‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 122 sur 259 · DEUXIÈME PARTIE.— HUITIÈME SOIRËE. 2M · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE.— HUITIÈME SOIRËE. 2M

Il serait bien long et bien pâiibte pour voos de suivre la diflciuuNoa à laquelle nous conduirait le développement de cette question : je vous demndçrai de ne pas l'entreprendre.

« On voiijapjparaitre, dès les {premiers temps, un spiritualisme colossal, immense, sorti <tes dogmes traditionnels : il se réflédût dans tout le système des plus anciennes conceptions da genre humain. Lesprîlualisme ^st Tétat primitif; il était vieux quand le matérialisme naquit (<! ) . d

— RegardeE le ciel comme il est beau !

Dans ce moment le soleil se plongeait dans les ondes : ses derniers rayons empourpraient et les nuages et la mer. Le spectacle qui se présentait aux regards était admirable, aussi ful-il contemplé en silence par les trois personnes assises à rextrémité du rocher. .

Lume et les enfants, chargés de petits coquillages, semblaient attendre à la limite de la falaise ; notre petit groupe se dirigea vers eux, non sans jeter souvent les yeux vers cette mer ri belle.

— Et il y aurait des athées? N'est-ce [ms, ami, il n'y a point de gens qui nient réellement Dieu?

— -Plas de cœurs corrompus que d'esprits faux.

Coneiance désirait visiter les dolmen et les menhir, mais Lucie réclama au nom des enfants fatigués ; on regagna les voitures et la Grange.

NEUVIÈME SOIRÉE

Sauf le temps qu'elle donnait à son instruction, Constance ne quittait plus Louise; la confection des vêtements des en-

(I ) L'abbé Gerbet, ConHd&ations sur le dogme générateur d$ la piété eaîholiguê.

»t CAUSERIES DU SOIR.

fantSi rornementation des autels, tous ces travaux tenaient captives ces deux amies. Louise racontait avec un bonheur Infini les impressions que lui^ avait causées le grand jour de la première communion, les souvenirs qu^il lui avait laissés. Madame de Monac écoutait en silence , et la petite Marthe, pour laquelle ce moment viendrait bientôt, était tout oreitte. Les enfants se succédaient : Tune essayait un bonnet. Vautre une jupe : la chambre de mademoiselle de Kerkoff était un véritable atelier. Les soirées mêmes n'étaient plus libres.

Quel tort je vous fais I dans quelle belle réflexion vous étiez plongé I quel problème alliez*vous résoudre? Me ferez-vous part, ami, de ces grandes pensées?

Ces paroles rappelèrent à lui-même M. de Kerkoff, se promenant dans la partie la plus boisée du parc, et se livrant à une méditation assez profonde pour n'avoir qu'à peine senti un bras passer sous le sien.

r— Très-volontiers, je vous assure, et je vous remercie surtout de m'avoir^ramené au monde réel d'une manière aussi agréable. Je ne ^ous attendais pas ici ce soir. Qu'avez-vous fait de Lucie et de Louise?

— Elles sont entrées à la chapelle; j'avais besoin de prendre Tair, et vous ayant vu de loin pénétrer sous ces grands sapins, je me suis promis de vous rejoindre à votre insu. Mais, voyons, à quoi pensiez- vous?

— A bien des choses, je me perdais dans les étoiles.

— Pas en les regardant, certes, car à peine aperçoit-on, sous ce dôme de verdure, un pâle rayon de leur lumière si brillante.

— Eh bien, donc, je me demandais comment un astronome pouvait être athée; puis, en contemplant tout à l'heure cette poussière de mondes qui peuplent le firmament, je me perdais dans la pensée de Tinfinie puissance de Dieu, je me fatiguais de cette immensité de témoignages de sa grandeur; je me répétais devant ce champ sans bornes, dans lequel il a semé ses œuvres comme le laboureur sème le grain sur ses guérets, que la seule chose que l'homme

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