DEUXIÈME PARTIE.— CJKQUIÈJIE SOIRÉE
fort peu au Saint-Esprit ; on honore le Père, le Fils, et on passe sous silence la troisième personne delà sainte Trinité.
— Votre observation est juste.
— Cet oubli porte ses suites, peut-être, car, quelle opposition entre les doctrines du monde et les doctrines de TEsprit- Sainll Quelle cause assignera cette omission, sinon l'ignorance que nous retrouvons ici, éloignant comme toujours l'homme de la source des jgrâces en le privant de la vérité?
La troisième personne de la sainte Trinité procède du Père et du Fils, comme vous le savez : elle a la même nature, la même divinité ; si on lui donne le nom qu'elle porte, c'est queUecrée en nous la vie spirituelle, et que sans son souffle divin nous ne pouvons rien faire pour la vie éternelle.
Ces! le Saint-Esprit qui inspiré les prophètes, c'est lui qui éclaire tout homme venant au monde, c'est lui qui descend ea Marie, qui féconde son sein virginal, c'est lui qui descend sur Noire-Seigneur aux eaux du Jourdain, c'est lui qui descend sur les apôtres, et de ce jour commence leur apostolat, c'est lui qui vient en nous à notre baptême, c'est par lui que naissent en nous les bonnes pensées, c'est lui qui dissipe notre ignorance, c'est lui qui vous conduit en ce moment, Constance, à vous préparer à recevoir ses dons.
Si nous devons rendre grâce à notre Créateur, à notre Sauveur, ne devons-nous pas aussi la plus profonde vénération à l'Esprit qui nous enseigne à vivre suivant la loi, qui nous, conduit dans le sentier menant à la vie?
Voyez, je vous en conjure, l'homme livré à lui-même; par^
courez l'histoire de l'antiquité, et quand l'Esprit-Saint nel'é-
( luire pas, de quelle folie n'est-il pas capable, à quels monstres
ji'a-t-il pas sacrifié, quelle dégradation n'a-t-il pas admise
omme un hommage rendu à la Divinité? Quant à lui-même,
;:. plies lois s'est-il données? vous les connaissez; voyez chez
- peuples que les ténèbres du paganisme couvrent encore;
ez ces lettres d'hier des voyageurs ; ne frémissez-vous pas
:i pensant qu'une hécatombe de 1200 nègres reçoit la mort
Î08 CAUSEiaES DU SOUL
pour calmer je ne sais quel génie du mal? Mais au milieu de nous, quand le vide se fait par Tignorance, que n*entendomnous pas professer, quel cris ne poussent pas ces malheureux que Tignorance domine ! Oui, sans TEsprit de \éril6, sans TEsprit qui illumine tout homme venant en ce monde,} la terre n'est plus qu'une vallée de ténèbres où 'la folie règne en souveraine.
Préparez-vous donc, chère enfant, à recevoir le sacrement de VEsprit.
— Comment ?
— La réception de tous les sacrements suppose, chez les personnes de votre âge, une connaissance aussi vaste que possible des choses de la foi, et une étude spéciale du sacrement que Ton se prépare à recevoir.
— Ob ! mon Dieu, moi qui ne sais rien.
— Vous connaissez bien mieux que vous ne le supposez la doctrine chrétienne ; puis, vous avez, je le crois, du temps devant vous.
Vous comprenez sans que je vous le dise que le Sainl-Esprit ne pourrait babiter un temple impur : a L'Esprit de sa- « gesse, dit TEcrilure, n'entrera pas dans une âme maligne» tt et il n'habitera pas un corps soumis au péché. 9
Vous vous préparerez donc à la confirmation par la pém'tence. Ici il s'agit d'un sacrement qui augmente U force, qui suppose la vie ; vous rendrez donc à votre âme toute sa yie, toute sa splendeur d'innocence. Heureux celui qui, comme le catéchumène, passe du baptême à l'onction sainte et à la table du Dieu vivant I il est yélu, lui, de la première robe du baptême, dont aucune tache ne ternit la blancheur. Mais à combien est-il donné de se présenter ainsi? A ceux qui ont repris le joug du péché, il faut les eaux amères de la pénitence, eaux salutaires, auxquelles il a élé donné de rendre à notre âme sa pureté. Vous vous rendrez donc le plus semblable que vous pourrez aux enfanis qui viennent d'être régénérés.
Le grand jour arrivé, vous implorerez particulièrement l'Espril-Saint, puis l'évéque viendra à vous, comme saioi