‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 101 sur 259 · DEUXIÈMÇ PARTIE. — CINQUIÈME SOIRÉE · texte numérisé non relu

DEUXIÈMÇ PARTIE. — CINQUIÈME SOIRÉE

Pierre et saint Jean allèrent autrefois vers les habitants de Samarie; comme eux, il tiendra les mains étendues sur vqus, et ii adressera dans la plénitude de sa foi et de sa charité, cette be/te invocation au Saint-Esprit:

« Dieu tout-puissant et éternel, qui avez daigné faire renaître par Teau et par Tesprit vos serviteurs qui sont ici présents, et qui leur avez accordé la rémission de tous leurs péchés, faites descendre du ciel sur eux votre Saint Esprit consolateur, Esprit de sagesse et d'intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de science et de piété; remplissez-les de l'Esprit de votre crainte, et imprimez en eux, par votre miséricorde, le signe de la croix de Jésus-Christ pour la vie éternelle. »

Puis, avec le saint chrême, mélange d'huile et de baume consacré par lui le jeudi saint, il fera une onction sur votre front en disant : « Je te marque du signe de la croix et je te confirme par le signe du salut, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » Ensuite il vous donnera un petit soufflet en vous disant encore : « (Jue la paix soit avec toi. »

— Que de choses ! et toutes sont essentielles?

— Oui, les apôtres, à l'exemple du divin Maître, impo-

safen^ les mains sur les fidèles : Tonction marque votre front du

scean du Rédempteur, votre front, où se peignent les impres-

:?ions de Vâme, où la honte rougit, où la crainte pâlit ;. le front

du cbrélien ne connaît ni la honte, ni la crainte Et au nom

(le ryui rougirait-il? quel est son maître? Dans son admirable

hberlé, devant qui s'incline-t-il, sinon devant Dieu? Qui sert-

;/, sinon Dieu? A qui a-t-il donné sa foi, sinon à Dieu? Que

. ra/ndrait-il? oh ! je vous le demande, les tourments, la mort?

' >iif cela est d'un instant, et Dieu est de l'éternité ; les hommes,

iirs mépris, leurs sarcasmes? et que sont les hommes, sans

;-iN sinon des bêles féroces ou des animaux immondes?

Ouoî 1 vous devez rougir de honte parce que vous êtes

oimête femme, bonne mère, fille soumise? parce que vous re-

j z loîo de vous ce sensualisme païen qui rapetisse le cœur

: lue l'âme, et vous fléchirez le genou devant ces êtres sans

)!0 CAUSEIOES DU SOIR.

pudeur, pour lesquels la jouîssaoce est le souveraio IneB, le devoir, un mot, le dévouement, une duperie? Pour eux, ^^us abjureriez ce que vous trouvez si grand, si beau» si eonforme à vos nobles instincts? Laissez à ces gens leurs joies et leurs dieux, gardez la paix de votre cœur et le Dieu du Calvaire, les jours sont venus où le chrétien n^a plus à combattre le respect humain, car sa foi commande le respect à qui la connaît. Mais pour que cette foi ne soit pas vaine, il lui font le courage des opprobres ; ce soufflet qui touche sa joue le lui appœnd et lui rappelle ceux dont fut chargé, à la Colonne, le Maître du monde.

Tout ici concourt donc à con/frmer, à fortiGer le chrétien. H saura braver tout pour son Dieu flagellé ; il saura acheter sa paix au prix de la folie de la croix.

Voilà, ce me semble, chère Constance, ce qn^il vîous importe de savoir sur ce sacrement que vous désir ess à juste titre recevoir.

J'oubliais de vous dire que, dans la conflnnatton, vous pourrez prendre un patron de plus. Icf le chrétien se prépare au combat, jamais il ne sera trop assisté; aussi, soit pour s'exciter à bien Ceiire, soit pour avoir un thtef cesseur de plus, TEglise Tin vite à appeler à son aide un membre de la glorieuse milice.

Comme le baptême, la confirmatioa ne se reçoit qu'une fois.

— Oui, le caractère imprime est indélébile. Ami, je prendrai le nom de Marie»

— Vous ferez bien ; déjà la bonté de la saiote Vierge s'est manifestée à votre égard, et elle ne vous abandonnera pas, celle qui aime à être appelée la Mère des affligés.

Quoiqu'il soit bien tard, un mot encore. Observez, je tous en conjure, combien est magnifique Tordre des sacrements , si je puis me servir de ce mot.

L'eau du baptême nous puriGede notre tache originelle : nous Toilà flis de l'Eglise ; mais quelles faibles créatures ne sonmiesnous pas encore? Que se présente-t-il devatit nous? n'esl-oe

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