DU POUVOIR TEMPOREL DES PAPES
Les tristes événements qui se déroulent en Italie ont soulevé des cris d'indignation parmi les catholiques du monde entier. De toutes parts ont retenti les plus éloquentes et les plus solennelles protestations contre cette violation sacrilège de tout droit et de toute justice dont le roi Victor-Emmanuel s'est rendu coupable.
Dans notre pays surtout, la réprobation est universelle et dans tous les centres importants, il y a eu de grandes démonstrations contre les oppresseurs de Pie IX, le plus saint des pontifes et le plus grand des rois de la terre.
Mais il y a une démonstration plus éloquente que toutes celles dont nous lisons les comptes-rendus dans les journaux. Il y a une démonstration qui parle un langage plus fort, plus irrésistible que tous les beaux discours que nous avons entendus, et, ce qui est étrange, c'est que l'Europe n'entende pas ce langage.
Cette démonstration irréfutable, c'est la France mourante. Ce langage si persuasif, c'est le râle agonisant de cette grande nation qui se croyait invincible. Et si l'on me demandait quel est le plus fort ar-gument qu'on puisse invoquer en faveur du pouvoir temporel du Pape, je répondrais : Voyez la France.
Donnons à cette idée son entier développement.
L'Eglise est née du sang de Jésus-Christ, et le royaume des Francs est né du sang de l'Eglise. La France doit donc vivre de ce sang divin, et lorsque des mains criminelles ont réussi à briser les artères qui unissent la mère à la fille, celle-ci est toujours inévitablement tombée dans la corruption et la défaillance.
La France est la sentinelle placée par Dieu à la porte de son Eglise pour la protéger et la défendre, et c'est pour remplir ce rôle que Dieu avait armé son bras d'une épée si redoutable. Lorsqu'elle cesse de remplir sa fonction, son bras devient faible et sa grande épée se brise. Et quand Dieu l'afflige et l'humilie, quand, pour abattre son orgueil, il révèle au genre humain son incompréhensible défaillance, il ne fait pas seulement une œuvre de justice, il fait surtout une œuvre de miséricorde, parce qu'il veut ramener à son poste cette garde d'honneur qu'il a choisie pour son Eglise.
logique invincible de la Providence I En manquant à sa mission de gardienne du pouvoir temporel des Papes, la France posait et consacrait les principes qui devaient la perdre. Elle 'sapait la première Tédifice de sa grandeur. Elle posait les prémisses dont la Prusse devait tirer les conclusions.
L'unification de Tltalie devait enfanter Tunification de TAUemagne. L'Alsace et la Lorraine appartenaient au roi de Prusse aux mêmes titres que les Etats du Pape à Victor-Emmanuel, avec cette nuance que le roi de Prusse n'a commis qu'un vol, tandis qu'en dépouillant l'Eglise le roi d'Italie joint le sacrilège au vol.
Permettre à Victor-Emmanuel d'entrer dans Rome, c'était ouvrir les portes de Paris aux deux plus grands ennemis de la France, le Prussien et la Révolution. Le Prussien en est sorti ; mais la Révolution y est restée, et elle restera dans Paris aussi longtemps que la France n'aura pas résolu de la chasser de Rome.
Les mômes causes produisent partout les mêmes effets, et la France méritait de subir ce qu'elle permettait d'infliger au Pape.
Développons encore ce raisonnement des faits.
Lorsque la France reconnaissait les conquêtes du Piémont à titre de faits accomplis^ et lorsqu'elle signait cette fameuse convention de septembre 1864 qqi dépouillait l'EglisCj^ elle légitimait le j^^gae de la fovce, Ejie foulait aux pieds le droit public et la justioû, EU^ nittit le Jroit de U faiblesse ot la force 4q
Elle s'inclinait imprudemment devant ce roi implacable qui s'appelle le canon.
Ah ! Elle se croyait forte alors ! Elle se croyait invincible.
Le nouveau droit — celui du plus fort — dont elle proclamait la légitimité, elle n'en redoutait pas l'application : n'avait-elle pas des armées innombrables et des chassepots terribles ? — Le règne de la force, n'était-ce pas le règne de la France ? — Pourquoi se serait-elle tant apitoyée sur la mort du droit et de la justice qu'elle venait d'ensevelir ? — Hélas ! la diplomatie leur fit de trop joyeuses funérailles ; et l'inquiétude s'empara bientôt des esprits.
La force étant proclamée reine, il fallut la courtiser et l'entourer de régiments. De là ces armements formidables qui étonnaient le monde. De là ce militarisme gigantesque qui s'accroissait dans la même proportion que les discours des congrès de la paix. 11 fallut grever les peuples de nouveaux impôts pour suffire aux dépenses énormes de cette reine — la Force — qui avait succédé à la Justice. C'était le commencement du châtiment. La suite ne se fit pas longtemps attendre.
Le droit et la justice sont la plupart du temps incontestables. Mais la force ne l'est jamais, et ce sont les forts qui la contestent. Les deux plus fortes nations de l'Europe se ruèrent donc l'une sur l'autre, sans autre
but véritable que celui de décider de quel côté était la force.
Hélas 1 le canon Krupp l'emporta.
La France fut brovée sous le char de cette force, dont elle avait acclamé la royauté et fondé l'empire.
Vainement elle invoqua le droit et la justice qui dans le temps de sa gloire combattaient à ses côtés. Les deux auxiliaires d'autrefois étaient morts, et c'est elle qui les avait enterrés en Italie.
Vainement elle proclama le droit du faible, et le devoir des forts de lui porter secours. Les forts demeurèrent sourds à son appel, en vertu du principe de non-intervention, et elle ne comprit pas qu'on la traitait comme elle-même avait traité le Pape.
Pauvre France ! elle fut la première victime des principes désastreux de sa politique en Italie, et les Prussiens avaient depuis longtemps franchi le Rhin, lorsque les Piémontais vinrent camper aux bords du Tibre.
Les malheurs de la France sont donc la plus imposante et en même temps la plus triste des démonstrations en ftiveur de la souveraineté temporelle des Papes ; et cette démonstration n'est pas finie. La France ne paraît pas comprandre encore. Il lui faut révideiicc : elle l'aura.
Sous le poids des alïlictions qui l'accablent, la France succomberait si Dieu ne s'obstinait pas à la sauver. Toute autre nation, subissant les mêmes épreuves, serait irrévocablement perdue. Mais la France, elle, sera sauvée à la condition pourtant qu'elle rétablisse le Souverain-Pontife sur son trône.
De même que sa défaite a été la coûséqileilce de l'abandon de Home, sa résurrection sera la i*écompeii' se du rétablissement de Pic IX %Mt don trôHd
L'histoire se répète, et ce que Ton a vu en 1848, se reverra en 1871. Ce qui a donné le trône de France à Napoléon III, c'est une déclaration solennelle en faveur du pouvoir temporel de la Papauté.
Ainsi en sera-t-il encore, et si l'on veut savoir qui va devenir le Souverain de la France, l'on n'a qu'à découvrir lequel des prétendants est le plus dévoué aux intérêts de l'Eglise et des Successeurs de Saint Pierre.
C'est celui-là qui régnera et qui sauvera la France.
Il y a dans cette partie du pays que j'habite, sur les bords de la mer, d'immenses blocs de rochers que Dieu semble avoir jetés là comme des bornes à l'océan. Leur apparence, leur forme et leur structure indiquent néanmoins que la mer les entourait jadis et les assaillait de ses tempêtes. Mais aujourd'hui, le terrain d'alluvion qui les entoure empoche les flots d'arriver jusqu'à leurs pieds. Ils n'entendent plus retentir le choc des vagues sur leurs flancs. Ils voient s'étendre à leurs côtés dee champs cultivés où les troupeaux s'égarent, où les moissons fleurissent.
Tel a été le travail des siècles et de la mer. A chaque heure, à chaque minute, chaque vague y a apporté son grain de sable. Dans les tempêtes, des flots géants y ont roulé de grandes pierres, et l'on a vu surgir enfin de là nier une terre solide et féconde, où les arbres ont prid racine, où les fleurs se sont épanouies.
Et la mer ne franchit plus celte digue qu'elle a construite elle-même, excepté dans les jours de cataclysme, lorsqu'elle est excitée par l'orage et soulevée par l'attraction combinée de plusieurs planètes.
Ce grand travail de la nature n'est-il pas une image fidèle de l'origine et de la fondation du pouvoir temporel des Papes ?
En arrivant à Rome, saint Pierre s'empara de droit divin d'un premier pied de terre où il planta la croix. Bientôt, il y fut cloué lui-même, la tête en bas, afin que ses cheveux devinssent les racines vivaces de cet arbre sacré.
Employant une autre image, le Sauveur lui avait dit : Tu es piey^re^ et sur cette pieiTe je bâtirai mon Eglise. Ce roc inébranlable fut donc jeté dans Rome comme une borne à l'océan du paganisme qui inon« dait le monde !
Pendant des siècles, cette pierre fondamentale fut assaillie par les flots en fureur. Pendant des siècles, les peuples et les rois, les ignorants et les lettrés, les barbares et les nations civilisées vinrent s'y briser comme des vagues impuissantes.
La pierre ne put être arrachée du sol romain et le flot des âges en se retirant y déposa le tribut de ses défaites. Rome cessa d'être la ville des Césars : elle devint la ville de Pierre, la ville du monde chrétien. Tous les peuples y passèrent: un seul y resta, un seul y restera ; c'est le peuple catholique.
Le pouvoir de saint Pierre grandit, et, un jour, le grand empereur Constantin comprit qu'il n'y avait plus de place dans Rome pour sa souveraineté temporellet
bu DIMANCHE. 5?
11 abandonna la Ville-Eternelle au Souverain-Ponife qui bientôt y exerça les fonctions de roi.
Ainsi se forma par le travail des siècles la souveaineté pontificale ; et les mêmes flots qui submergeaient et détruisaient les choses du paganisme, agranlissaient et consolidaient le domaine de TEglise. Le orrent qui emportait les institutions, les empires et es dieux, roulait autour de Rome les pierres qui devaient lui servir de digue.
Huit siècles s'écoulèrent ainsi, et le géant dont les obustes mains devaient construire le rempart apparut. )ocile instrument de la Providence, Gharlemagne, le )lus grand des empereurs, compléta l'œuvre des sièges, enrichit la Papauté des dépouilles de ses ennenis, et fonda sur des bases inébranlables la royauté emporelle des Papes.
El c'est ainsi que l'œuvre de Dieu devint l'œuvre les Francs, Gesta dei per Francos ; et c'est pourquoi la ^'rance qui a affermi et, pour ainsi dire, fondé le pouroir temporel des Pontifes romains, doit le conserver ît doit le reconquérir quand elle l'a laissé perdre.
Depuis lors, la mer des passions humaines se brise în vain sur cette digue — le pouvoir temporel. Elle 18 peut la submerger et parvenir jusqu'à la croix [u'aux époques des grandes crises sociales et relîgieuies, alors que cette marée montante qu'on appelle la lévolution est excitée par la tempête et soulevée par 'action combinée des gouvernements.
Nous traversons une de ces époques douloureuses K)ur les cœurs catholiques. Le vol et le sacrilège ont à l'ordre du jour, et la souveraineté temporelle
des papes est cn^^loiitie sous les flots révolutionnaires^ Foulant aux pieds la loi naturelle et la loi divine, un roi qui se dit catholique a dépouillé TËglise de ses Etats, en eniployant la fraude et la trahison. Il a fait de Rome une caverne de voleurs, et du Vatican une prison.
Mais ces jurandes épreuves de l'Eglise n'auront qu'un temps et la patience de Dieu touche à son terme. La papauté, qui a pu revenir d'Avignon, de Fontainebleau et de Gaëte, ne périra pas dans Rome, près du tombeau dos saints Apôtres Pierre et Paul. Elle doit vivre, et elle vivra pour le bonheur de l'Eglise, pour la sécurité des trônes, et pour la liberté des peuples.
Mais pour faire le bonheur de l'Eglise, il faut que le Pape soit libre ; et pour qu'il soit libre, il faut qu'il soit roi temporel. L'indépendance du Souverain-Pontife ne peut être entière sans cela, et l'administration spirituelle de la chrétienté est impossible sans indépendance.
Comme le disait un jour le prince deMetternicb, il faut que le Pape soit chez lui ou chez quelqu'un. S'il habite chez quelqu'un, il est au pouvoir de quelqu'un, et l'Eglise n'est plus libre.
Cette vérité est claire comme le soleil, et cependant les rois de l'Europe ne paraissent pas la comprendre. Ils ne comprennent pas non plus ce que l'histoire a tant de fois démontré : que le pouvoir pontifical est l'appui, je pourrais dire le fondement des autres sonverainetés. Chaque fois que le trône de Pierre est ébranlé, les autres trônes chancellent ou s'écroulent,
La chute mémorable des deux Napoléon Ta bien démontré, et Victor-Emmanuel le prouvera d'une manière sinistre.
Les peuples n'ont pas plus d'intelligence que les rois ; et cependant, c'est au maintien de la souveraineté temporelle des papes qu'ils sont redevables de la liberté. C'est la Papauté qui les a toujours protégés contre la tyrannie des rois et des empereurs. Dernièrement encore, lorsque la Pologne vaincue agonisait dans les tourments et l'esclavage, le Pape a été le seul de tous les rois de l'Europe qui ait osé prendre la défense du faible, et flétrir les persécutions sanglantes du Czar de Russie.
Egalement ennemie du despotisme et de l'anarchie, la papauté a bien des fois sauvé le monde, et quand l'Europe favorise la déchéance de ce pouvoir, elle travaille contre elle-même. Elle mine ses propres fondements, parce que la papauté seule peut maintenir un sage équilibre entre l'autorité et la liberté.
Si l'Europe ne veut pas périr, il faut qu'elle vive du christianisme ; et si elle veut vivre du christianisme, il faut qu'elle garde le Pape, et qu'elle assure sa liberté. Sinon, elle retombera dans la barbarie, et ses peuples deviendront ce que sont devenues les nations de l'Asie.
Le Pape est l'instituteur du genre humain, et si son école est supprimée, nous retournerons au paganisme.
Le monde est un pèlerin qui doit s'acheminer vers le ciel, mais il n'y a qu'un seul homme qui en possède les clefs, et qui puisse en ouvrir la porte. Si le monde ne veut plus de cet homme, s'il le persécute et
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s'il rcnchaîne, comment le pèlerin pourra-t-il arriver heureusement au terme de sa course ! — Hélas 1 de tous côtés les abîmes s'ouvriront devant ses pas, et, comme un insensé, il poursuivra sa route les yeux et les oreilles fermés.
^QTRE SITUATION,
On me demande ce que je pense de notre situation actuelle comme peuple et quelle sera l'issue de cet état de choses. La question est embarrassante, et sa solution dépend moins de nos hommes d'Etat que de la politique impériale.
Il est évident que nous arrivons à des temps diffi-» ciles, et que le sentier dans lequel nous cheminions avec confiance se rétrécit et s'obscurcit singulièrement. L'immense horizon qui s'étendait sous nos yeux est maintenant voilé de gros nuages. De chaque côté de la route ç^pparaissent de profonds abiipes, et l'on ne voit pas bien où nous condu ce chemin ombreux qui se déroule devant pos pas.
Bien ne paraît certain, et tout semble possil^je dans j'^veqir du Canada français, et c'est eh ce moment
qu'il convient de jeter les yeux sur la providence des nations. L'espérance est là : elle n'est que là, et je ne m'explique pas l'espoir et la confiance de ceux qui croient que la Providence est un mot vide de sens, et que le hasard est le grand dieu de ce monde.
Faire des prévisions sur notre avenir, sans compter avec la Providence, serait aussi absurde que de nier l'action providentielle dans notre passé. Le hasard et la fortune, a dit Bossuet, sont des mots dont nous couvrons notre ignorance.
Voyons donc ce que la Providence a fait pour la nationalité canadienne-française, et le passé nous instruira de l'avenir.
Il est impossible de nier que c'est UPj(U^,4^nce qui a conduit Jacques Cartier sur nos bords, et qui a donné la vie à ce grain de sénevé qui s'appelait la Nouvelle- France.
Personne n'ignore que ce grain de sénevé a été arrosé du sang des martyrs et qu'il y a puisé une sève qui ne tarira jamais. Tout le monde sait qu'un bel arbre est sorti de cette semence, et qu'il a su résister aux vents et aux tempêtes. On disait que cette plante, étiolée et languissante en apparence, n'avait pas jeté de racines dans ce sol d'Amérique, et qu'un souffle étranger l'arracherait. Mais combien de preuves elle a données, depuis, de sa force et de sa vitalité I
La France a versé dans nos veines le plus pur de son sang, et cette glorieuse filiation ne peut pas être inféconde. Profondément religieuse, alors, la fille â inée (Je l'Eglise n'avait d'aulpQ but, en devenantjiààre, ^e
J[*extension de la/ foi catholique et la conquête d'un nou veauJ^0Jaumj^ 4 Jçsu^rGhrist .
Telle a été Torigine de la nationalité canadienne- / ] française, et c'est pour cela qu'elle est inséparable de la foi catholique, et qu'elle ne peut exister sans elle.
Or, ce petit peuple dont la vie est aujourd'hui en ^. -< question, n'a-t-il pas été, comme le peuglehjébreu l'objet des prédilections divines. Dieu ne l'a-t-il pas ,
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guidé par la main à travers les dangers de sa pénible | / existence ? — -
Quand la France en délire, ivre d'impiété, a renié sa mère la satnte Ëglïsê et maculé sa face auguste, ï)ieU U'a-t-îfïîJiii!)' UÎ'raehé de ses bras de marâtre l'en-
faut qu'elle ne pouvait plus allaiter ? N'a-t-il pas planté sur nos ri ves le drap£â]i conservateur d'Albio n, pour nous servir de digue contre ce torrent du libérarisme qui inondait le monde ?
Il est vrai que l'Angleterre était dans les mains de la Providence un instrument aveugle^, et que nous .ne "Hevoiîs' pas ëïrîT^Teconnaîssants enver s^ ell e pour ce bienfait involontaire. Il est vrai aussi que ne voyant pas la mairi"Brènfaitrice nous ne voulions pas voir le bienfait, mais il n'en est que plus évident que c'est fîéiTsêïïr^ui nous a conduits loin des citernes empoisonnées où notre première mère allait s'abreuver.
L'Angleterre, elle, avait d'autres desseins, et la nationalité canadienne-française n'était pas ce qu'elle voulait conserver ; mais, grâ:e encpreà la Providence, ses tentatives d'anglifîcation furent vaines. Comme la jiation'Slîïéjïïîvé, que toutes les rigueurs de la captivité
n*oiit jamais pu détruire, rélément français a toujours surnagé malgré les flots envahisseurs de rélémeut britannique.
Ce qui, dans les calculs humains, devait anéantir la race française, n*a été qu'une épreuve dont elle est sortie victorieuse, et n'a servi qu'à développer sa force et sa fécondité. L'union des deuxXftnadas, qui devait être son tombeau, n'a été qu'une arène glorieuse où l'enfant est devenu un homme !
Et quand ces frères de lait, devenus également forts, virent qu'ils s'épuisaient en luttes inutiles, ils se donnèrent généreusement la main, et contractèrent une nouvelle alliance avec d'autres frères qui voulurent partager leurs destinées. La confédération fut une révolution, mais une révolution pacifique que les circonstances avaient rendue nécessaire.
L'horizon politique se trouva agrandi, et l'horizon français dissipa ses nuages. L'ancienne Province de Québec, que les gouverneurs français avaient fondée, et que l'on croyait ensevelie pour jamais dans l'oubli le plus complet, se releva radieuse d'espérance et s'achemina librement vers Taccomplisseraent de ses destinées.
Telle a été la voie que nous avons suivie, et je ne crois pas me tromper en affirmant que notre race a pris ce développement graduel et bien conditionné qui fait les peuples grands. Pendant que les nations de l'Europe se livraient les guerres les plus sanglantes, nous marchions paisiblement à l'ombre du drapeai| })ritannique, les bras tendus vers l'avenir,
Nous avons conservé notre langue, nos lois, nos / instit utions e t la foi de nos pères. Nous avons défriché - / nos forêts, agraMi nos villes, multiplié nos paroisses, ;/ et bâti dans tous les centres importants des églises, des ,/ collèges et des couvents. /
Notre population est libre, libre de cette bonne ■v'^' libertéj^JÎ^ieiuaeHo^^^ ^l^ bien et ^ui proscrit le mcj*
Elle est plus religieuse que toutes les autres nations
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du monde, et seslèvres ne font qu'effleurer cette coupe du libér alisme qui a débordé en Europe et aux Etats-Unis. Plaise à Dieu qu'elle la repousse toujours loin d'elle I
Yoilà ce que nous avons été et ce que nous sommes. J^ C'est la Providence qui nous a placés dans ces condi-i^ *• ^ tions de vieT^ c'est elle qui nous préservera de la / mort.
Je l'ai déjà dit, et je le répète : il est impossible que nous n'ayons pas un grand rôle à jouer dans les dûsti^L. nées futyres de l'Amérique, et la Providence permettra, que nous accompîîSStOTis notre fin.
Mais quel sera notre avenir probable ? Et que devons-nons faire dans les circonstances présentes ? Yoilà ce qu'il me reste à examiner.