HÉGÉSIPPÊ MOREAU. ^-PIERRE DUPONT
yier 4836) cette délicieuse Homance à cel)^ à qui il avait dû , pour UQ jour du moins, ses pures et inDOcentêft Charmettes :
LÀ FIRUlBftlt.
Amour à la fermière ! elle est
Si geftlille et si douée !
C'est Foiseau des bols qui se t»l8tt
Loin du bruit dans la mousse.
Tleili vagabond qui tends la main ,
Bitftint pauvre et sans mëm , Ptti«8ies>vQus trouver en cberaiii
lift forme et la fermière >
De l'escabeau vide au foyer
lÀ le pauvre s'empare , Et le grand bahut de noyer
^our lui n'est point avare ; C'est là qu'un jour je vin» m'aMel»i^
Les pieds blancs de poussière ; Un jour... puis en marche! et boDAQir
ta ferme et la fermière !
U<|P seul beçiu jour a dû finir ,
Finir dès son aurore:
IVfâis pour mol ce doux souvenir
Est du boiihetir encore :
Er fiarj^ant les yeai je revois
L'endos plein de lumiàre, 1^ haie en fleur, le petit bois,
La ferme et la fermière!
Si Dieu, comme notre curé
Au préne le répète , Paie un bienfait ( même égaré ) ,
Ah ! qu'il songe à ma dette!
Qu'il prodigUe au vallon les fleurs ,
La joie à la oh^umière , Et garde des vents et des pleum
La ferme et la fermière.
Gbfique hiver qu'un groupe d'enfants
À son fuseau sourie, Comme les Anges Axa fils blancs
Delà Vierge Marie; Que tous , par la main , pas à pas,
Guidant un petit frère , Réjonissent de leurs ébats La ferme et la fermière 1
BNTOI.
Ha GhansohnQtte, prends ton vol ! ^
Tu n'es qu'un faible hommage ; Mais qu'en avril le rossignol
Chante et la dédommage.
Qu'effrayé par ses chants d'amour,
l'oiseau du cimetière Longtemps , longtemps se taise pour
La ferme et la ferm ière !
Il fallait à Hégésippe Moreau, comme à tous les poë'tes doux et faibles , sauvages et timides , tendres et reconnaissants , il lui aurait fallu une femme , une sœur, une mère , qui , mêlée et confondue avec l'amante, Teût dispensé de tout , hormis de chanter, d'aimer et de rêver.
Cependant , avec la santé qui lui 'revenait , la nécessité , et aussi le génie ou le démon qui ne pardonne pas , le ressaisirent. C'était le moment du grand succès de Barthélémy, et sa Némésis produisait çà et là des imitations et des contrefaçons où il n'entrait guère que des violences. Hégésippe Moreau essaya de faire à Provins une Némésis à sa manière', un journal en vers sous le titre de Diogène , un vilain patron qu'il avait adopté depuis quelque temps , et que le doux automne passé à Saint-Martin ne lui avait pas fait assez abjurer. Le talent qu'il y montra ne put sauver une telle publication partout très-aventurée, et qui l'était surtout au milieu des rivalités et des susceptibilités d'une petite ville. Il avait eu beau faire appel à toute la contrée de Brie et de Champagne, et s'écrier :
Qu'il me vienne un public * ma poésie est mûre,
le public répondit peu. Le poète blessa et aliéna ceux mêmes qui l'avaient d'abord soutenu. Il eut finalement un duel , et dut s'en revenir bientôt à Paris , désappointé de nouveau et irrité comme après un échec.
De 4834 à 4838 , sa vie ne fut qu'une lutte pénible et haletante , où son talent de plus en plus réel , et qui achevait de se dégager chaque jour, ne put triompher de la dureté des circonstances ni suppléer aux infirmités du caractère (4). Qu'il
(1) Dans tout ce que j'ai touché là du caractère et de la vie intime de Moreau , j'ai été guidé de la manière la plus sûre par des lettres , par des renseignements directs provenant des personnes qui l'ont le mieux connu. Ces documents qui ont servi à mon ami , M. Octave Lacroix , dans l'édition nouvelle d'Uégésippe Moreau, m'ont été communiqués à moi-m^me : je n'en ai fait usage qu'avec pudeur et discrélion. Les per-