DEUXIÈME PARTIE. — SIXIÈME SOIRÉE. âl
et le^ni« iiumaÎQ ne Toublte pas. d « Les cérémoinesdereKpiation étaient comme le langage par signes, la parole typique delà voonfessioo du€œur. » Et quelle race humaine n'a pas eu son sacrifice expiatoire ? Je ne tous rappellerai la fête desËipiaiions de rAncien Testament, que pour vous faire remarquer que le grand prêtre devait y confesser toutes les iniquités d%raêl, tontes ses o&nses et tous ses péchés. Le Tâifflud de Jérusalem rapporte la formule de prière et de confession dont on se servait en cette occasion.
Cette coniessioD collective, cette confession de tout le peuple, ii''e6t pas la seule imposée par Meuse ; des confessions personnelles étaient prescrites: le détail des sacrifices offerts par chaque coupable prouve celte obligation. Elle se «conserve même après la dispersion du peuple juif par toute la terre : les livres des rabbins le prouvent.
David ne confesse-t-il pas son crime? son péché n'est-il pas toujours contre lui? Les Psaumes sont autant remplis de ses aveux que des cris qu'il pousse vers le Seigneur pour obtenir son pardon.
L'aveu des fautes n'est donc pas, vous le voyez, une invention catholique: la confession date de loin.
Pour vous la bien faire comprendre, cette confession chrétienne, je vais vous redire un fragment d'un dialogue de Fénelonel de Platon qui se trouve dans l'excellent travail de M. Tabbé Gerbet, dont je me suis déjà servi.
FÉNEliON.
«^ Vos discours ressemblent à ces sentiers qui conduisent, «par des détours mystérieux, à un temple situé au milieu « d'une lorêt épaisse ; en suivant leur^ circuits, on croit quelle quelois ne pas avancer^ on craint de ne pas arriver au but. « Mais tout à coup l'auguste édifice apparaît, et Ton y entrci « lorsqu'on k croyait loin encore. Je vois sortir, des longs re- « plis de vos questions, une vérité grande et sainte» qtie Dieu « a mise dans votoe esprit, à Platon 1 et ce Dieu va noetlre sur ^ mes lèvres la réponse que vous cherchez. Sonvenez^irwis
<c que vous avez dit, dans votre Alcibiade^ que pour connai- « tre le culte de Dieu, il fallait attendre qu^un envoyé de Dieu tt le révélât aux hommes. Celui que vous attendiez est venu : a il a régénéré et rehaussé toutes choses. Les législateurs des <c peuples, en arrachant les hommes à la vie sauvage, ontétaa bli des tribunaux pour les corps, mais le Christ a chassé la tt vie sauvage de Tintérieurde Thomme : il a établi des tribua naux pour les âmei.
PLATON
« Daignez m'expliquer, mon ami, cette jurisprudence ditt vine. Dans toute cause criminelle il y a Texamen, Taccusatt tion, le jugement, la peine. Quel est ici Texaminateur ?
FÉNELON
i( Cest le coupable assisté du repentir et deTespérance.
PLATON
« Et Taccusateur ?
FÉNELON
tt C'est encore lui ; le même individu se divise en quelque « sorte en deux moi: l'un est accusé, l'autre accuse. Dans ce tt dédoublement mystérieux, sa volonté pure se dégage de la tt volonté corrompue qui l'enlaçait dans ses nœuds tortueux, tt et qui s'en détache et tombe comme un serpent qui expire.
PLATON
tt Et que font alors les juges ?
FÉNELON
tt Ceux à qui le Christ a donné le pouvoir de remettre Ks tt péchés, font le contraire de ce que font les juges humains, tt Dans les tribunaux ordinaires, le juge pousse à l'accusation tt et le coupable àre](cuse; dans le tribunal surnaturel des tt hommes, plus le coupable s'accuse, plus le juge cherche tt dans la charité toutes les excuses que la vérité permet ; tri tt s'il prononce une sentence, c'est toujours la sentence dt tt grâce; car la peine qui l'accompagne est miséricordieuse et tt guérissante : quelques privations pour les sens, des auniôtt nés et des prières.