‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 118 sur 259 · DEUXIÈME PARTIE.— HUITIÈME SOIRÉE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE.— HUITIÈME SOIRÉE

ûourritore est considérée comme un sacrifice : tes repas doivent être pris aTec dévotion (1). Les Egyptiens n'immolaient que des animaux servant à Talimentation (2) ; les Perses offrent le jus d'un certain arboste et un pain saeré (3) ; les Chinois offrent du vin; les Grecs et ks Romains offraient des gâteaux de pure farine et du miel : ils y joignirent des liba-» '1

lions; les Celtes, au commencement de chaque année, brûlaient une fraction du pain de l'offrande et versaient du vin sur l'autel (4) ; les Mexicains présentaient du pain à leur dieu.

L'Océanien etrAfri'cain ne détriûront pas ce grand ensemble de coutumes humaines. Partout l'homme offrira à son dieu un objet indispensable à la vie» et, vous avez pu l'observer déjà, une chose simple, élémentaire : aussi le pain et le vin soni-tts généralement admis comme oblation.

Voici un premier fait, et il a, certes, son importance, car il démontre, ce semble, par lui seul, le premier caractère de l'offrande.

Un autre caractère de ces sacrifices pacifiques , caractère absolu, c'eit que Phomme est appelé à participer à l'offrande; les chairs des animaux présentés aux idoles, sont mangées par les âssistantSyle vin est bu par eux, les gftteaux deviennent leur nourritui'ei ,

Qa'estrK^e que cet accord universel de coutumes, et de cou* tûmes singulMres^ sinon une constante pensée de l'humanité restant aîasi en une sorte de communication avec Dieu? Observ«Z9 obère Constance, que cette communication semble la graadft affaire de l'humanité ; la prière n*a pas cessé, l'&me s^élève toujours par ses propres élans vers son Créateur, le corps eet acfanisà paiâi^ger le festin sacré : c'est encore la Su-^ préme bonté qui nourrit l'œuvre de ses mains. L'homme donne» mm il -reçoit ensuite.

(1) Voir Hérodote. '

(2) L'abbé Gerbet, loe. eit, •

(3) Jd.

tu CAUSE311ES MJ SÙOi.

Si maintenant jùm reportez tos Ma^enirs Ters ces sacri* fioea sanglants, où le sang n^est plus un accident, mais une cause, oà Thomme immole pour immoler, ob il sabatilue nne Tietime à la place d'un coupable ; si tous vous reportez aux sacrifices expiatoires, tout aussi communs qne les antres, propres à peu près à toutes les peuplades du monde» ne ^oos 8emblera«t^il pasToirencette coutume universelle, et un souvenir, et une figure? le souvenir de la nécessité de l'expiation, la figure informe de la médiation. Dans la croyance nniv^selles, deux choses ont dû se confondre : l'idée de rédemption et ridée de culpabilité. La promesse avait suivi la condamnation.

Dès lors le sang coule, car par le sang seul la rédemption s'opérera. Le sang est détaché de la chair ; les animaux périssent sur les autels ; les hécatombes de béliers, de taureaux, parés pour la mort, tombent sous la hache du sacrificateur. Ce n'est pas tout , ce sang n'est pas assez précieux, et voilà que dans presque tout le monde, 1* homme aussi est immolé. N'allez pas croire que des hordes de Cannibales aient seules trempé leurs mains dans le sang de leurs frères. Non, peu de nations ici se séparent du'reste de l'humanité : les Jnift et les Péruviens; la Grèce si policée et si gracieuse dans son cuUe, la Grèce à laquelle la poésie n'a pas manqué, la Grèce si voluptueuse , donne du sang à ses dieux (1). « La guerre de Troie ne se déroule-i-elle pas entre deux sacrifices humains? (2) » Achille n'immola-t-il pas déjeunes TroyaM aux mânes de Patrocle (3) ? Thémistocle n'immola-Ml pas aussi, avant la bataille de Salamine, des prisonniersPerses à Baebns? Les Phocéens n'avaient-ils rendu Diane de Thauride terriUe aux voyageurs? Marseille n'avait^lle pas aussi sa sombre fo* rèt? n'engraissait-elle pas ses victimes ?

Rome n'enterra4*elle pas des Gaulms vivants avant de marchar contre ksSénonnais ? Et ces jeux si cruels du Cirque,

(1) Voir Omiam, lef Germains. •

(2) Homère, P/Kad«. • (a) Loeaio» la Phûnak,

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