‹ Causeries du dimancheChapitre 7 sur 39 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

double action, produit des actes qui servent toujours Tune ou l'autre puissance. Les nations sont aussi soumises à cette double influence, et leurs destinées sont heureuses ou malheureuses, suivant qu'elles s'abandonnent à l'esprit du bien ou à l'esprit du mal. Voilà une vérité que les ténèbres du naturalisme ont obscurcie et qui dans notre pays même n'est pas parfaitement comprise.

Il ne faut pas se le dissimuler, le peuple canadienfrançais, quoique éminemment catholique, n'est pas exempt d'erreurs et de préjugés. Il y a parmi nous des hommes qui n'ont pas la haine de l'Eglise, mais qui n'ont pas non plus la haine de l'erreur. Ils prétendent bien connaître leurs devoirs de catholiques ; mais ils n'aiment pas qu'on leur en parle. Ils sont bien disposés en faveur de l'Eglise, mais ils considèrent volontiers ses droits comme des faveurs du pouvoir civil, et lorsqu'on les revendique, on s'expose à leur déplaire. Ils sont remplis des meilleures intentions pour les écrivains religieux, mais c'est leur avis qu'ils parlent trop souvent du bon Dieu et de la Providence, et qu'ils ont tort de mêler cet élément divin aux questions littéraires, sociales et politiques.

En un mot, le surnaturel les gône et les ennuie, quand il n'a pas le malheur de les irriter.

C'est particulièrement à cette classe de lecteurs que mon livre s'adresse. Je voudrais les convaincre que dans les temps où nous vivons la question religieuse se mêle à presque toutes les questions et les domine. Je voudrais les habituer à chercher dans

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