LA CRINOLINE A BOSTON
Un agent de police de Boston avait cité devant le juge correctionnel une jeune et belle dame forl connue, l'accusant d'obstruer les trottoirs de Washington- street par un trop grand développement de crinoline. Le juge demande où est la prévenue. L'agent répond qu'elle est à la porte et qu'elle attend, mais qu'on a essayé en vain de la faire entrer, la porte étant trop étroite.
Le juge déclare le cas fdrt extraordinaire et ajoute que la constitution garantissant la publicité des débats, il ne peut autoriser cette dame à obstruer ainsi l'entrée du prétoire. Force fut alors de recourir à la grande porte, et la délinquante put ainsi pénétrer dans la salle sans trop de froissement.
L'agent dépose ainsi : « Madame occupait toute la largeur du trottoir ; j'ai été obligé de sauter une douzaine de fois sur la chaussée pour la laisser passer. Je me suis même trouvé en contact avec une voiture, et j'ai failli être écrasé. Serait-ce la ville ou la dame qui payerait une pension à ma veuve si j'étais tué?
le juge. La rotondité de la prévenue ne provenait elle pas de quelque cause naturelle?
l'agent. Non, monsieur. D'ailleurs, je suis père die seize enflants, et j'ai même le bonheur d'en attendre un dix-septième le mois prochain, et jamais ma femme n'a occupé moitié tant d'espace que l'accusée. Je dois ajouter, il est vrai, que le ciel m'a toujours préservé de jumeaux.
le juge. Il vous en peut encore venir. Continuez,
l'aceïjt. J'ai invité plusieurs fois madame h né pas s'arrêter sur le trottoir, ce qui forçait les passants çt les passantes à circuler sur la chaussée; mais elle n'a tenu aucun compte de mes observations,
le juge. L'affaire est embarrassante, car je ne connais pas de précédents. Toutefois, attendu qu'une ordonnance municipale défend tout encombrement des trottoirs par des ballots on paquets trop volumineux, la cour condamne fa prévenue à 5 dollars (25 fr.) d'amende et aux frais. »