TOME r
bains magnifiques voisins du Golisée, dans lesquels se montra tout le génie de l'art et du luxe romains, et où l'on a découvert le Laocoon.
Domitien. Mais après lui, son frère Domitieu, qui eût brisé les
statues de Titus, s'il eût osé , eut, par décret du sénat, des statues si nombreuses, au rapport de Dion Cassius (1), qu'il y aurait eu de quoi en remplir l'univers romain. La plus célèbre était la statue triomphale équestre, un colosse, placée en regard du Forum latin (2) , celle qui a été chantée par le poète Statius. Il ordonna que les autres statues qu'on lui érigerait dans le Capitole fussent d'or et d'argent, d'un poids déterminé. Du moins il restaura de beaux édifices , il releva la bibliothèque palatine incendiée, il reconstruisit le Capitole, également détruit par les flammes; il bâtit un nouveau temple à Jupiter Gardien , et s'y fit sculpter entre les bras du dieu (3); puis il éleva un temple consacré à sa famille, celle des Flaviens ; un stade, un théâtre, un forum, une naumachie. Suétone, le grand anecdotier, qui sait tout, surtout le mal, rend justice à l'intégrité de son administration. Mais avec Domitien reparut cette race abjecte, chassée, punie sous Titus, celle des délateurs , et avec elle la persécution à outrance. Comme Vespasien il bannit les philosophes. Epictète (4) ,
(1) Dion Cassius écrivait sous Alexandre Sévère.
(2) Voir dans les Silves de Stace la pièce intitulée Equus maximus Domitiani, 1. I, Silv. 1, dont nous avons parlé plus haut, p. 364.
(3) « Mox imperium adejitus, Jovi custodi templuni ingens seque in sinu dei sacravit. » Tacit., Hist., III, 74.
(4) Epictète se retira à Kicopoiis en Epire, par suite du décret rendu vers l'an 90 de notre ère.
ICOINOGRAPIIIE ROMAIINE. 387
Dion Chrysostome cherchèrent un refuse jusque chez les Barhares (1) ; et ce fut le temps où l'on vit le san^jj des martyrs couler à flots. Flavius Glemens, cousin de César, Domitilla, sa propre sœur, périrent commie chrétiens. Sa femme Domitia allait subir le même sort, quand le poignard vint débarrasser le monde , faire place à la famille des Antonins, et donner au sénat l'occasion de faire éclater sa haine pour le dernier des Flaviens, A peine la nouvelle de sa chute eut-elle trans- Tous
. / 1 , 1 . ^^* bustes
pire , que les sénateurs se soulèvent , et , courageux sont hrisés
1 r 1 / 1 II I P**" ^^ sénat.
contre la mort, se font apporter des échelles, arrachent à l'envi de toute part ses bustes et les boucliers de ses triomphes, et les brisent contre terre.
Ainsi à peine laissait-on à l'herbe le temps de pous- Antidote
I A 1 11 » • 4*^*^ Pline fait
ser sur la tête des statues ; et celle qu on y ramassait, ])ousser au rapport du bon Pline le Naturaliste, pour la porter des statues. au cou dans un sachet de lin écru, comme panacée contre la migraine, devait être de grande rareté à Rome (2).
Trajan , le dernier effort de la puissance romaine; Xrajan, Hadrien, le restaurateur de l'empire par l'établisse- empereur
, , , . , . . . , , romain.
ment de la monarchie administrative, et sous lequel brillèrent les dernières lueurs du soleil couchant de Hadrien. l'art, d'un art déjà en décadence, et qui cependant
(1) Dion se réfugia chez les Gètes et travailla de ses bras, sans autres livres que le Phédoii de Platon et le discours de Démosthène srir l'Ambassade. Après la mort de Domitien il rentra à Rome, et l'on rapporte que Trajan, à la solennité de son triorn[)he après la défaite des Daces, le plaça à côté de lui dans son char.
(2) Nat. Hist., XXIV, 106 (19). « Herba in capite statuœ nata, coUectaque alicujus in vestis jianno, et allL{;ata lu lino rufo , capitis dolorem confestim sedare tradilur. »
eut le mérite d'achever le temple de Jupiter Olympien à Athènes, sept siècles après que Pisistrate en avait jeté Anionin Ics premiers fondements; Antonin le Pieux, qui a con—
le Pieux.
quis le beau surnom de Père du genre humain ; iNlarc Marc Aiirèie Aurèlc , dout la plîilosopliie stoïque respire le Ghristia-
le philosophe.
nisme, eurent des statues et des bustes de marbre et de bronze qui subirent toutes les vicissitudes des temps et des révolutions.
Exceptons, toutefois, la statue équestre dorée de ce dernier, décoration splendide de la place du Capitole,. et l'une des mieux conservées entre tous les monuments de l'antiquité.
Commode, Vint Gommodo , bizarre, ridicule, tyran féroce et^ «les Autonins. blasé , faisant parade de l'afféterie des femmes et de la superbe des héros ; se couvrant la chevelure de poudre d'or, et qui enleva un jour la tête du colosse de ISéron pour y mettre la sienne avec cette inscription : « Commode, victorieux de mille gladiateurs . » En même temps il se faisait ériger une statue d'or pesant deux mille marcs; s'en dédiait une autre, armée d'un arc, devant le sénat , et faisait poser son buste sur des statues d'Hercule. Il était homme à décapiter tout l'Olympe, Mais l'Olympe devait être vengé. A peine le monstre sanguinaire est-il tombé sous le poison et sous le lacet„ qu'une clameur immense s'élève au sein du sénat, un instant redevenu romain :
« A bas ! » crie-t-on avec fureur à son successeur Pertinax, « qu'on arrache les honneurs à l'ennemi de la patrie! Le gladiateur au spoliaire ! Au spoliaire l'assassin des innocents ! Au spoliaire le meurtrier du sénat! l'ennemi des dieux! le parricide! le bourreau!
Au lion les délateurs ! Honneur à la victoire du peuple romain ! A has partout les statues de cet ennemi ! A bas partout les statues du parricide ! A bas les statues du (gladiateur! Qu'on réhabilite la mémoire lies innocents ! Qu'on traîne le bourreau avec le croc ! Qu'on traîne le {gladiateur! Plus cruel que Domitien , plus impur rpie Néron , il a vécu comme eux , qu'il soit traîné comme eux! Il a tué tout le monde, qu'il soit traîné! Il n'a éparjj^né aucun âge, qu'il soit traîné! Aucun sexe, qu'il soit traîné! Il n'a pas respecté les siens, qu'il soit traîné! Il a dépouillé les temples, violé les testaments , dépouillé les vivants , refusé la sépulture aux morts , qu'il soit traîné ! qu'il soit traîné (1) ! »
Et son corps, traîné au croc, est jeté au spoliaire; et ses statues sont décapitées, et le talon ignominieux du portefaix du Forum s'imprime sur sa face. Justice furibonde et sauvage, mais justice! Spectacle hideux et terrible , mais grand dans sa férocité ! Derniers retours des cœurs de la vieille Rome, « derniers hurlements de la louve de Romulus (2) ! »
Ce fut ensuite l'époque de l'anarchie militaire des Anarchie
militaire :
Pertinax et des Septime Sévère, des Caracalla et des Pertinax,
, . 1 • I - Septime
Géta, désastreux régime , un peu adouci sous le règne Sévère, éphémère du premier, sous le règne éclairé du second , Géta. économe et sage, malgré sa jeunesse. Les types grecs des dieux et des héros avaient naturellement été acceptés par les Romains. Mais sans doute avait-on fini par se mon-
(1) L,KMPmT>E.) Histoire auf/ustale, Coinmod. Anton., 18.
(2) Mot d'Ozanam à l'un tle ses cours.
Anton in Caracalla.
Profanation
de l'imaf^e
d'Alexandre
le Grand
par Caracalla.
trer facile dans les rapprochements. C'est ainsi cpie cet empereur Caracalla, petit, laid, difforme, chauve à force de débauches , put se prétendre , au physique comme au moral , la vraie ressemblance d'Achille , le plus beau des hommes , et puisa dans cette prétention l'impérieuse pensée de visiter les ruines de Troie, pour y évoquer l'ombre de son héros. Et comme il voulait être Achille jusqu'au ])Out , et (pi'il lui fallait un Patrocle pour pleurer sur ses restes , il fit tuer un de ses affranchis les plus affectionnés , et décerna des funérailles à ses cendres, qu'il arrosa de larmes (1) !
Enfin, après cette jonglerie san^juinaire , il réservait à Alexandre le Grand, dont il affectait de se faire une idole depuis son enfance, la plus humiliante profanation. Parmi les statues qu'il éleva dans les camps, sur les places de Rome, au Capitole et dans toutes les villes de l'empire, il y en avait plusieurs dont la tête, Janus de nouveau (jenre sur un seul corps, était double : un côté Alexandre, et l'autre Caracalla! Et, toutefois, auprès de ces grotesques images, il trouva moyen , dans un règne de six ans , d'élever h Rome des monuments dont la splendeur et la durée font vivre son nom , sans masquer les horreurs et les ridicules de sa vie. Tels furent ses thermes immenses et le superbe portique où étaient représentés les victoires et triomphes de son père Septime Sévère. Mais ennemi du savoir et des lettres , bien qu'une éducation soignée eût essayé d'ajouter la culture à ses facultés naturelles, il couvrit de mépris les historiens et les
(1) IlÉnODIE>', 1. IV.
rayonnement
universel d(- la gloire d'Alexandre.
ICO?îOGRAPHIE ROMAINE. 391
philosophes, et ne choisit pour ses principaux ministres que les phis vils des hommes. Aveuglé par son enthousiasme pour Alexandre le Grand, et persuadé qu'Aristote avait trempé dans la conspiration d'Antipater contre son héros , il offrit à ses mânes le sacrifice des œuvres du philosophe et les fit hrûler partout où l'on put les saisir.
Cet Alexandre qui, rien qu'en dix années, avait jeté Merveilles les fondements d un empire aussi vaste que i empire romain, l'œuvre de dix siècles; qui avait posé les grandes hases commerciales entre les peuples et fiit un grand homme parce qu'il se montra plus empressé de créer que de détruire, est un des plus étonnants pliénomènes du monde ancien. Bien que son établissement politique , de tant de branches florissantes , ait croulé après sa mort, la gloire de son nom a conservé des retentissements profonds d'où sont nées, chez les peuples de l'Orient, d'innombraljles légendes. Aux veux de Mahomet (1), ce n'a pu être un idolâtre, et les musulmans ne sauraient admettre qu'un prince dont la mémoire s'est conservée si vivante dans l'admiration traditionnelle de l'Orient, fùtpayen. Alexandre Pour
les Orientaux,
le Grand est pour eux un apôtre qui , sous l'inspiration Alexandre
• 11. 1^ Grand
d'en haut, a châtié les peuples méchants et idolâtres, est un envoyé
. -Il'- • '^'^ Dieu.
Au troisième siècle, on portait, dans 1 empire romain, l'image d'Alexandre en bagne et en bracelet, comme dans la Grèce on avait porté celle d'Ulysse. On l'introduisait
(1) Le Coran (ch. xviii, 82 et sqq.) l'appelle Dhoul'karneïn , c'està-dire possesseur de deux cornes. Karn (corne) ayant en même temps la signification de extrémité, on pense que ce surnom avait été donné à Alexandre à cause de ses conquêtes aux deux extrémités du monde.
On porte même sur la vaisselle, sur les ornements de coiffure
son effi{;ie
en amulettes. OU de chaussure , parce que, disait Trébellius Pollion,
la porter en or ou en argent était s'assurer un suc-
Des chrétiens cès infaillible dans toutes les entreprises (1). Il paraît
partafjent , i i / • • • •
cette même que des chrétiens partageaient cette superstition, car saint Jean Chrysostome s'élève contre les catéchumènes de son temps qui portaient des médailles d'Alexandre attachées à leurs coiffures ou à leurs chaussures (2).
La trêve aux désastres civils de la domination militaire à Rome eut peu de durée. Les fureurs et les destructions qu'elle entraîna aumilieu de l'impuissance du sénat et de la nullité du peuple, recommencèrent plus douloureuses encore sous !Macrin , qui eut la velléité de jeter un peu de gloire sur son empire éphémère. Héliogabaie. Ellcs se renouvelèrent sous le Syrien Héliogabale, le plus dégoûtant de tous les tyrans du Bas-Empire, qui appela ses crimes au secours de ses vices, à faire rougir Tibère, Galigula et Néron. Ce sauvage, autour des yeux peint, à la joue vermillonnée , aux bras et aux jambes chargés de bracelets, se faisait représenter en pâtissier, en parfumeur, en cabaretier, en aubergiste, en marchand d'esclaves, et il exerçait dans le palais tous ces métiers (3). En trois ans de règne, ses débauches frénétiques lui avaient laissé le temps de fonder un sénat de femmes pour délibérer sur les préséances , les honneurs de cour et la coupe des vêtements. Enfin
(1) Histor. Auijust., XXX tyranni.
(2) Ad illumiiiand. calecliumenos , II.
(3) Lami'iud., Hisi, Aii(j., Ilt'liofjuljal., 29.
ICO^'OGRAPHIE ROMAIKE. 393
il tomba poifjnardé clans les latrines avec sa mère, une Messaiine digne de lui (1). Du moins il périt d'une main qui lui était chère, celle des bouffons. Traîné ignominieusement par les rues de la ville , on lui attacha enfin une pierre et il fut jeté du pont Émilien dans le Tibre, faute d'avoir pu entrer par l'ouverture d'un égout (2). Espèce d'homme à oublier, et qui force, malgré tout, les portes de l'histoire.
A mesure qu'on se promène dans ces hideuses annales où se rencontre si peu de repos ; à mesure qu'on énumère un à vm ces noms rivés sous le mépris et le dégoût à la chaîne de la chronologie romaine, on assiste à une fatigante succession de folies et d'horreurs aussi souvent grotesques que sanglantes : « un lauibe(ui de pourpre fciisait, le matin, un empereur; le soir, une victime, l'ornement d'un trône ou d'un cercueil... Et à travers tout cela, des jeux pubhcs, des martyrs, des sectes })armi les chrétiens, des écoles chez les philosophes, où l'on s'occupait de systèmes méta})hysiques au milieu des cris des Barbares (3). » Il n'y a .Rayonnement
'■ du
de grand que le rayonnement du Christianisme par christianisme. l'éloquence, par le sacrifice, par le martyre. Il follait que toutes les passions et tous les vices passassent sur le trône, afin que les hommes consentissent à y placer la religion qui condamnait tous les vices et toutes les
(1) « In latriiià, ad quain confu{;eiat , occisus. » Lamprid., Histor, Aur^uxt., Heliogab.^ 17.
(2) Id., ibid., 17 et 32. « Sed quum non cepisset cloacula fortuito, per pontein .£miliuin, ann^o pondère ne fluitaret, in Tiberim abjectum est ne unquatn sopcliri po>>et. " .... " Occisus est per scurras.n
(3) CuATEAUBRiAND, Elud. Itlft. : De Véciiis à Constantin.
Sévère.
passions (1). L'éloquence des premiers Pères de l'Église avait éclaté sous Pertinax et sous Commode. Saint Clément d'Alexandrie, Tertullien, saint Irénée, avaient travaillé à pénétrer toutes les nations des lumières de la foi comme un même soleil les éclaire (2). Origène, fils d'un père martyr, ouvre à Alexandrie une école chrétienne où les philosophes payens vont l'en- Aiesandre tendre, OÙ la mère de l'empereur Alexandre Sévère va s'instruire. Ce prince règne avec économie , sagesse et dignité. Il fait rassembler, dans le Forum de Nerva et dans celui de Trajan , les portraits colossaux des personnages célèbres, exécutés par des artistes appelés de toute part, et il les dresse sur des colonnes d'airain avec inscriptions. Un peu plus tard, Claude le Gothique, le vigoureux empereur, est représenté, par ordre du sénat, sur un bouclier d'or. Sa statue est fondue en argent et placée dans les rostres ; enfin une statue d'or lui est élevée par le peuple devant le temple de Jupiter. Cependant l'empire avait successivement perdu le reste d'ordre dont la tradition l'avait fait se survivre. Toutes ses forces vitales, la cour, l'administration, l'armée, le peuple, se minent h l'envi et s'entre-détruisent. Le détail dévore l'ensemble. Alors commence la véritable histoire des Barbares qui rongent, tuent l'empire. Dioclétien rend, par sa prudence, un instant de vie à ce cadavre que Constantin , sans être plus grand par la sublimité de l'àme , relève par le Christianisme. Le premier écrase l'empire de monuments
Glande le Gothique.
Dioclétien.
Constantin.
(1) Chateaubriand, Elud. hi.itor., première partie. (2j » Vcruni ut sol hic à Deo ccjnditus in universo muiiilo uiius atqiic idem est. n Sa>ct. Irex.eus, Contra hxre^es.
dispendieux que souvent il fait abattre et recommencer sur un plan nouveau. L'œuvre d'art la plus célèbre de cet empereur qui a donné son nom h l'ère des martyrs, commençant avec son rèfj^ne, l'an 284, est une salle de thermes, devenue à Rome l'église de Notre-Dame des Anges. Constantin ayant été tué par les (généraux de son frère Constant, et celui-ci assassiné à son tour. Constance monte sur le trône et meurt en marchant contre son cousin germain Julien , que les armées de la Germanie ont nommé Auguste. On console sa mémoire en le mettant au rang des dieux, et l'on brûle de l'encens devant ses statues, comme on en avait brûlé devant les images de Caracalla divinisé par Macrin , celui même qui l'avait tué.
Julien apparaît, Julien dont nous avons parlé plus haut, Julien l'adorateur d'Homère et qui savait mieux le grec que le latin; esprit j)oétique et railleur, âme exaltée pour qui le polythéisme n'était qu'une théorie symbolique, une philosophie parée d'aimables rêves, et le christianisme un chaos de sectes, de schismes, de disputes et d'hérésies follement acharnées. Prince au demeurant juste, modéré, habile, mais qui eut le malheur de devoir le rang suprême à une révolte qu'il n'avait probablement point provoquée, il se concilie les soldats, en promettant de leur rendre la licence dont ils jouissaient sous le règne de Commode. Il relève les statues de cet empereur, et lui rend les honneurs que lui avait ôtés le sénat.
Viennent Jovien, Valentinien et Yalens, Gratien et Théodose ; le moyen âge va s'ouvrir, ne recevant du Bas-Empire qu'un art entièrement dégénéré.
Constant.
Constance.
Julien l'Apostat.
byzantin
Sous Constantin, duquel, à raison des institutions et des tendances, il serait peut-être plus logique de faire partir le moyen âge, s'était élevée, sur l'emplacement deByzance, une seconde capitale, depuis capitale de l'empire d'Orient, et qui, de même que l'Occident, s'enrichit des dépouilles de la Grèce et de l'Asie. Constantinople était née chrétienne, et de la décadence des arts de la Grèce et de Rome se forma , au sein de L'art la cité nouvelle, un art nouveau, l'art hyzantin , sorte de transition entre l'art réellement antique qui poursuivait le ])eau par amour pour la forme elle-même , et l'art chrétien qui ne se permettra la forme que pour aller d'elle à l'expression de l'idée.
Mais, sous la république romaine, sous l'empire, et même à travers le Bas-Empire jusqu'à l'irruption des BarlKires, on vit se conserver l'usage d'un ordre de portraits d'origine essentiellement romaine et caractéristique, et dont nous allons dire quelques mots rapides; je veux parler des images des aïeux.