‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 111 sur 259 · DEUXIÈME PARTIE. — SEPTIÈME SOIRÉE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — SEPTIÈME SOIRÉE

— Je serais bien étonné qu'il en fût absolument ainsi, ma chèreenfant; ot je vous assure que je vous crois peu, en ce moment. Vous avez eu bien souvent, en votre vie, plus d'amour de Dieu que vous ne le supposez. Au reste, cette contrition imparfaite, qui ne justifie pas seule, nous prépare à recevoir, dans le sacrement , la grâce de Dieu.

11 est donc vrai que nous pouvons arriver au repentir, et accomplir cette première partie du sacrement de pénitence; nous pouvons aussi désirer, promettre de ne plus retomber dans les mêmes fautes.

Nous sera-t-il difficile de déclarer ces fautes?

-Oui.

— Je répondrais non^ Constance; et avec autant de raison que vous, oui.

Quand vous serez bien persuadée que vous avez très-mai fait, quand vous détesterez complètement vos fautes, quand vous les détesterez, à cause de Tamour que vous avez pour Dieu ; quand vous vous direz que, déclarer ces fautes au ministre de Dieu qui est là son représentant, est Tacte le plus humiliant pour vous, le plus pénible que vous puissiez offrir à Dieu offensé, oh I je crois qu'alors il ne vous sera pas trè&difficile d'en veniràTaveu de ce que vous répudierez. Vous trouverez un certain bonheur à cet aveu; vous éprouverez une certaine joie à frapper votre propre orgueil ; car que pouvezvous pour Dieu? en vérité, rien de plus. Vous allez volontairement monter à votre Calvaire, et votre âme ne tressaillerait pas de joie à la pensée du sacrifice 1 Oh ! vous autres femmes, vous pour qui recevoir n'est rien, si vous ne rendez pas, si vous ne dépassez pas, en rendant, ce que vous avez reçu, vous, pour qui le sacrifice du moi est le fond de la nature, vous n'auriez pas cette force !... Vous vous trompez.

Puis, par cet aveu, lecœur se dilate, l'âme se décharge, et à qui esl-il fait cet aveu? Est-ce un homme qui est là? est-ce un honninequi vous entend? Si cet homme est simplement un homme ; s'il n'est pas, à vos yeux, le ministre, le remplaçant du Très-Haut, n'entrez pas, fuyez, oli ! je vous comprends !. .

Je ne vous redirai pas le miracle constant du silence du prêtre: fait positif, incontestable, tellement que des malheureux dont la yie a été un scandale non interrompu, qui ont nié Dieu et leur honneur, n'ont jamais révélé les confidences sacrées. Vous avez fait cette expérience comme moi : le doigt de Dieu a toujours été là.

Ce ministre, quel rôle va-t-il remplir ? Fénelon le disait hier à Platon.

Vous placerez- vous à ce tribunal, pour ne pas donner à votre accusation toute sa force, toute sa valeur? non. Ce ne serait pas la peine, en vérité, d'y paraître, pour y insulter le juge» et rendre notre cause plus mauvaise encore. La sincérité, la naïveté, sont les compagnes nécessaires de la douleur : le repentir ne permet pas le mensonge.

Je suis tout à fait de votre avis. Oui, ou dire tout, oui\N pas venir à ce tribimal des âmes; mais comment tout retrouver î

— Avec la volonté de tout découvrir, rien, rien ne reste caché.

— Vient ensuite, ami, la satisfaction.

— Oui, sans doute.

— Le prêtre vous inQige une pénitence? Pourquoi ?

— Par le péché mortel, Vhomme se sépare complètement de Dieu; il le renie, il brave sa colère, il se met, en un mol,Yiors sa loi. Que la mort le frappe, en cet état ; la séparation de Dieu et de l'homme est éternelle : ceci est simple, et tous le concevez facilement.

Par le sacrement de pénitence. Dieu remet la peine éternelle ; il rend à Tàme la grâce, sa vie. La porte du ciel s'ouvre de nouveau ; mais reste encore Texpiation possible i l'humanité, les peines temporelles : cette dette est constanle, elle doit être acquittée ; et la petite pénitence donnée par lo prêtre, ces qadques prières, ces quelques aumônes ne suffisent pas, sans doute, à un acqaittemait complet. De là, les pénitences volontaires ; de là, les peines de la vie supportées avcc résignation et offertes à Dieu; de là, toutes ces oorasîons do

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