‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 99 sur 259 · DEUXIÈME PARTIE. - GINQUlÈlfE SOIRÉE. m · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. - GINQUlÈlfE SOIRÉE. m

"—Merci, cher ami\ de m'avoir expliqué ce que je ne savais pas.

Vous aile? apprendre une nouvelle que le bon recteur m*a confiée ; Tévêque lui annonce qu*il viendra donner, d'ici k très-peu de temps, la confirmation dans cette paroisse. Je ne sais si je me trompe, mais il me semble que le bon abbé craiiU un peu cette visite, et je suppose. que je Saurais rendu trèsheureux en lui proposant de recevoir Tévéque que je connais nn peu. Je n*ai pas osé, et la raison qui m*arrête, vous ne la devineriez pas? Je suis retenue par une fausse honte. Tenez, je ne sais comment vous dire cela... me voilà toute rouge...

— - Allons , je devine, vous n'avez pas été confirmée.

— Eh bien , non, je ne Tai pas été, et je suis tourmentée de la pensée que Tévêque le découvrira et que je serai forcée de me confondre avec tous ces enfants ; cela m'humilie à un point extrême.

Voici ce qui est arrivé : je toml)ai malade après ma pre* mière communion, on me retira de pension, et une fois la confirmation passée pour mon année, ni moi ni personne n'y pensâmes. Rentrée chez ma mère, il n*en fut pas question, car on s' j occupait tout aussi peu des choses religieuses que chez mon mari.

Que faire ? Je vous consulte.

— Désirez-vous être confirmée?

— Si cela est utile, comme je le crois,*ouî, sans doute ; mais pour me sonder moi-même, il est indispensable que je sache ce que c'est que la confirmation.

Lucie, je suis mal à* Taise devant vous pour ces explica^

lions, je vous Tavoue; mon ignorance apparaît trop; de

tnme à femme c'est blessant; tenez, laissez-moi seule avec

Ire bon mari, qui, en sa qualité de parrain, doit ,m'in-

mire, ^fadame de Kerkolï partit d'un grand éclat de rire, prit un

. "Ugeoîr et se retira.

C'est singulier, je confierais à Lucie ma plus secrète

nsée, et je ne puis prendre sur moi de lui laisser voir mon

ignorance. Je suis à Taise maintenant : expliquez-moi la confirmation.

— Je vous donnerai quelque bon livre et je tous prierai de vous instruire en le lisant ; vous faites de moi un catéchiste, moi qui, je vous le répète, ai grand besoin d'instruction

solide.

— Souvenez-vous que vous vous êtes engagé à veiller sur mon éducation religieuse. Remplissez voire devoir, mon vieil

ami.

— Je ne me suis jamais engagé à ce que tous ne prendriez pas la peine de lire, et à me faire pour vous ce que je ne suis pas capable d'être.

— Voyons, savez-vous, oui ou non, ce que c'est que la confirmation? Je commence à craindre que vous ne cachiez votre ignorance sous un semblant de colère, ou plutôt une bonne envie de dormir sous votre ignorance.

— Je n'ai point envie de dormir, quoiqu'il soit tard; fermons seulement la fenêtre, la fraîcheur se fait trop sentir.

Par le baptême vous avez été introduite dans TEglise catholique, vous êtes devenue, chère amie, enfant de Dieu, vous avez reçu le sceau indélébile de sœur de Jésus-Christ, le péché originel a été efiacé : vous êtes devenue chrétienne, en un moi.

Vous avez vu hier Fhistoire de M. Ratisbonne; si, comme lui, vous n'aviez été baptisée qu'adulte, vous eussiez reçu immédiatement la confirmation.

Ce sacrement porte, chez les Pères, une foule de noms qui indiquent ce qu'il est; vous le trouverez désigné ainsi : don du Saint-Esprit^ perfection, sceau, sacrement de l'esprit, symbole de l'esprit, etc., etc. (1).

Oui, chère amie, ce sacrement est celui dans lequel le Saint- Esprit se communique plus particulièrement à l'homme. Le Père nous a créés, le Fils nous a rachetés, l'Esprit nous fortifie, nous illumine, nous inspire.

Je ne sais pourquoi, Constance, dans le monde, on pense

(1) Klee, HLanviBl de Vhisloire des dogmes chrétiens, traduction de ral>I . Mabire, t. II, p. 227.

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