‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 11 sur 259 · PREIOËRE PARTIE. — PREMIÈRE SOIRÉE · texte numérisé non relu

PREIOËRE PARTIE. — PREMIÈRE SOIRÉE

qu'on lui avait inspirées contre moi, qu'elle voyait déjà depuis longtemps à quelles mains on avait confié son bonheur et soninexpérience.

Foaville est resté dévoué à la fille de son générai* Je ne dpute pas que ce ne soit de lui que Constance ait reçu le conseil de nous demander Thospitalité. Mais il n*a que du dévouement au service de sa protégée, le pauvre homme.iesuis informé par lui de tout ce qui arrive à Gpnstance, elle rignore, et gardez bien c§ secret Je m'étonne toutefois de D*aYoir pas eu de lettres m'annonçant qu'elle cédait à un avis de lui. Il est probablement malade.

— Mais quels chagrins éprouve-t-elle î

— Elle aime sa mère à la folie, elle en est abandonnée depuis son mariage. Elle n'est considérée par son mari que comme un sac à argent, que comme un moyen d'avancement. Diaprés Fouville, elle est malade et à peu près ruinée. Qui sait oequ'elle deviendra, avec sa tête vive et son âme ardente !

-^ Mais sa conduite ?

— FouTille la regarde comme la plus pure et la plus dé-, laissée des femmes. Sa réputation est bonne ; le monde dans lequel elle vit présente une véritable mosaïque. La société de son père, société à peu près perdue pour elle, était la nôtre ; celle de sa mère se composait de ce monde variable de la diplomatie de second ordre. Son mari Ta entraînée dans les salons dont la foihions,.. les lions et les lionnes bien lancés, les gens à gros jeu, à aventures, les femmes à places sont l'élémmt obligé ; quant à elle, je ne lui sais de connaissances propres que celles datant de son enfance.

— Comment a-t-elle été élevée ?

— ^Mal, à ce que je suppose, dans une pension à la mode^ Surtout, Lucie, ignorez tout ce que je viens de vous dire. Aidez-moi à consoler cette pauvre enfant, qui ne se doute par que jesoisaussi bien informé. Je la ferai causer. Elle a peur de VOQB, et cependant vous l'amènerez à vous facilement. 11 y a, J6 crois, une bonne œuvre à faire ici, une pauvre jeune femme à sauver. Dieu vous inspirera.

8 , CAUSEfOES DU SOIR.

Taii après tout, une sorte d'obligation à remplir Tis-à-Yis d'elle, je Fai tenue sur les fonts de baptême.

— Je Tignorais ; mais c'est alors un deYoir de conscience pour TOUS, mon ami.

— Oui sans doute* et je dois convenir que j'ai trop oublié mes devoirs de parrain. Elle m'a rappelé cette circonstance ce soir.

Lui sere2-vous en aide ?

— De tout cœur, et d'autant pUis qu'elle me plaît.

— Allons, si je n'ai pas fait tout ce que Saint-Yves pouvait attendre de moi, je tâcherai de réparer mes torts ;'Car au fait j'ai trop abandonné cette enfant depuis notre mariage et surtout depuis sa sortie de pension ; j'ai cédé à l'éloignement que m'inspirait sa mère. Courage, , Lucie ; priez Dieu pour elle et agissez avec prudence.

DEUXIEME SOIRÉE

— Je vous tiens enfin , mon vieil ami ; marchons vers ce petit banc qui domine la vallée. Cette journée m'a paru longue; j'attendais ce moment avec tant d'impatience, et cependant vous m'avez fait revoir de bien belles choses, elles m'ont rappelé des souvenirs éloignés, mais chc^rs à mon cœur. Que d'événements depuis mon séjour ici... ! Que j'étais enfant...! mon âme était calme, et à présent je doute de tout, je ne sais où reporter ma pensée.

— Quand le cœur est malade, ma chère Constance, il fout que l'esprit soit bien fort pour que tout le moral ne tombe pas dans un état déplorable. Je ne vois que trop que vous en êtes la, et je voudrais pour tout au monde pouvoir sinon vous guérir, du moins vous soulager. A ma connaissance, contre les peines du cœur il y a peu de remèdes humains, quand

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