L'AVENIR DES ETATS-UNIS
J'exprimais, l'autre jour, Tespérance que l'avenir verrait s'opérer aux Etats-Unis un grand mouvement religieux , et que le Canada français était peut-être rinstrugient^dont la Providence se servirait pour att eindre ce tte fin. JTàjoute aujourd'hui que la conversion des États-Unis au catholicisme sera leur salut et la condition de leur grandeur.
Pour se convaincre de la vérité de cet avancé, il suffit d'examiner un peu ce que sont aujourd'hui nos voisins, et les qualités qui leur manquent pour devenir un'grand peuple. Au premier coup d'œil jeté sur cette nation, il est facile de voir qu'elle manque de
cette unité qui est la condition indispensable de la vie
■ des peuples. Il y a chez elle diversité (îe.^x?^és, de
langues, de lois, de mœurs, de coutumes et de reli-
gions, et tous ces éléments hétérogènes n'y sont reunis
par aucune chaîne commune.
A proprement parler, les Etats-Unis ne sont pas une , patrie pour la plus grande partie de leurs habitants. C'est une immense hôtellerie où de nombreuses caravanes de peuples sont venues prendre un billet de logement. L'accroissement de ce pays a été désordon- . né et contre nature. Il a grandi en dehors de toutes les lois ordinaires. Il s'est multiplié, par l'immigration, en dehors des proportions équitables, et la race née sur ce sol a été, en quelque sorte, noyée dans ces flots étrangers qui ont débordé. .
Tout ce qui existe est soumis k des lois^î; toutes les lois de la nature se lient et s'enchaînent d*une manière admirable, et il arrive souvent qu'elles sont les mêmes dans l'ordre moral. Voyez cette plante où la sève circule et qui paraît pleine de vigueur ; doublez et triplez la chaleur qui lui est nécessaire, arrosez-la dans la même proportion, et vous la verrez grandir démesurément, mais sa tige sera grêle et sa fleur étiolée. Il en est de même des individus et des peuples. Il faut qu'ils croissent naturellement, et dans la période de temps que cette croissance requiert. Autrement l'équilibre est rompu, et la nation n'acquiert pas la virilité et la vigueur qui assurent son existence.
Le peuple américain est l'un des. JSbjs.4crands par son commerce et son industrie ; mais hors de là qu' est-il? — Les intérêts commerciaux et industriels
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peuvent-ils devenir ua^ lien entre les différentes races qui composent ce peuple? — ^Je ne le crois pas ; il est impossible que ce lien commercial soit durable et fort ; je crois même que cet immense déploiement de ressources matérielles enfantera Tégoïsme le plus universel,^! le plus fatal aux liens sociaux. Le patriotisme est bientôt mort lorsque l'individu ne songe qu'à faire fortune, et Tégoïsme est le plus grand dissolvant des institutions populaires.
Montesquieu, parlant des gouvernements républicains et des monarchies, dit que dans celles-ci la force des lois règle ou contient tout, mais que dans ceux-là il faut un ressort de plus, qui est la vert u. Or, je ne crois pas calomnier nos voisins en affirmant que ce diamant, la vertu, ne brille pas ^ à leur couronne ; et c'est pourquoi ce peuple n'est \pas véritablement civilisé. C'est un géant dont le wonc est énorme, dont les membres sont immenses, mais 3ônt la tête est trop ptît^'ët'sur ce fï*ont disproportionné je ne vois pas luire la double auréole de la science et de la vertu. Il y a eu chez lui activiTSTociale au profit matériel de l'individu ; mais il *yy a pas eu cette activité individuelle qui perfectionne l'homme. La condition extérieure de l'homme s'y est peut-être améliorée (encore faudraitil ici faire des réserves) ; mais l'hoioxafi.. ijotérieur a été cooiplèterajgnt négligé. Il y a eu progrès de tout ce qui entourait l'homme, et déchéance de l'homme lui-même.
Gomme les individus, ies nations sont un composé de ces deux ^Isjîients qui se disputent l'empire du