‹ Causeries d'un curieuxChapitre 98 sur 124 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

Cf. CiCER., Contre Pi.wn , I, et Sknkq., Lettre 44.

(2) Nat. Ilisi., XXXV, 2.

suiTant l'expression de Pline , comme une nichde d'oiseaux : « Nidum aliquem sobolis (1). » On montra un jour à Cicéron, dans la province d'Asie, dont Quintus, son fi'ère , avait autrefois été gouverneur, une demifigure colossale de Quintus, peinte sur bouclier votif, ce qui donna au grand orateur l'occasion de laisser échapper une de ces gaietés dont il était prodigue (2). De ces figurse clypeatx les musées possèdent encore des imitations en marbre, par lesquelles nous sont venus les portraits de Sophocle, de Ménandre et de Cicéron, donnés par Visconti.

C'est au moyen de ce Ménandre authentique que l'illustre archéologue a pu assigner avec certitude son vrai nom à la belle statue assise qui trône au fond de l'une des salles du Vatican, avec une statue de Posidippe pour pendant. Ce Ménandre qui avait longtemps décoré la villa Montalto sous le nom de Marins, a tout l'aspect d'une statue décorative de théâtre (3).

Il faut rappeler encore Pline le Jeune demandant h piine le Jeune

• T I o ' ' • 1 • ^ r\ '!• commande

son anu Jules hevere copie des portraits de Cornélius des portraits. Népos et de Titus Cassius pour orner la bibliothèque d'Hérennius Sévère. Jules Sévère était de Parme, ainsi

(1) Nat. Hist., XXXV, 2 et 3.

(2) Son frère était de taille fort exiguë, il s'écria : « Voilà une partie plus grande que le tout. »

(3) Sur les effigies de Ménandre on peut consulter la vie de ce poëte par Meinecke. Au musée Charles X, on voit, sur l'une des feuilles d'un diptyque du quatrième ou cinquième siècle de notre ère, Hérodote, Anacréon et Aristote; sur l'autre feuille, Euripide, Ménandre et Horace. Un nouveau portrait de Ménandre a été publié dans le Bulletin de l'Institut archéologique de Rome , année 1856.

M. Guillaume Guizot a reproduit la statue du Vatican en tète de son étude sur Ménandre couronnée par l'Institut.

Exécution

d'effigies

de Perliiiux.

L'empereur

Tacite

fait élever

des statues

à 1 em])ereiir

Aurélieu.

que Cornélius et Cassius. Pline supposait dès lors que son ami saurait mieux qu'ailleurs trouver dans cette ville de bons portraits de ces personnages. Mais, scrupuleux sur l'authenticité , il veut qu'on lui choisisse « le peintre le plus habile et qui sache faire ressemblant sans flatter; car, ajoute-t-il, s'il est malaisé d'être vrai d'après le vif, combien n'est-il pas plus difficile encore d'imiter une imitation (1) ! »

Tout respect pour les effigies des grands personnages n'avait donc point été aboli : témoin les honneurs funèjjres rendus h l'infortuné Pertinax par Septime Sévère, qui lui érigea des statues (2) et commanda de promener son effigie d'or dans le Cirque, sur un char traîné par des éléphants (3). On l'a vu encore par le témoignage de Polybe. Plus tard, l'empereur Tacite, à son avènement au trône, en même temps qu'il prescrivait de faire chaque année dix copies des œuvres du grand historien, son homonyme et peut-être son aïeul, ordonnait qu'on érigeât à l'empereur Aurélien, son prédécesseur, une statue d'or dans le Capitole ; une statue d'argent dans le sénat ; une autre dans le temple du Soleil; une autre encore dans le Forum de Trajan. On le vit également faire une obligation à tout citoyen d'avoir chez soi le portrait d'Aurélien , et ordonner qu'on élevât aux empereurs divinisés un temple où

(1) Peto autem ut pictorem cjuam diliyentisslmum assumas : nam quuni est arduum similitudinein effingeie ex vero, tum louye difficilliinutn est imitationis imitatio. A quo rogo vit artificeni, queni elegeris, ne in inelius quidem sinas aberrare. Epist. IV, 28.

(2) Plut., Severns, xiv.

(3) XiPHU.iN, Abret/é lie Dion Cutsxius.

i:^;ve:stio>; de vapiUOn pour les portraits, u;} seraient placées les statues des Jjons princes (1). Mais, sous le Bas-Empire, les artistes, devenus plus rares, avaient désappris les secrets du jjeau.

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