et les trophées de Marins, 1 oncle et ks trophées

,,, , . , III '^^ Marius.

maternel de César. A cette exhumation solennelle des images proscrites du féroce vainqueur de Jugurtha, des Teutons et des Cimbres, les entrailles du peuple s'émurent. Il y eut bien une voix aristocratique qui protesta au nom de la constitution violée ; mais elle alla se perdre dans l'étonnement général, dans les fré-

(1) Bibulus fut trois fois son colltvjuo : d'aljord ilans la questure, puis dans l'édilité, enfin dans le consulat.

lie grands monuments

missements et les applaudissements du peuple. Déjà l'audacieux édile, alors qu'il n'était encore que questeur, avait prononcé à la tribune aux harangues, en présence de ces terribles effi^jies qui n'avaient pas vu le jour depuis la dictature de Sylla, l'éloge de sa tante Julie, la veuve de Marins, qui venait de mourir; et désormais les trophées du héros de la populace continuèrent à briller au-dessus de la tète des sénateurs tremblants. Il projette Plus tard , au milieu des agitations de sa vie d'am-

bition et de gloire, Jules César trouva le temps de projeter de nombreux monuments et d'en faire exécuter quelques-uns. Il donna aussi de l'emploi aux beaux-arts , et favorisa l'érection de nombreuses statues aux grands hommes. Il alla même jusqu'à consacrer une statue de bronze, auprès de celle d'Esculape, à son médecin, l'affranchi Antonius Musa, par qui sa divinité future avait été sauvée dans une grave maladie (1). Et cependant, cet homme prodigieux qui associait à l'âme la plus haute toutes les calmes douceurs d'un caractère égal, aux puissances du génie toutes les foscinations de la grâce , qui eut de si grandes vertus et autant de vices, sans un seul défaut (2) ; dont l'intelligence suprême embrassait l'universalité de ce que Dieu n'a pas mis hors

(1) Plin., i\at. Hist., XIX, 38; XXV, 38; XXIX, 5. Ce Musa et son frère Euphorbe, médecin du roi Juba, avaient imaginé le traitement hvdrotliérapique, et les bains qu'on appelle aujourd'hui bains russes. Musa était élève de Thémison. Pline ne dit pas de quelle maladie avait souffert Jules César ; il se borne à mentionner la guérison au moyen d'un narcotique tiré de la laitue.

(2) Montesquieu.

des atteintes de toute créature ; qui fut éloquent entre les plus éloquents ; qui , s'il lui avait plu , aurait atteint les plus hauts sommets de la gloire des lettres, comme il posséda celle des armes, ne semble pas avoir eu le vif instinct des arts , car ce senti- il n'avait pas

le goi'it natif

ment est de ceux qui poussent leur homme et veu- des

beaux-arts.

lent impérieusement se produire au jour. Néanmoins,

par réflexion et par politique, il les favorisa, comme ii en amasse

des

par goût il favorisait les lettres. Il recueillit de toute monuments

par

part des tableaux et des statues, tant qu'il en trouva, marjnificence

et par

Il acquit de l'illustre peintre Timonaque de Byzance, poiiticme. pour la somme de quatre-vingts talents, c'est-à-dire trois cent quatre-vingt-treize mille six cents francs de notre monnaie, un Ajax et une Médée qu'il fit placer dans un de ses temples favoris , voué par lui , avant la bataille de Pharsale , à Vénus Génitrix , dont il prétendait descendre (1). Mais violent dans son ambition comme Sylla, donnant à l'audace autant que son fils adoptif sut donner à la cauteleuse prudence dont il se fit un système , il lâcha la bride à son immense orgueil et divinisa ses caprices. Déjà demi-dieu par la victoire de Thapsus en Afrique sur les Pompéiens , il passa n passe dieu. dieu tout à fait après la bataille de Munda, remportée près de Malaga sur le fils de Pompée. Il eut sa statue dans le temple de Quirinus, avec cette inscription :

(1) Appian., II, 68.

Cf. SuETON., Cxs,, 6. i< Amitap moac Julia? maternum genus ab re- {jibus ortum, paternuin cum diis iinmortaliljus conjunctum est. Nam ab Anco Marcio sunt Marcii rege.s, quo nomine fuit mater : à Venere Julii, cujus gentis familia est mea. » Discour* de César quand il fit l'éloyc de sa tante Julie.

» AU DIEU INVINCIBLE. ') Un Collège de prêtres, qui prit Ses îma.^es son noiii , lui fut consiicré , et son image fut dressée

seuiiiltiplieiit.

])armi celles des rois, entre Tarquin le Superbe et le premier des Brutus, qui n'avait aucun rapport de famille avec le meurtrier de ce grand César. Dans le temple de Vénus Génitrixil érigea une belle statue au «Serpent du Nil, » la grâce vipérine, le type féminin du plus haut titre qui se soit produit dans l'histoire, la funeste Gléopàtre, sa maîtresse, qu'il avait aimée sans être sa dupe ou sa victime (1). Enfin, près de ce temple, il fit placer le portrait en bronze de son cheval favori aux pieds humains (2), image de goût assez équivoque, prélude étrange à une imagination plus étrange encore : le cheval que Caligula pensait à faire consul. Sur le pied de ces statues audacieuses , et sur le marbre de celle de Pompée, mort l'ennemi de César, Marcus Junius Brutus aiguisa le poignard sous lequel devait tomber le dictateur, au moment où la grandeur de ses desseins j)our le bien de tous répondait à la grandeur de son pouvoir, de son âme et de son génie.

Est -il vrai ^^ passagc des Silves de Stace (3) semblerait faire que Ctsar ..gggj. gyj. Iq mémoire de César la mutilation d'une sta-

ait tait mutiler 1

une staliie d Alexanilrc? — — —

(1) Appien, Guerres civiles, II, 102. Cette statue figurait encore dans le temple au temps de cet auteur grec , qui florissait sous Trajan.

(2) B Plusieurs fuis fendu, le saljot de ce elieval affectait l'apparence des doigts, i> dit Suétone (Ce's., 61). Plise, VIII, 64 (62), rapporte le même fait. Remarquons toutefois avec lui qu'il n'était pas rare chez les anciens d'élever des tombeaux ou des pyramides à des chevaux célèbres, et que Gerniaiiicus César fit un poi'me svu' un cheval d'Auguste»

(3) Lilj. I , 84 ?(|q. Carmen intitulé : « Statue colossale de Domitien : Kiiinis ma.xnnus Dumitiiini. "

tue équestre d'Alexandre le Grand, chef-d'œuvre de Lysippe : « Loin, dit Stace , après avoir exalté la beauté du cheval de la statue de Domitien , bien loin ce cheval fameux (jni , près du temple de Vénus Latine, s'élève sur le forum de César ; ce cheval que ton talent hardi, ô Lysippe! créa pour le conquérant de Pella , et qui porta ensuite un buste doré à l'effigie de César. "

Cedat erjuus, Latiœ qui contri tcinpla Dioncs, Caesaiei stat sede fori (quein tradere es ausus, Peilaeo , Lisyppe , duci , inox Gœsaris ora Auratà ccrvice tulit).

Une tête vivante ou non vivante de plus ou de moins était bien peu de chose pour un Romain , et cependant comment croire que Jules César ait décapité ou laissé décapiter par quelque flatteur, au profit de sa propre effigie, une statue antique d'Alexandre, lui qui professait une admiration si enthousiaste pour le grand Macédonien; lui qui, à trente-trois ans, se trouvant à Cadix dans le temple d'Hercule, en présence d'une statue d'Alexandre, se frappait la poitrine et se reprochait en gémissant de n'avoir rien fait encore à un âge où le héros avait déjà conquis le monde (1)? Comment ad- Pioi)ahiiité

1 1 1 > , • lie la fausseté

mettre que le Naturaliste , qui parle de 1 érection de du fait. trois statues sur le Forum de César, à savoir : la propre statue cuirassée du dictateur (2) , celle de la Vénus Génitrix, modelée par Arcésilaiis (3), et enfin l'image du fameux cheval h pieds humains, n'ait dit mot, dans sa

(1) Appian., II , 7.

(2) Plin., Nal. HisU, XXXI, 10.

(3) Idem, ibid., XXXY, 45.

nomenclature de toutes les statues de Rome, de cette statue équestre de Lysippe , qui cependant aurait aussi figuré sur la même place? Comment expliquer, sur ce même point, le silence de Suétone, qui cite, comme Pline, le cheval de César? Comment admettre enfin que ni Dion Cassius ni Appien n'aient parlé de cette mutilation, si elle avait existé? C'est une difficulté, sans doute, et délicate et (jrave; mais l'antiquité offre bien d'autres obscurités à l'archéologie. L'histoire a bien d'autres contradictions, d'autres bizarreries aussi peu explicables. Il serait, en vérité, par trop commode d'adopter ici la méthode suivie j)our la lettre du prétendu Roi des Rois Belsolus sur Vab-rien , et de déclarer le texte faux et interpolé, parce qu'on ne peut le mettre d'accord avec les monuments écrits déjà connus. Daniel Heinsiiis, P. Scrivérius et Gévartius, des noms imposants en philologie, et auxquels se joint l'éditeur de Stace dans la collection Lemaire, dénoncent le passage comme interpolé (1); mais sur quelles preuves? Gronovius, un savant de forte race, ne partage pas cet avis. Ne semble-t-il pas plus sage de s'abstenir de conclure, plus sage de réserver le témoignage de Stace, et d'attendre que quelque découverte de documents nouveaux vienne jeter la lumière sin^ ces obscurités? Le silence d'auteurs traitant les mêmes sujets n'est pas une raison suffisante pour infirmer un

(1) Gévartius ne se fait pas scrupule de comlaniner tout ce qui constitue la difficulté , c'est-à-dire ce qui est compris dans la parenthèse, comme ajouté arbitrairement par quelque i{;norant copiste : « indocto aliquo lihrario. « Pure assertion et conjecture qu'aucun manuscrit ne vient confirmer.

ICOXOGHAPMIE romaine. 367-

fait avancé par un autre. Il faudrait des témoi(jna(j;es contradictoires concordants (1).

Pour entrer dans les grandes salles de la statuaire au Le portrait

d'Octave

Vatican, on traverse une longue galerie tapissée de jeune. chaque côté d'inscriptions , de cénotaphes , de bustes , de statues sans nom , mais dont l'expression vivante et accentuée atteste un caractère tout romain : sentinelles perdues des grandes œuvres qui respirent dans les salles voisines. A l'extrémité, sur la droite, est un buste de charmante exécution, froid et calme. C'est Octave, c'est Auguste jeune; Octave, qui sera cruel sans passion, avec plus de prudence et d'astuce que de génie et de grandeur. Le sourcil se fronce à la vue de cette grâce menteuse, qui se développa dans une époque de sang et de mauvaises doctrines, où, pour s'émouvoir, le peuple avait besoin de tables de proscription , de toges sanglantes, de victimes humaines, de tètes et de mains clouées aux rostres du Forum.

Arrivé au pouvoir, Auguste commença par faire bri- Auguste

multiplie

ser les portraits des assassins de César, multiplia à 1 in- les effigies

de César.

fini les statues et les bustes du dictateur pour consacrer la déification de son père adoptif et passer plus facilement dieu à son tour, tout en feignant de se refuser, sur le conseil de Mécène, à l'apothéose. Il amusa prudemment les passions du peuple par la pompe des spectacles et la magnificence des édifices. Les temples qu'il n'éleva pas, il les fit élever par les riches ou les restaura. Jusqu'à lui, les amphithéâtres des jeux étaient

(1) Le Nouveau Manuel d' Archéologie d'O. MUller, ouvnigc allemand de grand savoir, ne contient aucune allusion à cette difficulté, ni à propos de César, ni à propos de Lysippe.

construits en bois et seulement pour l'occasion ; il en fit bâtir un permanent, par Statilius Taurus (1), aux (jrands applaudissements du peuple : pensée première de l'immense Colisce que Rome dut à Yespasien. Par ses ordres s'éleva sur le mont Palatin , près de la modeste Érection dcmeure d'Hortensius, un fastueux temple d'Apollon dApoiioQ. avec im portique et une bibliothèque, temple dont Properce a donné la description enthousiaste ux\ peu confuse (2). Entre deux ranjjées de colonnes de marbre de Numidie, apparaissaient en bronze toute la lip^née féminine du vieux Danaiis et les statues é([uestres des cinquante fils d'Ejj^^ptus. Quatre {génisses, aussi en bronze , de Mvron , « la vie même , vivi'da signa (3), » entouraient l'autel du temple, où domiluiit le superbe Apollon de Scopas jouant de la Ivre entre Latone et Diane, le même dont a parlé Pline l'Ancien (4'). Les portes du temple étaient d'ivoire. Siu' l'un des battants fijjuraient les Gaulois précipités des sommets du Parnasse; sur l'autre, la mort de la

Fi„,„.e ^lîe ^^ Tantale. Au milieu de la bibliothèque s'élevait sous ks traits ^1"^ statuc dc uiarbrc plus belle qu'Apollon lui-même,

. iigus e. ^^ P/jccbo visiis inilii pulchrinr ipso (5), » les lèvres entr' ouvertes et comme laissant expirer les derniers accents d'un hymne. C'était Aufjuste lui-même sous l'emblème du dieu, entouré de portraits d'hommes illustres et d'objets d'art de grand prix.

(1) SuET., Aiifi., 29.

(2) Liv. II, cic.;;. 31, adCynthiam.

(3) PiiOPKnT., ibid.

(4) Nat., Hhl., XXXVI, 5.

(5) Propert., II, 31.

Mais, avant t(Mit, il avait consacre la Vénus Anadyomène d'Apelles dans le temple de César. Ensuite il avait tiré de l'étroite enceinte du Capitole les statues des grands hommes, pour les placer plus h l'aise et en peupler le Champ de Mars. Il recueillit de tout côté les effigies des illustres personnages do la Grèce, et sur le forum qu'il fit bâtir sous son nom , et dont il soigna la décoration avec une tendresse toute paternelle, il fit ranger, à l'abri de deux porticpies, les Galeries statues triomphales des grands hommes qui avaient iiiuslres"rl*es contribué à la puissance romaine. Dans ce temple ''^"^ "G"ste. étaient également conservés les ouvrages des poètes et autres écrivains estimés. Auguste lança un décret pour annoncer la dédicace des galeries, ajoutant, avec plus d'adresse que de sincérité, qu'il voulait qu'on jugeât lui et ses successeurs sur le modèle des Romains illustres dont il restaurait les images (1).

Lysias avait sculpté d'un seul bloc un quadrige, monté par Apollon et Diane , ouvrage fort estimé ; Auguste plaça le marbre sur le mont Palatin, avi sommet d'un arc qu'il éleva dans un petit tem])le à colonnes (2).

Il dédia un portique à sa sœur Octavie, mère de ce p,,rtique jeune Marcellus, comme embaumé dans les vers si tou- ^ ôc'tàvie chants de Virgile; et le portique, enrichi d'une bibliothèque, fut décoré de chefs-d'œuvre de la sculpture : une Vénus de Phidias, un Apollon et une autre Vénus de Philiscus de Rhodes, et des morceaux de Praxitèle.

Un tableau de la main de Zeuxis, représentant une

(1) SuET., Aiig., 31. Cf. Velleils Paterculus, II, 39.

(2) Plin., Nat. llist., XXXVI, 5.

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