DEUXIÈME PARTIE. — SIXIÈME SOIRËE
a puissante affiuités qui lient celte institutioa religieuse à la
« oature de rboiiune? Dans un de ces orages qui agitent de
« temps en teYnps l'esprit liumain, la tétea touruéà quelques
«société&chrétienDes; elles ont aboli la confession» sans sa-
« Toirce qu* elles faisaient, mais elles commencent à la regret-
«ter. Quant à ces hommes qui ne. savent que s en moquer
(( avec un infernal sourire, qui la haïssent en elle-même et
a pour elle-même, le sentiment des choses divines n'a jamais
(( été en eux, et le véritable instinct social n'y est plus; ils ne
a comprennent rien, pour me servir de votre expression, à la *
« civilisation des consciences : espèces, de sauvages moraux qui
« préfèrent que F homme erre et s enferme dans la solitude
« de son àme, à travers les tempêtes et les abîmes des pas-
((sk>iis,et qui bien souvent n'y apprennent eux-mêmes qu'à
a otarcher aveuglément vers la mort, dansp une ignorance in-
« finie de ses suites.
PLATON
et Je me rappelle d*aYoir vu autrefois comme un ejnblème
i( frappant des hommes dont vous parlez. Je me promenais
« sur les bords de la mer, dans un endroit écarté, non loin
«du cap Sunium, c'était au soleil couchant; une figure
(( d*homme était accroupie sur la pointe d'un rocher battu
<^ par les vagues, et ses vêtements souillés ; à sa physionomie
« égarée et 6xe» je me persuadai que c'était un de ces hom-
<< mes poursuivis intérieurement par les furies, et qui errent
(( loin des cités, parmi des ruines et des tombeaux. Quand il
tt m'aperçut, il se dressa sur le roc, et il parlait tout seul. Je
« De distinguais pas bien ce qu'il disait, mais je crus enten-
« dre qu'il maudissait le soleil, et les juges vengeurs des cri-
« mes, et l'espérance. Puis il se mit aussi à maudire la pierre
<< étroite et glissante qu'il avait prise pour dernier asile, et la
^^poussaïUdu pied, il se précipita dans la mer» sombre et
^ profonde comme la justice de Dieu.
FÉNBLON .
« Que j'aurais de choses à vous dire, Platon, sur les mystères d'orgueil qui conduisent de proche en proche certains
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tt hommes à ne Toir dans la mort qu un saut dans romhre!)>
— Quel beau langage que celui-là, mon vieil ami, et que je vous sais gré de cette citation !
Oui, la confession est une chose tout à fait à part, et je vous avoue que je comprends Thomme dont parle Platon, voué qu'il est aux furies, et sans aucun secours du genre de ceuK que nous donne notre divine croyance.
Que de fois, oh ! je vous Tavoue sans peine, plongée dans Tune de ces sombres tristesses que donnent le malheur, la souffrance morale, etbienplusencore lalrisle pensée quenotre âme est mal avec son .Créateur, que de fois, pauvre femme ignorante que je suis, je me suis jetée dans le coin obscur d'un confessionnal, et que de fois je suis sortie de là, inondée de larmes, mais Tesprit calme, le cœur dégagé 1 J'avais répandu mes misères devant le Seigneur, j'avais ouvert mon âme à un confident discret et compatissant, il m'avait rassurée, il m'avait adressé quelques bonnes paroles, de celles qui vont au fond du cœur ; que vous dirai-je? j'avais ouvert la porte à tous ces sentiments mauvais qui voulaient sortir.
Dire que la confession fut pour moi une chose sainte alors, ce serait aller bien loin, non, peut-être j'obéissais à un instinct de notre nature, peut-être je cédais à un souvenir ; quoi qu'il en soit, l'aveu de ma faute me soulageait, entrée dans cette église avec une amertume extrême de cœur, j'en sortais avec calme et espérance.
Il m'a toujours semblé que notre nature a un tel besoin d'épançhements que la confession ne trouvait d'obstacl^^ que dans notre profond orgueil; quoi de plus simple après lout que de commencer par immoler ce père du péché, ce mauvais conseiller?
— Vous ne vous étonnez pas qu'on ordonne un vomitif à l'homme que la bile tourmente, ni que l'on coupe les chairs rongées par la gangrène; pourquoi vous étonneriez vous qu'on administre à ce monde moral qu'on appelle l'homme, le remède humiliant de la confession qui lui fait vomir Torgueil ?. . . Vous êtes donc de l'avis de l'abbé Gerbet de qui sont