DEUXIÈME PARTIE. — SIXIÈME SOIRÉE
m céleste séjour. Est-ce assez des eaux'du Jourdain, des eaux saintes, qui parleur contact donnent Pinnocence? Oh ! non, CoDsIance, car l'innocence se perd. Qui garde la robe blanche du catéchumène? Alors, que la raison illumine Tâme humaine, alors qu'avec la faculté de discerner le bien d'avec le mal, nous pouvons, triste pouvoir ! librement oEfenser la bonlé suprême, violer la loi, un autre sacrement ne devenaitil pas indispensable pour nous faire rentrer dans la grâce perdue? Oui, sans doute, et la pénitence a été instituée. Ainsi, toujours même sagesse, toujours même bonté; au repentir une voie pour revenir à l'innocence ; une fois ouverte, la porte du ciel ne se referme plus.
(( La pénitence est donc un sacrement établi par Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour remettre les péchés commis après le baptême. »
A Dieu seul sans doute le droit de pardonner, à sa main puissante seule il appartenait d'effacer nos crimes du livre dévie.
Aussi, est-ce le Sauveur qui lui-même, par sa propre parole, donna aux apôtres le droit de lier et de délier; après la résurrection, dans ce peu de jours qui s'écoulèrent entre celui où il sortit glorieux du tombeau, et celui où il retourna vers son Père, il voulut instituer, sur la terre, un pouvoir qui continuât ce qu'il avait fait seul jusqu'à ce moment ; aussi donna-l-il à ses apôtres cette puissance qu'il s'était réservée jusqu'^alors : c< Recevez le Saint-Esprit ; les péchés seront rea mis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus a ^ ceux à qui vous les retiendrez. »
Ainsi, aux apôtres, de ce jour, et à leurs successeurs, l'imnîense pouvoir à' ouvrir et de fermer^ de lier et de délier.
Comment ce pouvoir peut-il s'exercer ? ^
— Mais par la connaissance des fautes, ce me semble, avant tout, car l'homme ne peut deviner la pensée de l'homme : 1 œil seul de Dieu peut scruter les cœurs. Aussi, la confession me parait être la conséquence nécessaire de celte délégation.
— Vous avez raison, Constance, pour remetlre ou retenir.
Si8 CAUSERIES DU SOm.
il faut juger, pour juger il faut oonnaHre, pour ccmnailre il faut entendre ; Taecusation est donc nicessairey ceci est d*ane Vérité absolue*
Maïs croyez-vovs que la confesâon ne date qoe da christianisme?
— Est-ce qu*on se confessait ayant lui?
— Oui, sans doute, et depuis longtemps.
La coniession est aussi ancienneque le repentir, aussi ancienne que la faute ; Dieu n'exig€d4-il pas des deux premiers coupables la confession de leur désobéissance ? Rappelez tos souvenirs.
— Us sont un peu confus.
— a Ainsi Dieu exigea d'abord de l'un et de l'autre Faveu de leur faule, l'aveu fut fait. Voilà la première confession imposée et reçue : les ancêtres du genre humain en àonnèrent l'exemple à toute leur postérité (f) . »
Gain provoqué par le souverain juge refusa l'aveu et détourna ainsi de lui la grâce.
Ainsi, si vous vous rappelez ce que nous avons àk sur la pénitence il n'y a qu'un instant, vous trouverez quedès le début, la souffrance et l'aveu sont imposés comme remède au péclié.
a Voilà, comme le dit encore si bien l'abbé Gerbet, voilà c( les éléments constitutifs du régime pénitentiaire auquel a rhomme a dû être soumis. Us correspondent en efiet aux <c deux prindpes du mal. L'humble confessi(m est Tanlidote a suprême de Torgueil ; Teseence de l'orgueil est de refuser a de s'avouer à lui-même son existence. Il cesse bientôt d'ê- « tre quand il a dit : Je suis, il s'évanouit en se reconnaissant. « La souffrance acceptée volontairement est la médecine delà « volupté. » «... Ces deux moyens de toute guérison spiric( tueUe n'ont reçu que par l'institution du Christ l'efficace cité propre aux sacrements. )»
Cette première confession ne devait pas rester infructueuse. Cet aveu était une c( leçon donnée à tout le genre busiain (2\
(1) Uabbé Gerbet, Univenité cathoHqne^ tome J, page 338 et suivantes.
(2) Id., i6id., page 267.